Algérie : en finir avec la naïveté française !

L’appel ardent de l’écrivain Boualem Sansal.

Sur les relations tempétueuses entre la France et l’Algérie desquelles nous n’arrivons pas à nous extirper, un livre très important vient d’être publié chez Gallimard Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre. Émanant de l’écrivain algérien Boualem Sansal, qui en connaît un brin sur le sujet, lui qui a vécu dans son pays la période sanglante de « la décennie noire » des années 90.

Ce livre devrait être lu de près par tous nos hommes politiques et commentateurs qui portent attention à la crise franco- algérienne et aux menaces terroristes islamistes. Car c’est un véritable acte d’accusation devant l’impuissance et le pusillanisme dont font preuve les autorités françaises depuis de nombreuses années qui est proféré. Interrogé par Le Figaro, écoutons ce que dit Boualem Sansal.

Et d’abord sur notre soumission, pour reprendre le terme même du livre prémonitoire de Michel Houellebecq : « La France s’est mise dans un état de soumission invraisemblable, elle s’humilie piteusement alors que personne ne le lui demande et surtout pas de s’humilier de cette façon wokienne… »
À moins que ce ne soit pour des raisons électorales internes, ce que l’écrivain désigne lui même par : « La crainte de désespérer la banlieue et la peur de la guerre civile, du séparatisme et des représailles des gardiens de l’islam…»
À cet égard, les commémorations et différentes manifestations concernant le souvenir des attentats du 13 novembre 2015 laissent de marbre l’écrivain algérien. Loin de panser les blessures, elles auraient même tendance à les accentuer. Pour Sansal : « Les attentats du 13 novembre sont un acte de guerre d’une violence inouïe auquel la France a répondu par des larmes et des lamentations. Ce faisant, elle a humilié son peuple, sa police et son armée, et signé sa fin. »
Les mots sont forts, Boualem Sansal en est intimement convaincu : « Face au terrorisme islamiste, il faut frapper vite et fort, c’est cela que morts et vivants réclament. »

Un discours qui rejoint quelque peu celui actuel d’un certain Eric Zemmour, ce qui ne semble pas gêner l’écrivain maghrébin, bien au contraire. À l’écouter : « Eric Zemmour dit des choses d’une justesse parfaite… »
Voilà qui ne va pas faire plaisir à tout le monde et notamment au pouvoir algérien actuel qui, du reste, ne s’inquiète en rien de là de la décision récente d’Emmanuel Macron de réduire le nombre de visas : « Alger sait que Macron ne fera rien, qu’Il est intelligent mais peureux …» ( sic)

À lire et entendre cet écrivain talentueux, on a vraiment l’impression que les autorités françaises se sont mis avec l’ Algérie dans un bourbier dont on n’est pas prêt de sortir vu notre naïveté et à défaut notre mansuétude. Ce n’est certes pas nouveau, mais cela aurait tendance à s’amplifier. Et de conclure par ces phrases définitives : « Macron avait passé de la pommade à son vieil ami Bouteflika. Il le fait aussi avec son nouvel ami Tebboune. Les Algériens observent sans comprendre ce qui peut lier un charmant jeune homme propre sur lui avec la gérontocratie haineuse d’Alger … »
Tout est dit. Il est temps pour Paris de renouer avec une politique de fermeté. Cela tombe bien, c’est précisément ce que nos compatriotes attendent.

Henry Marin

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