Par Roland Monet (OIPF)

Tribune. Notre « roitelet » Emmanuel Macron, président trimestriel de l’Union européenne, est allé à Moscou, briguant un rôle majeur dans la crise ukrainienne, pour y recevoir en fait un coup de pied aux fesses. Il faut dire qu’il était improbable que Poutine, l’artiste du « Tsar Système », lui dévoile une partie de ses plans. En réalité, la partie se joue entre les Américains et les Russes et entre eux seuls. Les Européens, à qui on ne demande pas leur avis, ne peuvent que constater ce qui se décide pour eux comme à Yalta. Le candidat furtif se garde bien de le dire aux Français.

Les Américains ont joué à fond leur victoire dans la guerre des étoiles gagnée par un autre artiste, Reagan, sachant que quand on a enregistré une victoire, il faut poursuivre l’ennemi le plus loin possible et le détruire, si on peut. Les Alliés ne l’ont pas fait en 1918, et ont eu à s’en repentir. L’OTAN s’est donc élargie jusqu’aux frontières de la Russie dans les pays baltes.

Poutine mesure avec justesse le danger que représente l’OTAN pour la Russie. Il sait qu’à la moindre faiblesse de son pays, l’occasion serait saisie par les Américains pour prendre des positions avantageuses sur ses frontières.

Kiev a donné naissance à la vieille Russie. La principauté de Moscou n’a été créée qu’en 1276. La Ruthénie est en fait une sorte d’Alsace-Lorraine pour les Russes. Ce sont les Mongols, maîtres du pays, installés à Moscou, qui vont être à l’origine de l’essor de la capitale d’un empire dont l’apogée au détriment de tous ses voisins sera l’URSS.

Poutine a la main lourde. La Mer d’Azov est devenue une mare nostrum pour les Russes, qui y entravent commodément l’économie de la province ukrainienne riveraine. Il fait manœuvrer des troupes à son gré en Biélorussie ou au Kazakhstan. Son Etat, malgré des faiblesses profondes sur bien des plans, reste un empire militaire technologiquement en pointe. Les Américains ont bien raison de s’en méfier.

On comprend que les Allemands, qui se souviennent de leurs villes transformées en tas de gravats en 1945, n’osent pas imaginer ce qui se serait passé si leurs grandes cités avaient été voisines de centrales nucléaires pendant la Seconde guerre mondiale. Leur décision de cesser l’exploitation de centrales utilisant les procédés actuels de fission n’est pas déraisonnable.

La force des choses les met à la merci de la Russie pour leurs besoins en énergie. Ceci jusqu’à ce que l’énergie de la fusion nucléaire prenne le relais du gaz naturel. Dans une douzaine d’années probablement. D’ici là, il vaut mieux ne pas provoquer l’ours russe. Une désescalade diplomatique devient urgente.

Roland Monet (Observatoire International des Patrimoines Familiaux)

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