La désindustrialisation de la France au cours de ces 20 dernières années est la racine même des malheurs de la France (Loïk Le Floch-Prigent)

Combien l’ex conseiller  au ministère de l’industrie et Chef d’entreprise, a raison : l’industrie, en France, qui représentait 24% du PIB, grâce à l’action menée sous le Général de Gaulle, par son ministre Jean-Marcel Jeanneney, puis  ensuite sous Pompidou par Jean CharbonneL, ministre de l’industrie et Gabriel Kaspereit, chargé de la petite entreprise et pour la première fois  l’artisanat  et enfin Jean-Pierre Chevènement qui défendit l’idée d’une modernisation de nos filières électronucléaires avec des réacteurs à faible production de déchets par exemple,  ne représente plus aujourd’hui et péniblement, que 10,1% du PIB

L’héritage laissé par ces grands ministres de l’industrie, dont le premier a su rétablir les comptes défaillants, laissés par la IVè, le second, qui fit de l’industrie le fleuron de notre politique économique,  G. Kaspereit, qui m’a souvent dit être fier d’avoir pu faire accéder l’artisanat aux  plus hautes marches du podium et pour JP Chevènement qui évoqua, ce que Henri Guaino fit ensuite : la TVA sociale qui permettait, en respectant le libre marché, de protéger NOS prix, tout en finançant la protection sociale, dont une partie devait être   prise en chargé par les importations, cet héritage a été dilapidé, éparpillé, cédé à l’encan.

Dés les années 80, le ciel est sorti du bleu pour virer au  gris, l’industrie française n’a cessé de fondre. Il fallait favoriser le service, le col blanc et mort au vaincu , c’est à dire au col bleu. Les mains dans le cambouis, tout juste bon pour les PVD, selon Madame Thatcher

Très peu ont pris conscience des conséquences que nous devons inscrire pour les mesurer  ; PIB 2019 = 2 420 milliards, industrie  à 24% nous aurions du inscrire une valeur ajoutée de  580 milliards. A la place nous inscrivons seulement 244 milliards. Résultats :  Nous perdons  chaque année 336 milliards de VA, avec une perte de  prés de 1500 milliards de chiffre d’affaires. Ajoutons à ce passif :  3 millions de travailleurs en moins dans l’industrie,  un nombre incalculable d’entreprises tombées en faillite ou délocalisées, des milliards de recettes fiscales disparues, des milliards de recettes sociales perdues, un savoir faire abandonné.

Qu’a fait  le pouvoir politique ? Après 1974, il a introduit la libéralisation de tout, ce qui n’était pas dans nos gènes, la libéralisation des capitaux par ex privilégie la spéculation dont le résultat sera l’appropriation par des étrangers du capital de nos entreprises

A partir de 81,  Il a simplement constaté , installé ses amis à la tête des entreprises et laissé faire . Ensuite lors d’une cohabitation le pouvoir politique a effacé le Plan et   supprimé le ministère de l’industrie -(Lionel Jospin) pour le fondre dans celui de l’économie et des finances, comme si lorsque l’on a représenté 24% du PIB on avait le droit d’épouser la spéculation et d’abandonner l’investissement : passé de 35 à 13% du CA réalisé

Qu’à fait l’actionnaire ? Chez nous, il a été remplacé par des fonds étrangers qui possèdent désormais la majorité du capital social de nos sociétés cotées. Nous sommes passés du mode investissement productif au mode spéculatif, avec une destination recommandée pour les bénéfices, les Paradis fiscaux, pas toujours situés sur des îles exotiques

Devons nous continuer à pleurer pour une Pavane industrielle défunte, où agir pour le bien de la  France en recomposant son industrie , domaine obligatoire pour retrouver notre rang et seule solution pour nous préserver des ingérences économiques et financières de l’étranger ?

Bien évidemment, qu’il est vital  pour la France de retrouver sa place,  dans le concert des nations et nous ce faire nous devons savoir, que le pouvoir ne se conquiert plus à la pointe de l’épée, mais par l ‘économie, donc la production facteur de richesses et donc avec l’industrie.

Cela passe obligatoirement par la remise  en place D’UN GRAND MINISTERE DE L’INDUSTRIE. Depuis le milieu des  années 70, nos dirigeants n’ont pas pris conscience que l’industrie devait rester prioritaire. Il est pourtant urgent de voir notre industrie cesser de reculer sur le marché mondial , c’est le sang  de la France qui se répand, chez les autres, à hauteur de prés de 100 milliards l’an.

Ce ministère devra  d’abord réorienter l’épargne, très abondante des Français  car l’industrie a besoin d’investissements ; Or, sans une séparation avec le ministère des finances rien ne sera jamais possible. Qui en effet, peut penser que BERCY va se priver du financement de ses déficits pour alimenter l’industrie ? Personne – Aucun arbitrage envisageable entre le ministre des finances et celui de l’industrie puisque c’est le même.

L’urgence de Bercy ; boucher les trous, l’urgence d’un ministère de l’industrie : développer le chiffre d’affaires des entreprises industrielles françaises. Nous avons besoin des deux, mais cette union est contraire aux intérêts du Pays.

Donc convaincre les Français que leur épargne est nécessaire pour l’avenir de la France, pour le leur , pour  celui de leurs enfants.

Nous avons déjà traversé une telle période , fin de la 4è, mais la confiance revenue, les Français ont  financé une partie de l’industrie française, par que le politique avait eu la sagesse de bien vouloir que les obligations émises soient garanties par l’Etat, comme s’il s’agissait d’un emprunt national.

C’est vrai que les Français  passent leur temps à crier contre l’Etat, sauf que,  au fond d’eux mêmes, ils n’ont confiance qu’en l’Etat – l’Etat c’est nous, nos ancêtres applaudissaient à la mort de leur Roi, pour crier aussitôt Vive le Roi en découvrant le nouveau, aussitôt couvert de louanges, avant de lui crier dessus . Nous sommes comme cela, en France, il faut faire avec

Juste un avis : Le ministère devra financer les secteurs porteurs et arrêter le sauvetage des canards boiteux dont on reporte seulement la date du décès

Pourrions nous  envisager aussi de faire de nos Chefs d’entreprises des représentants de la production de leurs entreprises et non simplement des gestionnaires ? Savoir vendre, cela s’apprend, pas trop en France car si nous possédons de bonnes écoles de commerce, les écoles de vente ont disparu du circuit – Connaître les besoins, prévoir les désirs,  voir les susciter, cela est un métier  qui doit s’apprendre.

Grand ministère de l’industrie,  avec à sa tête, un poids lourd car il existe chez nous une maladie qui frappe nos politiques :  vouloir  briser l’action de leurs prédécesseurs.

Un exemple : Le ministre Montebourg avait concocté  34 plans , suite à une analyse sérieuse des marchés en croissance et de  la place que la France pouvait y occuper- Seulement voilà Montebourg « est démissionné, » remplacé par  un jeune loup aux dents longues, qui défait le tricot pour le remplacer par 9 solutions qui dessinaient l’usine du futur, projet lancé à grands renforts de trompettes, qui se voulurent de Sa renommée mais qui finirent  celles de l’apocalypse

Les 34 plans penchaient  trop vers une politique de l’offre ? Possible,  il suffisait alors de l’accompagner d’une politique de la demande. Un mélange subtil des deux aurait pu être la  bonne politique, comme  c’est celle qui fût instaurée en 1958 et 1959 et poursuivie jusqu’en 73.

Ce n’est pas qu’un camp, clan ou parti gagne qui est important, mais l’avenir de la France

Avec la chute de notre industrie, notre balance des paiements reste très  déficitaire. Or un pays demeure, aux yeux des autres Etats, compétitif que s’il dégage un excédent de cette balance. Mais comment pouvons nous envisager cet excédent si notre industrie continue à glisser vers son naufrage

Raison de ce plaidoyer pour un vrai ministère de l’industrie, empêcher que le faire part de la disparition totale de notre industrie voit le jour

Bien sûr  pour éviter que l’effondrement soit trop rapide, nos politiques ont privilégié :

a) les investissements directs étrangers (IDE)

b) les délocalisations avec à la clé,  l’investissement français qui se réalise à l’étranger

c) ce qui prêterait à sourire si ce n’était pas si grave, la délocalisation des sièges sociaux de nos entreprises à l’étranger, comme si le pouvoir comprenait qu’en France, l’entreprise était trop imposée

UN GRAND MINISTERE DE L’INDUSTRIE, entièrement séparé de Bercy, mais aussi du Quai d’Orsay qui s’est emparé du commerce extérieur , transformant notre ministre des affaires étrangères en VRP, sans savoir la partie des deux qui doit  être privilégiée.

Le système productif mute, c’est vrai, le ministère de l’industrie devra accompagner cette mutation et en profiter pour simplifier le domaine administratif.

C’est le secteur de la connaissance qui doit tenir le haut du pavé,  alors coup de pousse à la R et D mais la vraie, : j’aime bien les chercheurs, mais surtout ceux qui trouvent (Gal de Gaulle)

Bien sûr qu’il faudra prendre en compte les considérations écologiques, mais pas plus qu’il ne faut

Un autre domaine dans lequel nous présentons des lacunes : LA SECURITE JURIDIQUE INDUSTRIELLE que nous devons appliquer pour survivre et  échapper à l’extraterritorialité américaine.  (L’affaire Alstom devrait servir d’exemple)  j’ai interrogé F. Pierucci la semaine dernière à la radio, nous devons nous battre pour récupérer ce fleuron livré à la concurrence)

Notre ministère devra redéfinir  le rôle de l’Etat actionnaire, car il se comporte trop souvent comme un fonds de pension  vautour en demandant toujours plus

Il faut revoir le coût du travail, la TVA sociale est un facteur de baisse des coût

Il faut revoir le coût du capital : passé de 5 à 25% en quelques décennies)

Il faut revoir le taux de productivité qui a lui aussi considérablement baissé

Il faut apprendre à nos industriels à se servir du renseignement commercial qui doit faire chuter le montant des risque d’impayés (25% de nos entreprises chutent à cause des impayés)

Il faudra relocaliser ce qui n’aurait jamais du quitter le territoire national

– matériel médical fabriqué en Chine et impossible à obtenir

– médicament fabriqué en Inde et  impossible à obtenir en temps de crise. Mais non seulement : nos fusils, nos cartouches, nos grenades fabriqués TOTALEMENT à l’extérieur. En cas de conflit nous pourrions nous retrouver sans munitions pour nous défendre – INIMAGINABLE

Nous ne pouvons que le constater, pour revenir à cette place que la France n’aurait jamais du abandonner, nous devons rétablir  un grand ministère de l’industrie. Il devra opérer  une profonde mutation au sein de l’entreprise, elle même, ou l’association du Capital et du Travail doit entrer dans les faits et pas seulement la partie intéressement, mais celle du partage de la décision, ce qui s’appelle désormais LA PARTICIPATION

Faute de ne pas s’ouvrir vers ce destin, nous perdrons le reste de nos activités.

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