La censure du président Trump par Facebook et Twitter pose question ! L‘enjeu est de savoir qui est responsable du contenu et des opinions véhicules sur le net.

On aime ou on n‘aime pas Donald Trump, surtout après ce qui s’est passé au Capitole ! Mais qui peut trouver normal que Facebook, Twitter, Snapchat, et Instagram décident unilatéralement, comme un seul homme, de lui couper l’accès à son compte ?

Comme Il est président des États Unis, tout le monde est au courant, mais le raisonnement serait le même s’il était simple agriculteur au Texas. Ne nous y trompons pas, le bloquage de son compte est une première à un tel niveau et constitue une formidable restriction voire atteinte à la liberté individuelle de chacun compte tenu du poids que prennent dorénavant ces réseaux sociaux dans nos vies !

Vous me direz qu’avec ce qu’on subit avec le confinement, on n’est plus à cela près !
Certes, aux États-Unis, le moment était crucial, les émeutiers n’étaient-ils pas en train d‘envahir le Capitole et de tenter de remettre en cause le résultat des élections. .

Une telle entrave à la démocratie pour grave, remet en cause le principe de la neutralité des réseaux sociaux qui a bel et bien volé en éclats, et à la face de tous . Ceux-ci devenus omnipotents s’arrogent le droit de choisir et de diffuser ou pas telle ou telle opinion en fonction de ce qu‘ils jugent bon ou pas ! A l’instar des autres médias, presse écrite en particulier, sauf que cette dernière reste redevable et responsable de tout ce qu’elle publie , contrairement aux GAFAS.  

Un vide juridique qu’il va bien falloir chercher à combler, et qui plus est au niveau mondial puisque la toile touche la planète entière.

La liberté d’expression ne peut se concevoir sans la contrepartie de la responsabilité de l‘auteur ou de l’émetteur.  La question de l‘anonymat sur internet, déjà soulevée dans le magazine Entreprendre il y a 4 ans, se repose cruellement  . C’est un sujet complémentaire à celui de la censure. On ne peut indéfiniment louer et vanter la liberté sans l’encadrer un tant soi peu !

Même si certains dans la profession journalistique, à commencer par notre ami André Bercoff, talentueux polémiste à Sud Radio, estiment que la suppression de l’anonymat du web amoindrirait considérablement la capacité d‘action des lanceurs d‘alerte : « Robert, toi tu n‘as pas de problème, en tant que patron de presse, tu t‘exprimes comme tu l‘entends, mais si tu es salarié d‘une administration ou d‘une grande banque, c‘est différent…tu peux avoir des problèmes ! »

Avouons-le, l‘argument me laisse sceptique. Car rien ne justifie l‘anonymat dès lors qu‘il couvre  une accusation surtout si elle est grave. Avant de dénoncer nommément, on  doit pouvoir assumer ce qu‘on avance. En revanche, il s‘ agit de malveillance, il est normal que, dans ce cas, l’on puisse se retourner contre celui qui cherche a déstabiliser ou à nuire. C’est le principe de
responsabilité.

Afin d‘ éviter qu‘Internet ne devienne qu’un torrent de boue, il faut vite reposer la question de la liberté des réseaux sociaux qui vont devoir choisir entre continuer à tout diffuser sans distinction ou clairement devoir sélectionner ou alors tout accepter mais en totale transparence des sources et auteurs. Mais ils ne peuvent pas rester dans l’entre deux ! Chaque internaute a le droit de le savoir à quelle sauce il peut être censuré.

De ce point de vue, l’Europe et la France ne peuvent que se mordre les doigts de ne pas avoir su constituer à temps leur propre réseau social ( Qwant ?) qui serait à même de garantir de tels principes.De fait, nous nous sommes mis dans les mains du bon vouloir des GAFAS. Ce que n‘a pas fait la Chine.

Que se passera t‘il le jour où Twitter décidera de censurer un propos du président Macron par exemple ?
Aux dernières nouvelles, le journaliste Jean-Claude Bourret,ex- présentateur du 20 heures , lassé de se faire censurer à l’emporte-pièce, vient d’annoncer avoir fermé son compte Facebook au profit d‘un réseau social russe, VK ! Le monde renversé, c‘est la Russie qu‘on va désormais chercher pour défendre la liberté d’expression ! Est-cela que nous voulons ? Et après tout, pourquoi pas… Voyez comme le monde change !

Robert Lafont

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