Lancé en juin 2016 à Paris, après une phase de tests à grande échelle, Cityscoot espère imposer son concept de scooters en libre-service en France puis en Europe.

Après Vélib’, mis en place par la Ville de Paris en 2007 et gérés par le groupe JC Decaux, et Autolib’, exploitées par Vincent Bolloré depuis 2011, les parisiens ont découvert en juin dernier les scooters en libre-service de Cityscoot.

Basé sur un concept de service de location de scooters électriques en libre accès, la jeune pousse, installée dans le XVIIème arrondissement de la capitale, accélère pour passer à la vitesse supérieure.

Scooters en libre accès

Diplômé de l’université de Northeastern à Boston, Bertrand Fleurose, 51 ans, fait carrière dans les marchés financiers pendant plus de 15 ans, notamment en Grande-Bretagne où il se sensibilise à la culture du service.

De retour à Paris en 2001, il fonde successivement deux entreprises de réparation et location de deux-roues motorisés : Scoot Up en 2006 et Scoot Up loc en 2011.

«L’évolution des mentalités à la faveur de l’usage plutôt que de la propriété, la nécessité de développer des moyens de transport flexibles et respectueux de l’environnement, les effets bénéfiques escomptés de l’intermodalité et l’indispensable fluidification de la circulation dans les centres urbains» amènent le baby-boomer à imaginer les bases d’un dispositif de partage de scooters électriques en libre-service.

Développé depuis 2014, le projet passe par plusieurs phases de prototypage, durant lesquels le concept et le parcours client évoluent.

«Le concept prévoyait initialement que les scooters soient attachés à des bornes installées dans des parkings publics, un partenariat avec un grand exploitant de parkings souterrains a d’ailleurs été conclu. Mais il a évolué finalement vers le  »free floating » qui permet de faire un trajet d’un point A à un point B au sein d’une zone géographique délimitée, sans jamais passer par une borne».

Après 7 mois d’expérimentation en conditions réelles – 50 scooters et 1.400 utilisateurs – et un investissement de 1 M€, Cityscoot, soutenue par BPIFrance et la Région Île-de-France, valide le modèle et lance officiellement le service en juin dernier avec 150 scooters au cœur de la capitale répartis dans une zone de 33 km2.

Devenir leader

Soutenu par la Ville de Paris, le système de réservation développé par la start-up est totalement innovant et entièrement connecté : ni clé, ni carte magnétique, ni borne de réservation ou de recharge…

Grâce à l’application Cityscoot installée sur leur smartphone (Android et iPhone), les utilisateurs géolocalisent un scooter disponible, visualisent son autonomie et le réservent gratuitement pendant 10 minutes, le temps de se rendre sur les lieux. Le modèle économique s’appuie non pas sur une formule d’abonnement, comme pour Autolib’ et Velib’, mais sur la facturation des minutes de locations.

«L’inscription au service est gratuite. Seul l’usage est payant. Nous proposons une offre de base CityMoover avec un tarif dès l’inscription à 0,28 € par minute, puis un pack CityRider100 avec 100 minutes pré-payées pour 25 € soit 0,25 € par minute, et le CityRider500 qui comprend 500 minutes pré-payées pour 100 € soit 0,20 € par minute de location».

Dotés de deux packs de batteries amovibles, les scooters électriques fabriqués en Pologne par l’entreprise allemande Govecs disposent d’une autonomie de 80 kilomètres. D’une puissance équivalente à un 50 cm3 thermique, leur vitesse est limitée à 45 kilomètres/heure.

Soucieux de la sécurité des usagers mais aussi désireux d’attirer les néophytes, Cityscoot propose aux utilisateurs sans expérience de participer gratuitement à des initiations de prise en main dispensées par des professionnels de la conduite en moto-école. Pour bénéficier du service, il suffit d’être majeur, d’avoir un permis de conduire et de transmettre les documents demandés.

Visant un déploiement rapide, la jeune entreprise parisienne a fait appel à des investisseurs. «Nous avons réalisé une levée de fonds de 15 M€ auprès de Family Offices, du fonds 123Venture et de la Caisse des Dépôts, qui détient désormais 10,2% du capital. Mené par la banque d’affaires Avolta Partners, ce tour de table vise avant tout à soutenir la stratégie de conquête de Bertrand Fleurose.

«Après le déploiement de 3.000 scooters dans Paris à l’horizon 2020, dont 1.000 scooters dans les six prochains mois, nous comptons nous étendre à d’autres villes en France et à l’international», précise celui qui souhaite faire de sa pépite le leader mondial de la mobilité électrique, en essaimant, comme le fait Autolib’, son service en province et dans les grandes agglomérations internationales.

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