Le logement, grand absent de l’élection présidentielle

Par Michel Platero, président de la FNAIM du Grand Paris

Tribune. Le logement est une nécessité vitale, une condition sine qua non à la dignité humaine. Il constitue également la première dépense des ménages et représente une charge d’autant plus importante que les prix du logement ont largement augmenté depuis 15 ans. Et depuis l’apparition de la pandémie et la démocratisation du télétravail, le rôle du logement a évolué. Il est devenu autant un lieu de vie, qu’un lieu de travail et il est, plus que jamais, source d’inégalités.

Mais le logement est aussi un levier économique particulièrement puissant. Selon la Banque de France, entre novembre 2020 et octobre 2021, le volume des crédits, à majorité immobiliers, a augmenté de 16,7 %, pour atteindre 225,2 milliards d’euros. Et, selon le ministère de la Transition Écologique, en 2020, l’ensemble des dépenses des agents économiques (ménages, personnes morales, État) pour le logement s’élève à 504 milliards d’euros, soit 21,9 % du PIB français.

Pour toutes ces raisons, le logement devrait être une priorité de cette campagne électorale. A l’inverse il est le grand absent, celui dont on ne prononce pas le nom… C’est à l’Etat que revient la responsabilité de définir les grands équilibres sociaux et territoriaux et d’assurer l’effectivité du droit au logement.

L’écosystème qui entoure l’habitat devrait être repensé en profondeur pour mieux répondre aux besoins des français et solutionner toutes les difficultés non résolues. Il devrait également être clarifié pour mieux contrôler le développement anarchique des plateformes digitales déréglementées ne répondant à aucune exigence légale, à l’inverse des professionnels de l’immobilier.

D’inombrables problématiques, si elles ont fait l’objet de réformes et de mesures, n’ont jamais pu être véritablement traitées. Il est désormais urgent d’agir contre la pénurie de logements sociaux et intermédiaires, qui ne cesse de grandir depuis 15 ans, malgré les efforts intenses de construction.

Il est impératif d’améliorer la gestion des 3 millions de logements vacants qui existent sur le territoire et d’inciter les propriétaires plutôt que de les punir. Il est nécessaire d’agir pour contenir la hausse des dépenses liées à l’habitat qui représentent désormais près de 25% du budget global des ménages.

La rénovation thermique des bâtiments et des logements est une priorité, et des mesures d’ampleur ont été prises, mais il est impérieux d’établir une cohérence entre les objectifs et les moyens alloués. Les contraintes se multiplient pour les professionnels de l’immobilier, alors qu’ils pourraient être des facilitateurs dans la mise en œuvre, sur le terrain, des politiques publiques liées à l’accès au logement, à la lutte contre les marchands de sommeil ou au relogement des sans-abris.

La FNAIM du Grand Paris, dans le cadre de l’élection présidentielle, a construit un inventaire des grandes décisions à prendre en matière de logement, disponible sur le site internet de la chambre, afin de transformer et moderniser l’écosystème. Car si le logement est une cause nationale, la région Ile-de-France fait sans doute face aux challenges les plus variés. Le territoire francilien, doit, en effet, répondre à des défis structurants et urgents, comme la hausse des prix, la transition écologique, la salubrité des logements individuels et des immeubles, le relogement des sans-abris ou encore l’arrivée des Jeux Olympiques en 2024. S’il ne s’agit pas d’une élection francilienne, ce territoire est le miroir des difficultés rencontrées par la majorité des français, y compris l’isolement ou le sentiment d’abandon.

Dans cette période démocratique intense, et tellement essentielle, nous appellons l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle, à se saisir de ces sujets. Le logement est la priorité des français au quotidien, faites en la priorité de vos programmes et de vos discours.

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