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Le dollar et nous

Une fois encore, de nouveaux papiers, nouvelle forme de bouteille à la mer, envahissent le rivage. Ils annoncent tous la fin proche du dollar, une guerre entre différentes monnaies, entre certains empires.

U.S. dollar banknotes are displayed in this illustration taken, February 14, 2022. REUTERS/Dado Ruvic/Illustration

Par Henri Fouquereau, fondateur du Mouvement démocrate français (MDF).

Bien évidemment que le fait qu’une monnaie nationale, gérée à des fins nationales par des autorités nationales, serve d’étalon monétaire international est anormal et dangereux pour l’équilibre du monde. Bien évidemment qu’il fallait en 1944, à Bretton-woods trouver une solution entre Etats alliés. Nos représentants le savaient, l’après-guerre serait terrible, les besoins incalculables, les accords signés (Pierre Mendés France pour la France Libre J. Keynes pour le Royaume-Uni) étaient nécessaires, la seule monnaie qui avait échappé aux griffes des nazis, devait servir de guide quelques années. Sauf que, le 15 août 1971, lorsque le Président Nixon met fin à la convertibilité (et non une quelconque indexation comme on le lit trop souvent, rien à voir) du dollar (décidé à Bretton-woods 1 dollar sera échangé contre une once d’or).

Rappelons que Nixon commet un coup d’État monétaire mondial en ne prévenant personne. Nos dirigeants d’alors n’ont pas compris qu’il aurait alors fallu installer un système monétaire international, avec d’un côté les monnaies nationales, de l’autre une unité servant uniquement aux échanges entre États. Pourtant, des études et travaux avaient été effectués, Keynes avec son bancor, Pierre Mendés France avec un étalon basé sur le prix de produits consommables.

Le dollar étalon monétaire (qu’il n’a jamais été) renouvelait avec la politique de l’empire, celle que la France, négociatrice et signataire des Traités de Westphalie, avait combattue. Nous avions avec Richelieu et Mazarin, érigé l’État-nation comme socle du droit international, mettant ainsi fin au droit du plus fort, que cela soit pour le territoire, la religion ou même la monnaie. Nous privilégions la souveraineté intérieure, son autorité exclusive sur un territoire, et ces Traités imposaient qu’aucun État ne pouvait s’immiscer dans les affaires d’un autre État. Raison pour laquelle, la France ne pouvait accepter la domination du dollar, la disparition du Franc, et l’acceptation d’une monnaie gérée à Francfort sur le Main (Allemagne). Pour certaines raisons typiquement françaises, nous ajoutons aux articles des Traités de Westphalie, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit en lettre d’or dans tous les manuels du monde, grâce au Général de Gaulle.

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La réalité : Pour ce qui concerne le dollar, le système de Bretton Woods ne pouvait durer que si les pays tiers accumulaient vitam aeternam des créances-dollars, ce qui faisait et fait encore des États-Unis les débiteurs de leurs emprunteurs. Etonnant, pourvu que ça dure aurait dit Madame Mère, mais le système qui va obligatoirement exploser. La transformation du système de change fixe par celui de change flottant a fait le reste – USA premiers, grâce à leur dollar, MAIS les marchés financiers ont pris le pouvoir du monde.

Devant ces annonces qu’en est-il du dollar? Pour l’instant tout va bien pour lui : cours, 1 dollar = 0,91 euro et donc 1 euro = 1 dollar 08. Le dollar vaut plus qu’un euro, oui, mais : quelle est sa force dans le monde?

On estime qu’il y a dans le monde 90 trillions de dollars (2013) 1 trillion = 1 000 milliards. Le nombre de zéro devient impressionnant, ridicule et suicidaire pour le monde. Rappelons qu’en dehors de son État (PIB USA) = 20 000 milliards, l’Amérique finance 50% des échanges mondiaux (25 000 milliards de dollars) = Rappelons aussi que le PIB mondial tourne gentiment autour des 100 000 milliards – alors à quoi servent tous les dollars supplémentaires? À SPECULER, uniquement à spéculer.

J’ai toujours pensé que le mal profond dont souffrait le monde, provenait du manque d’un Système monétaire international qui doit être indépendant des empires, qu’ils soient territoriaux, religieux ou monétaires. Les USA représentent un faux empire totalement dépassé par l’empire monétaire, celui du marché financier, même s’il est représenté par le dollar. Réserves de change : USA 62,7% – Euro 20,2%, ensuite rien – Yen 4,9 – Livre sterling 4,5 – Yuan 1,2 seulement, réserves chinoises détenues en majorité par l’Allemagne – (pour info Franc Suisse = 0,2) aucune monnaie ne peut actuellement remplacer le dollar, mais chaque détenteur d’une monnaie significative pense y arriver, ce qui génère des tensions inutiles. La preuve : pourquoi une telle hégémonie pour le dollar? RÉPONSE CLAIRE : Parce qu’il n’y a rien d’autre pour le remplacer – Euro 20%, sauf que, PIB US a pris 85% de plus que le PIB de l’UE en 15 ans – 25 000 milliards contre 15 000. Le yen s’enfonce et le Yuan (à moitié convertible) voit la Chine traverser une crise terrible. Son immobilier s’effondre et ses banques suivent le mouvement – Dollar contre Euro, la monnaie américaine a gagné 16% sur la monnaie européenne en 1 an, ce qui est normal, l’euro est encore surévalué par rapport au dollar – Dollar/Livre sterling, dollar + 20% dans la même année – Les US très endettés s’enrichissent, 1) parce que leur économie repart 2) parce que les autres, ceux qui ne cessent de cracher dessus, continuent à acheter du dollar – Autre preuve, lorsque le Trésor américain émet des bons du trésor, ils sont aussitôt achetés. Mieux encore : les deux bourses des États-Unis, en stagnation premier semestre 2023, font des bonds aujourd’hui, uniquement parce que le bruit court que la FED va commencer à baisser ses taux directeurs entre avril et juin – TOUT L’ARGENT DU MONDE SE RETROUVE AUX USA (je ne suis pas un agent de la CIA, je combats leur extraterritorialité, leur dollar etc. etc., tout en sachant qu’en 1944, heureusement qu’ils étaient là). La FED a su protéger les intérêts des USA et des Américains – hausse des taux directeurs et des ventes d’actions se sont faites pour des achats de bons du Trésor 2) annonce de la baisse des taux, les bons du trésor existent, donc le trésor se moque de qui les détient, et la bourse américaine (les) vont remonter.

Que va-t-il se passer en Amérique? L’argent est abondant, les entreprises en profitent, elles vont investir, acheter l’ingénieur étranger dont elles ont besoin et dont elles ne financent pas la formation, elles vont pouvoir ainsi baisser leurs coûts de production et devenir à nouveau concurrentielles. Les États-Unis retrouvent leur capacité à innover, pas la Chine, plus l’Union européenne – Les USA vont à nouveau écraser le monde, avec leurs productions, en maintenant le dollar 1ère monnaie mondiale. Voilà le poste à rétablir : ramener les monnaies nationales au plus haut niveau, celui de décideur et non de valet.

Lorsque l’on examine les chiffres, les entreprises américaines qui voient leurs prix de production diminuer, voient dans le même temps les marges progresser – Sacrée affaire pour le pays, surtout qu’à l’inverse des Français, les Américains dévorent leur épargne en cas de crise, ce qui fait fonctionner la machine. Chez nous, lors de chaque crise, c’est l’épargne qui augmente. Le Premier pays qui va voir son inflation se réduire doucement : les USA, La Politique économique et financière menée par Joe Biden, est une des meilleures sur le marché actuel. ET puis il y a la rente à venir – les Américains qui fabriquent le billet vert à la demande, ne se gênent pas, ils fabriquent le papier et le prêtent à des taux qui permettent d’envisager quelques non-paiements, surtout que la FED et le Trésor auront le temps pour renégocier les dettes.

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Mais pour la France, Quel est l’effet dollar ? Bof, la majeure partie de nos échanges se faisant dans la zone euro, peu d’effet dollar, qu’on vende, qu’on achète, ah si juste un problème le Volume de nos ventes nous achetons pour 100 milliards de plus que ce que nous vendons – VERT DE RAGE LE DOLLAR? NON, nous qui ne pouvons même plus influer sur le cours de NOTRE monnaie, nous devrions en nous regardant dans une glace ne plus penser aux prochaines présidentielles mais à la FAUTE commise à ASSASSINER le Franc et à abaisser la grandeur de la France.

Henri Fouquereau


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