Emmanuel Macron et Marine Le Pen avant leur débat de 2017 (Photo Pool/ABACAPRESS.COM)

Macron creuse l’écart au deuxième tour…

Le baromètre quotidien Opinion Way pour Les Echos et Radio Classique crédite le président sortant de 56% d’intentions de vote, contre 44% pour Marine Le Pen. Emmanuel Macron devrait pouvoir compter sur 40% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, sur 61% de ceux de Valérie Pécresse et sur 78% de ceux de Yannick Jadot.

Marine Le Pen, quant à elle, mobiliserait 26% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 21% des électeurs de Valérie Pécresse, et 84% de l’électorat d’Eric Zemmour.

A noter aussi que, parmi les abstentionnistes du premier tour, 27% iront voter Macron, et 21% iront voter Le Pen, selon ce même sondage.

Le sondage rolling Ipsos-Sopra Steria pour Le Parisien,-Aujourd’hui en France et France Info, publié ce jour, crédite Emmanuel Macron de 56,5% des intentions de vote, et Marine Le Pen de 43,5% des intentions de vote.

L’enquête prévoit un taux de participation de l’ordre de 71% pour le deuxième tour de dimanche. L’abstention devrait être particulièrement forte chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, dont 45% prévoient de s’abstenir ou de voter blanc ou nul. Pour le reste de cet électorat, 39% des sondés s’apprêtent à voter Macron, et 16% à voter Le Pen.

La tendance est donc favorable au président sortant, trois jours après son meeting organisé à Marseille, mais l’écart entre les deux finalistes reste moins important qu’en 2017 où Emmanuel Macron avait récolté plus de 66% des suffrages face à Marine Le Pen.

Un message aux abstentionnistes…

Ce lundi, dans une interview accordée à l’émission Quotidien, Emmanuel Macron a déclaré: “Le second tour de la présidentielle sera un référendum pour ou contre l’Europe, pour ou contre la République laïque et fraternelle dans laquelle nous croyons et c’est un référendum pour ou contre l’écologie.”

“J’adresse un message à l’électorat qui ne souhaite pas se rendre aux urnes le 24 avril prochain. On ne peut pas être dans une société où, dès que ce n’est pas exactement ce que je veux, ça devient n’importe quoi. La vie dans la société, c’est le fruit de compromis. Si ce n’est pas exactement comme je veux, que je ne participe plus, on ne peut plus vivre ensemble.”

“Sa politique serait dramatique pour notre pays”

Ce mardi, sur France Inter, le Premier ministre admet une part de responsabilité du gouvernement dans la montée de l’extrême-droite. Mais il met en garde contre la candidate du Rassemblement National à l’élection présidentielle: “Madame Le Pen n’a jamais rien gouverné. Nous avons géré ce magnifique pays qu’est la France, un pays qui aime contrôler ses dirigeants, contester l’exercice du pouvoir. Bien sûr qu’il y a eu des erreurs. Bien sûr que nous prenons notre part. Mais le pire est toujours possible. Et Madame Le Pen, qui se présente sous des atours sympathiques de bonne mère de famille, sa politique serait dramatique pour notre pays.”

La démission, comme le veut la tradition

Si Emmanuel Macron remporte le deuxième tour de l’élection présidentielle, le Premier ministre a déclaré, ce mardi, sur France Inter: “Dans les jours qui suivent, comme le veut la tradition, je présenterai ma démission et celle de mon gouvernement au président de la République. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est le deuxième tour des élections”, sous-entendant que rien n’était encore gagné, pour Emmanuel Macron, même si ce dernier creuse un peu l’écart dans les sondages.

Ne pas surjouer la diabolisation du RN…

C’était le 21 avril 2002, il y a vingt ans, jour pour jour, après la première accession de l’extrême-droite au second tour d’une élection présidentielle avec Jean-Marie Le Pen. Selon les confidences de l’entourage d’Emmanuel Macron à France Info, la stratégie de ce dernier ne consistera pas, à l’occasion du débat d’entre-deux-tours, à appuyer ce parallèle: “2022 n’est pas 2002 et il ne faudrait pas surjouer la diabolisation. Il faut qu’Emmanuel Macron se focalise sur des arguments de fond, pour ne pas offrir à Marine Le Pen le rôle trop facile de victime.”

“Beaucoup d’inconnues pèsent sur le scrutin”

Dans Le Figaro, l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe, s’est expliqué sur ce deuxième tour de l’élection présidentielle: « Rien ne me paraît joué car beaucoup d’inconnues pèsent sur le scrutin, à commencer par l’abstention. Cette campagne d’entre-deux-tours est utile: elle permet d’enrichir le programme du candidat et de bien montrer ce qu’est le programme de son adversaire.”

“Si les résultats de cette élection présidentielle restent indécis, beaucoup de gens voteront pour le président de la République sans enthousiasme, sans en partager le programme, mais ils le feront parce qu’ils considèrent que la France irait bien plus mal avec Marine Le Pen.”

“Renvoyer dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron, c’est irresponsable. Tout comme envoyer la consigne “pas une voix à Marine Le Pen”, ce qui laisse la porte évidemment ouverte à toutes les abstentions.”

“C’est de commencer vite à réformer”

Dans Le Figaro, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe a  insisté sur un point: “En cas de réélection d’Emmanuel Macron, ce qui me paraît nécessaire, c’est de commencer vite à réformer. L’objectif n’est pas d’atteindre une date fétiche, mais de sauver le système.”

“Si on l’avait fait plus tôt, ça aurait d’ailleurs été plus simple que de le faire plus tard, sous la pression. La difficulté pour un président est de pouvoir garder le cap dans des circonstances qui ne sont pas aisées.”

“Ce président fait ça très bien. Ce sujet des retraites, on le traite mal depuis trop longtemps. J’en prends ma part. Plus tôt on l’aura derrière nous, plus vite on pourra passer à des choses également importantes. L’école me paraît être un sujet essentiel, peut-être même le plus important.”

La fille de Jacques Chirac pour Macron…

Dans un communiqué transmis, ce mardi, à l’AFP, Claude Chirac et son mari, Frédéric Salat-Baroux, ex-secrétaire général de l’Elysée, ont expliqué: “Comme l’a dit Jacques Chirac durant toute sa vie, l’heure est au combat contre l’extrémisme.”

“Derrière le jeu de rôle de l’affrontement, Marine Le Pen et Eric Zemmour vont ensemble. L’extrême-droite n’a pas deux visages mais deux faces. La première, en se concentrant sur les préoccupations du quotidien, s’est donné les moyens de la conquête du pouvoir, alors que la seconde fédère et reconstruit une idéologie glaçante.”

“La situation est infiniment plus grave qu’en 2017 et 2002. Face à cette réalité, la réponse n’est pas de dire “pas une voix ne doit aller à Marine Le Pen”, ce qui est une forme de non-décision et de laisser-faire.”

“Pour l’heure, une seule chose compte: pas une voix ne doit manquer à Emmanuel Macron. La réponse ne saurait être dans la constitution d’un vaste ensemble unique de gouvernement, avec pour seule alternative une extrême-droite et une extrême-gauche idéologiquement reconstruites.”

L’appel de 45 “gaullistes” à voter  Macron

Dans une tribune publiée, ce marti, sur le site du Point, 45 “gaullistes” lancent un appel, pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, avec, à leur tête, Jacques Trorial, dernier ministre en vie de Charles De Gaulle, des personnalités politiques se réclamant du gaullisme et notamment d’anciens ministres de Nicolas Sarkozy:

“L’extrême droite s’est construite dans la détestation du gaullisme! Nous, signataires de cette tribune, sommes résolument attachés aux institutions de la Vème République, telles que définies par le général de Gaulle et Michel Debré.”

“Elles sont toutefois menacées par le risque d’une victoire de l’extrême-droite à l’élection présidentielle, victoire qui n’amènerait qu’abaissement, division, malheur et ruine au pays. L’extrême-droite de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen s’est construite dans la détestation du gaullisme, de Vichy à l’OAS.”

Marine Le Pen a déjà choisi un ministre…

Ce lundi, sur France Bleu, Marine Le Pen a annoncé que, si elle remportait l’élection présidentielle, Jean-Paul Garraud, porte-parole de la candidate du Rassemblement National, député européen, président du groupe RN Occitanie et magistrat, serait son ministre de la Justice: “Il est président d’un syndicat de magistrats, il a été le rapporteur de la loi sur l’interdiction du voile intégral et il a été à l’origine de la création du parquet anti-terroriste.

Jordan Bardella, Premier ministre?

Le président, par intérim du Rassemblement National et soutien de Marine Le Pen, Jordan Bardella, était interrogé, ce mardi, par un auditeur de France Info, sur la possibilité d’être le Premier ministre de Marine Le Pen si cette dernière était élue:

“C’est elle qui prendra sa décision. Le Rassemblement National souhaite un gouvernement d’union nationale, car le moment est trop grave pour pérenniser le système des partis. Il y aura des gens de la droite comme de la gauche pour rejoindre notre camp. Et peut-être que le Premier ministre ne sera pas issu du Rassemblement National?”

“Elle doit montrer qu’elle incarne la fonction”

Soutien de Marine Le Pen et maire de Perpignan, Louis Aliot était ce mardi, sur France2, et il a estimé que le débat d’entre-deux-tours, de ce mercredi soir, sera d’une haute importance:  “Marine Le Pen doit montrer qu’elle est crédible, qu’elle sait rassembler, mais surtout qu’elle incarne la fonction, ce qu’Emmanuel Macron n’a pas su faire pendant cinq ans.”

“On ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron ressemble à ce qu’a été le général de Gaulle ou même Georges Pompidou. Il faut retrouver une solennité qu’on a perdue pendant ce quinquennat et le quinquennat Hollande. J’appelle de mes vœux un débat solennel, sérieux, argument contre argument, projet contre projet, parce que les Français méritent des explications sur le bilan de Monsieur Macron et le projet de Marine Le Pen.”

“Remettre en cause le collège unique”

Sur France Info, Jordan Bardella, président, par intérim, du Rassemblement National, et soutien de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle, a été interrogé, sur le programme du RN, concernant la formation professionnelle:

“Nous souhaitons revaloriser les filières manuelles. Je pense que d’envoyer tout le monde dans les filières généralistes, comme c’est le cas depuis quelques années, est une erreur. Nous souhaitons abaisser l’âge de l’apprentissage à 14 ans et remettre en cause le collège unique. A l’âge de 14-15 ans, on doit pouvoir s’orienter, si on le souhaite, vers des filières professionnelles.”

Les aides sociales aux familles françaises…

Sur France Info, Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement National, expliquait: « On ne veut plus que la France soit un guichet social où vous puissiez arriver et bénéficier immédiatement de prestations sociales. Nous souhaitons réserver les aides sociales aux familles françaises.”

“Le RSA sera conditionné à cinq ans de travail à temps plein sur le territoire français. Le concept de priorité nationale sera intégré à la Constitution. Dans l’accès à l’emploi et au logement, à compétence égale ou à condition égale, il y aura une priorité qui sera donné aux citoyens français.”

Fonctionnaires: pas de dégel du point d’indice…

Toujours sur France Info, Jordan Bardella, soutien de Marine Le Pen, s’exprimait sur les fonctionnaires: “Pour l’instant, le dégel du point d’indice n’est pas faisable budgétairement dans le projet qui est le nôtre. Mais il est prévu des revalorisations de salaires, au cours du quinquennat, par profession, en priorité pout les soignants, les policiers et les enseignants.”

“Contrairement au programme de Monsieur Macron, nous ne sommes pas favorables à l’autonomie des enseignants. En revanche, il faut un retour de l’autorité à l’école et que que les enseignants soient beaucoup plus soutenus par la hiérarchie.”

“Le personnel religieux ne sera pas concerné”

Toujours sur France Info, Jordan Bardella, soutien de Marine Le Pen, et président, par intérim du Rassemblement National, s’est expliqué sur l’interdiction du voile: “Le personnel religieux ne sera pas concerné par cette loi. Nous ne ferons rien qui braque nos concitoyens ou qui rajoutera des tensions supplémentaires.”

“Le voile n’est pas souhaitable et c’est un objectif à terme. Mais la priorité, c’est de maîtriser l’immigration et de lutter contre le communautarisme.”

“Et pour lutter contre le communautarisme, il faut commencer par fermer les mosquées radicales et fermer toutes les associations qui sont aujourd’hui des ennemis de la République.”

Des accusations de détournement “politiques”

Samedi dernier, Médiapart révélait un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), accusant Marine Le Pen et plusieurs cadres de son parti de détournement de plus de 600.000 euros de fonds européens. Ce mardi, sur France Info, Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement National et soutien de Marine Le pen, s’expliquait au sujet de ces accusations:

“Ce rapport sorti à quatre jours du second tour est un peu suspect. Nous sommes poursuivis par le Parlement européen parce qu’il considère que nos assistants n’ont pas à faire de politique. Nous n’avons pas la même appréciation du rôle de l’assistant parlementaire.”

Jordan Bardella et le bien-être animal…

Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, s’est exprimé, sur France Info, sur le projet de Marine Le Pen d’interdire l’abattage rituel d’animaux sans étourdissement préalable, pratiqué pour la production de viande halal et casher:

« Le bien-être animal est une préoccupation pour des millions de Français et l’idée n’est pas de pénaliser des gens qui voudraient pratiquer leur religion ou consommer de la viande, casher ou halal, mais on veut juste qu’il y ait un étourdissement préalable. L’importation de viande halal et casher serait encore possible. Au sujet de la tauromachie, les corridas seront interdites aux mineurs, mais resteront sinon légales au nom des traditions.”

Le moment le plus attendu de l’entre-deux-tours

Les deux candidats pour le deuxième tour de l’élection présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen vont à nouveau s’affronter, ce mercredi soir, avant le retour des Français aux urnes, lors d’un débat qui s’annonce particulièrement décisif cette année.

Ce débat d’entre-deux-tours sera animé par Gilles Bouleau, présentateur du JT de 20h de TF1, et Léa Salamé, présentatrice notamment de l’émission “Elysée 2022” sur France2.

Alors qu’il y a cinq ans, l’affaire semblait entendue pour le futur président de la République avant même qu’il ne commence à échanger avec son adversaire devant les caméras, le cru 2022 réserve davantage de suspens quant à l’issue du scrutin. Une partie de cette dernière devrait se jouer lors des joutes verbales entre les deux finalistes.

Un débat d’entre-deux-tours vraiment décisif?

Sur TF1 et France2, aura lieu, ce mercredi soir, le seul débat entre-deux-tours entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Si les candidats ont, tous les deux, suspendu leur campagne pour s’y préparer, les électeurs, quant à eux, ne semblent pas y voir un moment si déterminant.

En effet, selon le baromètre Ifop du jour, 14% des sondés seulement attendent ce duel pour décider pour qui ils voteront au second tour de l’élection présidentielle, et 12% pour savoir décider s’ils iront voter ou pas. Finalement, un bon tiers des Français (36%) attend ce débat avec impatience, d’après ce sondage.

Les contours du débat de l’entre-deux-tours…

Quelques informations filtrent sur la scénographie de ce débat d’entre-deux-tours. L’événement se déroulera sans public et les candidats seront placés derrière deux bureaux indépendants, contrairement à 2017 où ils étaient de part et d’autre d’une grande table. L’échange sera conduit par Gilles Bouleau et Léa Salamé, qui devront respecter un devoir de réserve, “une position de repli”, a indiqué Thierry Thuillier, directeur de l’information de TF1, au Journal Le Monde.

Les thèmes du débat d’entre-deux tours connus

Ce lundi, dans Le Parisien, Léa Salamé (France2) a détaillé les différents thèmes qui seront abordés dans le débat d’entre-deux-tours qu’elle animera avec Gilles Bouleau (TF1): « Il y aura, évidemment, la question du pouvoir d’achat qui domine, celle des retraites, de la souveraineté de la France, de sa place dans le monde, avec la guerre en Ukraine, de la jeunesse, de l’écologie, de la sécurité, de la laïcité, de l’immigration. Et celle de leur gouvernance.”

Qui ouvrira le débat et sur quel sujet?

Ce mardi soir, le tirage au sort vient de désigner Marine Le Pen pour ouvrir le débat de mercredi soir: la candidate du Rassemblement National se verra donc donner la parole en premier par les journalistes de TF1 et de France2. Le tirage au sort prévoit également que le premier sujet abordé sera celui du pouvoir d’achat, sujet qui arrive d’ailleurs souvent en tête des préoccupations des Français dans cette campagne, selon de nombreux sondages. Enfin, le tirage au sort a décidé qu’Emmanuel Macron se tiendrait à gauche de nos écrans, et Marine Le Pen à droite.

Premier débat de campagne pour Macron…

Ce mercredi 20 avril 2022 marquera par ailleurs le premier véritable débat auquel participe Emmanuel Macron. Depuis son entrée officielle en campagne, le président-candidat a toujours refusé de se confronter directement à ses 11 autres adversaires.

Pour autant, celui qui aspire à conserver son poste à l’Elysée avait participé à plusieurs émissions qui rassemblaient tous les concurrents. Mais deux règles devaient être respectées: qu’ils ne se croisent pas et qu’ils n’aient pas à débattre. Ainsi, Emmanuel Macron est apparu à l’écran dans le costume de candidat avant le premier tour, simplement pour répondre aux questions des journalistes.

Depuis le 18 avril, Emmanuel Macron est entouré d’un comité restreint composé de quelques membres de la campagne et de certains ministres. Objectif: préparer les arguments pour contrer le programme de Marine Le Pen “de façon assez précise, calmement” précise l’un de ses proches. Deuxième visée: parvenir, lors de cet incontournable moment de la campagne présidentielle, à draguer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Yannick Jadot, véritable réserve de voix pour le président sortant.

Mais avec un programme fortement décrié par ces électorats-là, notamment en matière d’écologie, le chef de l’État s’avance sur une ligne de crête bien étroite et périlleuse. 

Un débat préparé de longue date…

Ce débat de l’entre-deux-tours, Marine Le Pen l’attend depuis longtemps et, surtout, elle l’espérait. Si Emmanuel Macron s’est offert un quinquennat particulièrement mouvementé, la candidate du Rassemblement National en a profité, dans le même temps, pour préparer cette nouvelle confrontation.

Depuis sa déroute de 2017, la députée du Pas-de-Calais a travaillé avec de nombreux conseillers pour revoir et affiner son programme, pour connaître au mieux les dossiers… et éviter d’arriver avec une nouvelle pile de feuilles et de notes sur le plateau.

Il y a cinq ans, les plans montrant Marine Le Pen fouillant dans ses innombrables papiers, face à un Emmanuel Macron, serein et sans aucune aide, avait totalement desservi la prétendante à l’Elysée. Désormais, la fille de Jean-Marie Le Pen veut être vue comme présidentiable et comme une “femme d’Etat”, selon son slogan du premier tour.

Un débat comme en 2017, vraiment?

Si en 2017, la question du résultat au second tour semblait entendue dès l’annonce de l’affiche finale, la situation n’est pas la même en 2022. D’abord, au regard des sondages qui donnent un score serré entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ce débat de l’entre-deux-tours revêt une importance déterminante et pourrait bien faire pencher la balance.

La réserve de voix étant à gauche, dans l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, chacun va s’atteler à essayer de draguer ce vivier. Car Marine Le Pen dispose d’un véritable angle d’attaque qui pourrait séduire, contrairement à 2017: le bilan d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État n’a plus cette juvénilité qui caractérisait sa candidature, il y a cinq ans. Il porte désormais le poids d’un quinquennat éreintant, marqué par de nombreuses crises diverses.

Mais de son côté, comme il s’y emploie déjà, Emmanuel Macron ne devrait pas manquer d’égratigner son adversaire sur ses prises de positions lors de la crise du Covid-19 notamment, ou sur sa discrétion quant à l’invasion de la Russie en Ukraine.

Un débat avec deux visions de la société

Lors de ce premier et unique véritable débat de l’élection présidentielle,  ce sont deux projets sociétaux opposés qui vont s’opposer: d’un côté, une vision libéraliste du monde, qui entend être poursuivie dans la lignée de ces cinq dernières années, à laquelle s’ajoute des chèques et des primes ou encore un développement du mix énergétique avec le renouvelable; de l’autre, un projet nationaliste visant à engager un repli de la France sur elle-même, saupoudré de mesures pour le pouvoir d’achat et de décisions écologistes contestées. Deux programmes diamétralement opposés avec un symbole: l’âge du départ à la retraite (64 ou 65 ans pour Macron, 62 ans pour Le Pen).

Sur quelles chaînes le débat entre-deux-tours?

Alors que le calendrier annoncé est donc similaire aux années précédentes, il y aura moins de diffuseurs pour le débat de l’entre-deux-tours, en 2022. Les chaînes TF1 et France 2, organisateurs de ce traditionnel rendez-vous démocratique depuis 1988, retransmettront bien en direct l’opposition entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tout comme LCI et France Info, deux chaînes satellites de chaque groupe. En revanche, BFM TV, CNews ou encore LCP n’ont pas été annoncées comme étant des chaînes qui co-diffuseraient le débat, a contrario de 2017.

Quelle audience pour le débat entre-deux-tours?

En cette année 2022, un premier indicateur de l’intérêt des Français pour le second tour sera l’audimat de ce débat. En 2017, 16,5 millions de Français avaient suivi les échanges musclés entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, soit la plus faible audience de l’histoire de ces débats. Entre 1974 et 1988, entre 25 et 30 millions de téléspectateurs étaient rassemblés pour suivre les joutes verbales des finalistes, contre 16,8 millions en 1995, 20 millions en 2007 et 17,8 millions en 2012. Un désintérêt croissant qui corrobore avec la hausse constante de l’abstention.

Bernard Pace

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