Le conflit en Ukraine sert les intérêts des lobbies du monde entier

La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

Nous sommes nombreux désormais à avoir regardé la série « Serviteur du peuple ». Le monde entier se l’arrache depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Car tout le monde le sait, cette série est jouée, réalisée, écrite et produite par un certain Volodymyr Zelensky, le président d’un pays en guerre que l’on voit souvent sur nos écrans, habillé d’un polo vert « armée », qui s’adresse à nous pour nous faire connaître les atrocités que subit son peuple et nous demande de l’aide. Avant d’être élu président, il était déjà célèbre en Ukraine depuis 20 ans et connu pour ses spectacles de clown, ses sketches et ses qualités de danseur. Le comédien est devenu président, comme son personnage dans la série TV.

On a peine à croire dans quelle situation l’Ukraine se trouve aujourd’hui quand on fait le parallèle entre le chef de guerre qu’il est actuellement et le personnage radieux et plein d’humour qui pédale sur son vélo le long des rues de Kiev pour se rendre au « travail » dans une atmosphère printanière. Aujourd’hui, il est un héros national, symbole de la résistance face à Vladimir Poutine.

Depuis l’invasion russe du 24 février, la série qui avait du mal à trouver son public jusque-là, est devenue une des séries incontournables avec pas moins de trois millions de vues à ce jour !Il y a eu un précédent..avec la Présidence américaine et Reagan..acteur lui aussi..un hasard ?

Quand la guerre s’arrêtera-t-elle ? Les spécialistes parient pour un cessez-le-feu à l’approche des saisons froides, pluvieuses et boueuses dans les plaines de ces pays d’Europe centrale, une sorte d’enlisement s’ouvrant sur une période de négociations qui n’en finira pas pendant des années. Les Européens pensent que le Donbass sera annexé par la Russie et l’Ukraine ne l’acceptera pas. Mais les faits sont têtus, la Russie, comme l’Ukraine sont « à genoux » militairement et économiquement. Et les soutiens européens de l’Ukraine doivent eux aussi compter avec leurs ressources en armement qui sont limitées pour se préserver de futurs confits.

Comme l’a laissé entendre le président Poutine de façon grandiloquente et glaçante, mais aussi vaguement méprisante, et en sous-entendant une fois de plus le risque du déclenchement d’une guerre nucléaire : « Chacun doit savoir que nous n’avons pas encore commencé les choses sérieuses » ! laissant entendre qu’il peut encore monter d’un cran dans sa réponse militaire. En même temps, il ajoute que la Russie ne refuse pas des négociations de paix, tout en avertissant ceux qui les refusent que « plus longtemps ils les refuseront, et plus il leur sera difficile de négocier avec nous ».

Les éditorialistes s’interrogent sur ce que signifient « commencer les choses sérieuses. Peut-être qu’un jour, le conflit finira-t-il par passer par le déclenchement nucléaire ciblé. Mais avant cette « ultime » (?) étape, la guerre sera avant tout économique et technologique.

Cette guerre est déjà à nos portes, par exemple en Allemagne, dans le secteur de l’énergie. Le gouvernement allemand a récemment approuvé des amendements à un projet de loi sur la sécurité énergétique autorisant l’État à renflouer les fournisseurs d’énergie en difficulté. La situation sur le marché du gaz est tendue et les dirigeants allemands n’excluent pas que la situation se dégrade encore plus.

On sait depuis le début de la guerre en Ukraine que l’Allemagne est l’un des pays les plus dépendants de la Russie pour son approvisionnement en énergie. Elle subit de plein fouet l’envolée des prix du pétrole et du gaz naturel, une situation qui met en péril la viabilité économique d’entreprises du secteur comme Uniper. La faillite menace cet immense groupe énergétique et un tel événement déclencherait un effet « domino » sur l’ensemble du marché de l’énergie en Allemagne. Uniper, le premier importateur de gaz allemand, a sollicité l’État allemand pour la mise en place d’un plan de sauvetage et n’exclut pas une nationalisation partielle. Cette « catastrophe » allemande pourrait bien s’étendre à tous les pays qui sont dépendants de la Russie pour leurs livraisons de pétrole et de gaz.

On dira que ce n’est pas le cas de la France ! Mais la façon dont les 27 pays de l’Union Européenne sont liés par des textes de réciprocité doivent nous obliger à la prudence. L’effet « domino » pourrait se propager partout en Europe en passant par les plus faibles d’entre eux, comme la Grèce. Et il est intéressant de rapprocher cette crainte d’Outre-Rhin de la récente déclaration de nos Première Ministre évoquant une possible renationalisation d’EDF.

La guerre en Ukraine montre que cette partie du monde, aux marches de l’Europe, est un « terrain de jeu » pour les grands pays expansionnistes, les USA et la Chine. Et compte tenu de l’attitude belliqueuse de la Russie, il est clair que, pour le président américain, l’objectif de la guerre n’est pas que l’Ukraine gagne la guerre mais que la Russie la perde avant de subir une récession déjà annoncée.

La Russie est à genoux militairement, et économiquement. Elle s’écroulera tôt ou tard, surtout si elle ne peut plus vendre aux européens le pétrole et le gaz qu’elle leur vendait toujours depuis le 24 février, ce qui contribuait à l’aider indirectement dans son effort de guerre.

Elle ne s’écroulera pas toute seule, cette Russie expansionniste. Elle peut encore être parfaitement dangereuse, même militairement. Nul ne sait ce qu’il en est de ses sous-marins nucléaires ? Ils seraient à quai pour l’instant, mais ils sont surveillés précisément par tous les pays qui possèdent la technologie nécessaire en termes de satellites.

La reconstruction de l’Ukraine

La reconstruction de l’Ukraine dévastée, les médias nous l’ont largement montré, villes rasées, usines détruites, charniers et fosses communes, avec tous les degrés d’une horreur à peine différente de celle provoquée par les nazis. Encore que la découverte la plus terrifiante de la seconde guerre mondiale aura été les camps d’extermination, alors qu’en Ukraine, d’une façon assez similaire à ce qui est arrivé au Kosovo, la campagne d’extermination du peuple « frère » ukrainien s’est faite au jour le jour, le long des routes.

Cette reconstruction ne pourra pas être uniquement matérielle. Elle a un volet humaniste, psychologique, voire psychiatrique, qui sera difficile à prendre en compte et à réparer. Mais il est évident qu’au plan économique, cela va intéresser de nombreuses entreprises occidentales et américaines qui vont donc considérer le processus comme un marché potentiellement porteur et source de profits.

L’Ukraine pourrait, selon certains, devenir la « Lybie » de l’Europe, un espace de jeu malsain où les majors américaines sèmeraient la discorde pour récolter les fruits de la reconstruction, car à l’origine de ce conflit, alors que les Russes en faisait un préalable, c’est le refus des américains de fermer la porte de l’entrée à l’OTAN, de l’Ukraine..Une fois de plus, les américains attisent les braises d’un « différent » pour en tirer, par la suite, un profit maximum..Capitalisme quant tu nous tiens..

 Car l’Ukraine est un immense marché pour la reconstruction, un marché qui attirera et attire déjà toutes les convoitises, à commencer par celles des « lobbyistes » d’outre-Atlantique, mais aussi, bien-sûr, celles des Chinois, sans oublier les appétits des investisseurs de toutes les régions du monde qui ont des liquidités disponibles, les pays du Golfe Persique en tout premier lieu qui sous couvert, à « peine voilé » d’aides financières en profiteront pour imposer leur culture et leur..religion.

On a déjà calculé qu’à l’heure actuelle, le coût de la reconstruction de l’Ukraine sera astronomique. On avance la somme de 750 milliards de dollars. On en discutait ces derniers jours à Lugano, en Suisse, lors d’une conférence qui réunissait des représentants de l’Ukraine, dont le Premier ministre, des institutions internationales et du secteur privé. L’objectif était de définir les modalités de la reconstruction du pays en guerre avec la Russie depuis plus de quatre mois, sous la forme d’une sorte de « plan Marshall » à l’imitation du plan mis en place après la Seconde Guerre mondiale 1948 pour aider à la reconstruction de Europe détruite par le conflit.

Si le principe de la reconstruction est acquis, son coût exact ne sera certain qu’à l’arrêt des hostilités, lequel devrait intervenir relativement vite, à échéance de l’automne sans doute, sachant à quel point Moscou est pratiquement arrivé au bout de ses possibilités financières en matière militaire. Et au-delà de son coût, la question qui va se poser sera de décider de qui va payer cette reconstruction. Il va de soi, pour les américains, et pour toute personne de bon sens, que c’est avec la saisie des avoirs de la Russie et des oligarques russes gelés dans le cadre des sanctions internationales que l’on pourra commencer le financement des travaux. À condition, bien-sûr, que soient réglés certains problèmes juridiques pour « transformer » des avoirs gelés en saisies judiciaires.

Par ailleurs, la Banque européenne d’investissement (BEI) devrait proposer de créer un nouveau fonds de 100 milliards d’euros pour l’Ukraine. Un plan de reconstruction en trois étapes est proposé par le gouvernement ukrainien. L’urgence est d’abord d’aider la population brutalisée par la guerre, sans nourriture, sans ressources, sans logements, et le plus souvent frappé par la mort. Il conviendra ensuite de financer de très nombreux projets de reconstruction structurelle, bâtiments et structures administratives, services publics, etc. Et enfin, à plus long terme, il faut préparer, selon les mots du Premier Ministre Ukrainien, une nouvelle Ukraine, européenne, verte et numérique, et surtout lutter contre la corruption endémique qui ravage le pays depuis longtemps. La conférence de Lugano y met une condition à l’intervention des donateurs, quand elle évoque la question des priorités du processus de reconstruction plutôt que le montant de l’aide financière. Selon les conclusions de la Conférence, le processus sera long, et l’effort financier est envisagé sur plusieurs décennies.

La crainte d’une crise économique mondiale

Le système économique des pays développés explique largement les difficultés qui se présentent à nous aujourd’hui. Sans faire un développement complet sur l’histoire de l’humanité, on peut néanmoins rappeler que dans l’antiquité et jusqu’au Moyen-Âge, l’économie était essentiellement rurale et guerrière, l’objectif étant de nourrir les populations et d’étendre les territoires.

Dès le XVIème siècle, on peut parler d’une économie manufacturière, le mot « manufacture » traduisant clairement l’idée de fabriquer des biens grâce à la main de l’homme, et des rudiments technologiques.

Puis les progrès de la science et des techniques, l’invention de la vapeur, puis du moteur électrique ont petit à petit accompagné cette société vers l’ère industrielle, l’idée étant toujours de répondre aux besoins des populations mais avec une technologie plus poussée.

Parallèlement, la lourdeur des investissements qui demandait plus de capitaux a engendré le système capitaliste, relativement peu concerné par la satisfaction des besoins de la population. Néanmoins, de nombreux exemples nous sont connus de capitalisme social, comme les « Familistères », celui des établissements Godin à Guise (Aisne) en application des théories du Phalanstère développé par Charles Fourier, le fondateur de l’école Sociétaire, comme l’exploitation agricole de Keremma, fondée sur la commune de Tréflez (Finistère) par Louis Rousseau, un entrepreneur inspiré lui aussi par le saint-simonisme et surtout l’idéologie de Charles Fourier dont il partage les finalités sociales, avec l’espoir « d’enrichir les pauvres sans appauvrir les riches ».

Depuis la seconde guerre mondiale, le capitalisme est devenu plus « sauvage ». On pourrait dire que le but essentiel de nombreuses entreprises est de maximiser leurs profits, pas de satisfaire des besoins, essentiels ou même secondaires. Un système qui porte en soi sa propre disparition et ses contradictions car il n’impose plus de limites, vendre pour faire du chiffre et non vendre pour satisfaire un besoin.

Et pour vendre, il faut des consommateurs, et notamment de jeunes générations de consommateurs ! C’est là, sans doute, une des raisons des crises à répétition qui nous frappent depuis des décennies, ce besoin de croissance de plus en plus combattu par ceux qui prônent la croissance « zéro », voire la décroissance.

Rappelons qu’en 1900, la population française était de 40 millions d’habitants, celle de l’Allemagne de 56 millions, et le monde entier aux alentours de 1,7 milliards. Aujourd’hui, la France en compte 66 millions, l’Allemagne 84 millions environ et le monde 8 milliards.

Si, en 120 ans, la population française a augmenté de 65 % et celle de l’Allemagne de 50 %, celle du monde entier s’est envolée de 370 % ! On accuse souvent les pays européens développés de capter l’essentiel des ressources de la planète. Rappelons tout de même que la France, pour ne parler que d’elle, a toujours été autosuffisante en matière alimentaire et que sa balance commerciale extérieure est déficitaire, preuve qu’il en est besoin qu’elle n’accapare pas mais achète à qui veut bien lui vendre au lieu de produire..

On en peut donc pas faire peser sur des pays comme la France ou l’Allemagne le poids de toutes les difficultés que connait la planète du fait de l’augmentation malthusienne de sa population. Il serait bon de prendre le problème dans l’autre sens et de faire appliquer par tous les pays dont la population augmente plus vite que la moyenne, des obligations restrictives dans ce domaine.

Mais ces remarques démontrent l’importance des problèmes que nous allons devoir résoudre à l’échelle planétaire. Rappelons qu’en 2021, la date du « dépassement », c’est-à-dire la date à laquelle le monde a consommé l’intégralité de ce que la planète peut annuellement nous fournir est arrêtée au 29 juillet. Les chiffres les plus anciens dont nous ayons trace, montrent qu’en 1971, cette date était le 25 décembre, ce qui veut dire que le monde était alors autosuffisant. Et pour faire simple, avant les années 70, avec une population mondiale inférieure à 4 milliards d’individus, la planète disposait des ressources nécessaires pour nourrir ses « enfants ». Ce n’est plus le cas aujourd’hui !

Qui en est responsable et que faut-il faire ? Inventer de nouveau mode d’alimentation ? Limiter le nombre de naissance, mais lesquelles, selon quels critères et avec quels moyens de coercition ?

Il y a heureusement des ratios rassurants, tout au moins partiellement ! Les dernières projections montrent qu’une certaine autorégulation, encore loin d’être suffisante, tend à se mettre en place.

 En effet, le taux de croissance annuel de la population mondiale est désormais de 1,12% par an, alors que, dans les années 60, il était supérieur 2%. Ce taux de croissance annuel est en train de décroitre et devrait continuer dans cette direction dans les années à venir. On estime qu’il devrait être inférieur respectivement à 1% en 2023 et à 0,5% pour 2050.

Mais ce ne sera pas suffisant pour faire retomber la population mondiale à 4 milliards d’individus comme en 1970 ! Et il est malheureusement clair qu’un tel déséquilibre entre les ressources totales et l’accroissement des populations engendrera des tensions, des migrations et des conflits.

Et on ne sait pas ce qui peut germer dans l’esprit de certains dirigeants, parmi les plus populistes, les plus nationalistes, ou les plus excessifs, et tout particulièrement ceux qui détiennent l’arme nucléaire. Selon certaines informations qui circulent ces derniers jours et qui peuvent être interprétées comme des signes avant-coureurs de grandes catastrophes, il ne faut pas jouer à l’autruche et se cacher la tête dans le sable en attendant des jours meilleurs. Le recours à l’arme nucléaire pourrait, pour certains, être le recours pour une réduction drastique de la population mondiale.

Les enfants du babyboom s’en souviendront sans doute, dans les années soixante, quand il y avait une crise, on entendait souvent les citoyens bien-pensants qui avaient connu un voire deux conflits mondiaux, affirmer que pour remettre de l’ordre, « il nous faudrait une bonne guerre » ! Il y a donc de quoi réellement s’inquiéter, lorsqu’on apprend que la République Islamique d’Iran se dit déterminée à préserver ses intérêts, même si elle nie vouloir se doter de l’arme nucléaire ! Elle prétend ne vouloir que reprendre ses essais en matière de nucléaire civil, mais que penser alors des étonnants rapprochements en cours entre Moscou et Téhéran ?

Les USA et Israël sont persuadés que l’Iran tente de récupérer l’arme atomique et veulent réagir, Israël en adoptant une ligne dure, et les États-Unis en tentant de persuader la communauté internationale que l’on peut restaurer la voie diplomatique, pour en revenir aux termes de l’accord de 2015 abandonné par l’administration Trump. Toutefois, récemment et de façon assez contradictoire, le président Biden s’est engagé « à préserver et renforcer la capacité d’Israël à dissuader ses ennemis et à se défendre soi-même contre toute menace ou combinaison de menaces ».

La crainte d’une guerre nucléaire à l’échelle du monde

Il faudra un jour que l’on s’interroge sur la nature profonde du « modèle économique et politique européen » et sur sa propension paradoxale à combiner, selon les circonstances, mollesse et pseudo tolérance, agressivité et pulsions autodestructrices.

L’Europe, et tout particulièrement la France, s’estime exceptionnelle, et en comptant sa population, elle se dit qu’elle n’a rien à envier à ce qui fait les Etats-Unis. Mais cela fait plus de cinquante ans désormais qu’elle est bousculée dans sa prétention par son attachement à l’idée de la paix perpétuelle et de la douceur de vivre. Cette idée est encore plus ancrée dans notre pays des droits de l’Homme, chantre principal d’une tolérance universelle et sacrée.

L’Europe est le berceau de la paix et de liberté. Les conflits sont pour les autres ! Le Kosovo, la Lybie, l’Irak et la Syrie, et maintenant l’Ukraine. Il faut toutefois accepter de voir les choses en face.

La crise ukrainienne a été déclenchée par la signature unilatérale d’un accord commercial entre l’Union européenne et l’Ukraine, sans en avoir « discuté » avec la Russie. C’est assez dans les manières de l’UE qui ne jure que par le droit et l’économie.

Le droit, c’est une façon de traduire par un traité entre deux Nations un acte d’agression envers un troisième. Quelle que soit la façon dont il faut juger l’invasion de l’Ukraine par le Russie, le fait générateur est un acte d’agression juridique contre un pays qui craignait pour la sécurité de ses frontières en voyant se rapprocher l’OTAN. En termes économiques, les perspectives de libre-échanges que s’ouvrent les pays de l’UE sont patents et sont ornés de l’étiquette « origine démocratique ».

C’est ainsi que survient une guerre civile aux marches de l’Europe, guerre qui ne veut pas dire réellement son nom, civile entre frères de sang, militaire entre ennemis de toujours., une guerre qui semble hélas partie pour durer. Mais l’Europe qui s’est dite inspirée par les leçons de la Grèce antique pour inventer la démocratie moderne, ne peut pas avoir tort ! Mais les conséquences de la guerre sont nombreuses. Car le conflit a rebattu les cartes et modifié les équilibres géopolitiques, y compris très loin de l’Europe. En mer de Chine, le conflit entre Pékin et Taïwan est réactivé.

Face à des américains fermes mais attentifs, Pékin affirme vouloir prendre, au besoin par la force, l’île de Taiwan et s’oppose depuis longtemps à tout échange officiel entre l’Île et n’importe quel autre pays. Le ministre chinois de la Défense a déclaré : « Que les choses soient claires, si quelqu’un ose séparer Taiwan de la Chine, nous n’hésiterons pas à nous battre, nous nous battrons jusqu’au bout ».

Le président américain Biden, lors d’un discours au Japon au mois de mai dernier avait assuré que « L’idée que Taiwan puisse être prise par la force [n’était pas envisageable et [que]ce serait comparable à ce qui se passe actuellement en Ukraine », une affirmation tempérée quelques heures plus tard par la Maison Blanche.

En réalité l’observation de ce que fait la Russie en Ukraine est un « laboratoire d’idées » pour la Chine, laquelle est comme la Russie, rappelons-le, l’un des cinq pays possédant l’arme nucléaire. Qui plus est, les dirigeants des deux pays développent une politique impérialiste et raciste. Pour la Russie, il s’agit du projet « Novorossia » qui va de la mer d’Azov à la Moldavie et pour la Chine, il s’agit de « Chine Unie ». Le président chinois envisagerait sérieusement de fêter le centenaire de la République populaire de Chine en 2049 pour célébrer avec Taïwan.

Nouveaux bourbiers pour des pays possédant la technologie nucléaire ! Les risques de déclenchement d’une guerre atomique, aussi stupides et mortels qu’ils soient pour l’humanité toute entière, sont bien réels.

« Alea jacta est » comme disait Jules César, à ce que l’on nous a rapporté !

Bernard Chaussegros

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