La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

On pourrait ne voir la question africaine ou porter un jugement sur l’Afrique qu’en se référant aux nombreux malheureux qui disparaissent en Méditerranée dans le naufrage de leurs frêles embarcations, femmes et enfants dont les corps sont rejetés sur des plages espagnoles ou italiennes. De qui sont-ils les victimes, des « passeurs » sans scrupules, des conflits qui ensanglantent leur pays d’origine, de la misère qu’ils fuient et de la violence dans laquelle ils vivent, de leur histoire à laquelle ils ne peuvent rien et dont ils ont hérité ?

Avant de me pencher sur ces images qui ne font pas  notre gloire, j’ai envie de rappeler que l’Afrique est sans doute le berceau de l’humanité. Lorsque l’équipe du professeur Yves Coppens a fait, en 1974, la découverte d’un nouvel Australopithèque, que le site de Hadar qui se trouve dans la dépression de l’Afar au nord-est de l’Éthiopie, notre monde en recherche de ses origines a fait connaissance avec cet ancêtre féminin bientôt connue sous le nom de « Lucy » et dont les ossements remontaient à environ 3 millions d’années.

Les études poussées par les paléoanthropologues ont démontré que Lucy vivait à la fois en primate dans les arbres de la forêt et en humain marchant sur ses deux jambes dans la savane. Contrairement aux idées reçues qui font de ses lieux des zones désertiques, Lucy vivait dans une région riche de nombreuses formations naturelles comme les grands Lacs Victoria et Tanganyika, ou encore le mont Kenya et le Kilimandjaro, une région propice à la vie qui s’adapte bien à sa définition de « berceau de l’humanité », expression qui désigne l’endroit où sont apparus et ont évolué les premiers hommes appartenant à notre genre.

Lucy a été vite considérée comme l’ancêtre de l’homme moderne, même si des squelettes encore plus anciens ont été découverts depuis, ce qui permet de considérer les australopithèques comme Lucy, en cousins de nos véritables ancêtres, les « homo sapiens ». En effet, de plus récentes recherches ont, depuis lors, été effectuées, toujours en Afrique, hors de la vallée du grand Rift, en Afrique du sud, en Afrique centrale ou en Afrique de l’Ouest, mais également au Maroc, ce qui laisse à penser que l’homme moderne est bien africain, et a évolué à partir de plusieurs populations disséminées sur le continent.

Il suffit de se remémorer les paysages du Kenya décrits par Karen Blixen dans « La ferme africaine » et les images de paradis terrestre du film « Out of Africa », pour imaginer cette ferme Mbogani située au pied des collines « Ngong », le long de la vallée du Grand Rift, ce qu’était ce paradis perdu que certains aimeraient recréer. Ce paradis a été bien abîmé, bien bouleversé, souvent saccagé, découpé au long des siècles et au gré des luttes pour son appropriation, et ses richesses ont bien entendu été violées, captées et exploitées dans le même temps. Et aujourd’hui, ne pourrait-on voir ce continent, avec le regard pionnier de ses habitants, comme la promesse d’un nouvel Eldorado ?

Qu’est-ce que l’Afrique ?

On parle trop souvent de l’Afrique comme d’un tout ! Mais qu’y a-t-il de commun entre les pays de la côte méditerranéenne et l’Afrique du Sud, entre les pays du golfe de Guinée et l’Érythrée, entre les zones équatoriales et les zones plus désertiques du Sahel ? L’Afrique est un continent, et à ce titre, on y retrouve des variétés de climat, de géographie, d’ethnies et de coutumes, d’histoires et de devenir, comme on peut en retrouver, de manière aussi tranchée, entre les différents pays d’Europe, voire des régions Françaises ou Italiennes.

L’Afrique est un continent qui n’a pas d’unité, de par la complexité de la nature humaine et de l’histoire de son développement. Elle est aussi un morcellement d’États qui sont nés de la politique expansionniste des pays, royaumes et empires européens qui, à la recherche d’esclaves, d’une part, et de ressources naturelles, d’autre part, se sont largement combattus, dès le XVIème siècle, pour prendre le contrôle de larges territoires. L’empire colonial Français, par exemple, surtout au XIXème siècle, et sous le prétexte de la mission civilisatrice, étend progressivement son pouvoir sur les pays du Maghreb, et la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale.

De son côté, l’Allemagne prend possession de la Namibie, du Cameroun, du Togo, d’une partie de la Tanzanie et du Ruanda-Burundi. L’Italie s’installe surtout en Afrique orientale, Érythrée, Somalie, Lybie et Éthiopie, et l’Angleterre se réserve une assez grande part de l’Afrique avec le Nigéria et un immense territoire réparti du Nord au Sud et couvrant l’Égypte, le Soudan, et, entre autres, le Kenya, la Rhodésie et l’actuelle Afrique du Sud qu’elle disputera aux Néerlandais arrivés plus tôt dans l’histoire du continent (Boers).

Ces luttes de pouvoir menées par les occidentaux avec la volonté affichée d’apporter la « civilisation » à des peuples non organisés en nations et vivant relativement misérablement, se sont traduites en asservissement de main d’œuvre et en recrutement de combattants pour les conflits européens, et surtout en exploitation des ressources naturelles immenses du continent.

Administrativement et géographiquement, cela se traduira par la délimitation artificielle, parfois absurde, des territoires et à leurs appellations plusieurs fois modifiées depuis. C’est ainsi que, sur le Golfe de Guinée, les États sont découpés verticalement, offrant à chacun une zone côtière, une zone de forêts, la savane puis le désert, comme c’est le cas pour la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin, entre la Sierra Leone et le Nigéria. Alors que l’on sait que les ethnies qui peuplent ces territoires sont établies depuis la nuit des temps selon des strates géographiques horizontales, entre l’océan et le désert.

Mais le devenir des peuples n’était sans doute pas la première préoccupation des colonisateurs qui, au demeurant, n’étaient pas sans connaître les luttes tribales incessantes qui divisaient les peuples colonisés, à raison de leurs coutumes, de leurs origines ethniques et de leurs croyances religieuses.

Les objectifs des pays européens étaient financiers. Trouver des ressources, les exploiter au meilleur prix et les rapatrier au-delà des mers. On sait que les pays d’Afrique subsaharienne étaient (et sont encore, au moins pour quelques temps), riches en ressources pétrolières et minières, dont ils ne savaient pas pleinement tirer profit. Mais cette question des hydrocarbures, sans doute centrale dès le début du XXème siècle, avec l’essor industriel, le développement de l’automobile et les besoins apparemment sans imites de ceux qui n’ont pas hésité à gaspiller les ressources en énergie pour le bien-être occidental et à œuvrer sans conscience à la destruction des équilibres écologiques mondiaux, et à l’émergence prochaine de catastrophes climatiques.

L’Afrique est démesurément riche en ressources naturelles. Cette richesse concerne plus de 30 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz. S’agissant des minerais que l’on trouve dans ses sols, leurs réserves constituent déjà une large part des recettes des États dans les différentes parties du continent. Une meilleure exploitation de ces ressources pourrait encore mieux profiter aux États concernés et c’est le cas, par exemple, pour le pétrole et de gaz en Ouganda et en Tanzanie ou pour le cobalt en République démocratique du Congo.

« Si les pays d’Afrique subsaharienne pouvaient combler les lacunes dans la mise en œuvre et pleinement appliquer leur propre réglementation, ils pourraient tirer des revenus plus importants de leurs ressources naturelles. Ils pourraient également mieux lutter contre les incidences négatives sur le plan humain et environnemental des activités d’extraction », explique Evelyne Tsagué, codirectrice pour l’Afrique au sein du Natural Resource Governance Institute (NRGI).

En réalité, dans de nombreux pays africains, se pose la question de la sécurité juridique des gouvernements mis en place, de la fiabilité des institutions face au développement des activités économiques, et des échanges financiers avec leurs clients, notamment avec les pays dont ils ont été autrefois les colonies. La gestion des exploitations des matières premières a souvent été confiées à des entreprises multinationales qui exerçaient depuis toujours dans le pays, et les marchés d’attribution de concession ne sont pas toujours rédigés dans l’intérêt des pays concessionnaires qui ont souvent assumé les coûts de fonctionnement sur des lignes de dépenses publiques.

Or les cycles d’expansion et de ralentissement du marché des matières premières ont alimenté parfois de façon incontrôlée ces dépenses publiques ce qui a entraîné des déficits budgétaires et une importante dette publique. Lorsque les pays qui disposent pourtant de règles fiscales visant à stabiliser les finances publiques, ne les appliquent pas, la question se pose de savoir si le gouvernement a fait les bons choix.

Selon les experts du NRGI, l’Afrique doit faire évoluer sa gouvernance des entreprises minières et pétrolières qui gèrent des milliards de dollars de recettes provenant des ressources naturelles dans des pays tels que l’Angola, le Gabon et le Nigéria, en renforçant les capacités de surveillance indépendante et la responsabilisation des institutions gouvernementales des pays concernés. Selon Evelyne Tsagué, « lorsqu’elles sont bien gérées, les ressources naturelles peuvent être un moteur de croissance économique ».

Plus largement, ce qui est remarqué, dans cette histoire finalement vieille de seulement deux à trois siècles, c’est que l’Afrique, multiforme et morcelée, doit faire face, selon les pays qui la constituent, à des enjeux de développement énormes et souvent identiques. Mais elle doit tenir compte dans sa volonté d’assumer les héritages qui sont les siens. Certains leur viennent de leurs coutumes et de leurs traditions, certains autres leur ont été laissés par leurs anciens colonisateurs. Et comme rien n’est aussi simple, elle doit faire face à la nature humaine et à l’état de la planète et des événements du monde, guerre, crise sanitaire, crise climatique.

En se imitant rapidement à l’exemple français, on ne peut passer sous silence la question de la politique africaine de notre pays, et évoquer cette « Françafrique », généralement connotée péjorativement, et qui désigne la relation qualifiée de néocoloniale existant entre la France et ces anciennes colonies, tant en Afrique subsaharienne qu’en Afrique occidentale et équatoriale. Sans entrer dans des débats qui ont relancé, voilà quelques années, l’existence de réseaux extra-diplomatiques, on imagine que certains lobbies pouvaient agir directement dans les affaires intérieures de quelques anciennes colonies, en bénéficiant de l’éventuelle complicité d’une partie des élites locales.

Le continent est riche aussi de ses personnalités. Certaines sont connues, chefs d’entreprises, dirigeants politiques, pour les valeurs qu’ils portent, pour le développement auquel ils ont contribué depuis des décennies, et désormais contrairement à un certain nombre d’idées reçues, l’Afrique multiforme et aux facettes multiples, est en plein développement intellectuel, politique et économique, comme en témoignent les articles de l’hebdomadaire Jeune Afrique !

Premier magazine panafricain par sa diffusion et son audience, ce media constitue la source de référence en Afrique francophone. Longtemps publié chaque semaine, il est désormais diffusé mensuellement, mais paraît au quotidien via son site web. Le continent est également riche par ses ressources et il est primordial que ses habitants puissent en vivre plutôt que de chercher à l’étranger un bonheur qui n’existe finalement pas.

Des projets d’avenir pour l’Afrique, comme un nouvel Eldorado

Depuis le milieu du XXème siècle, les choses évoluent, lentement cependant, et il faudrait beaucoup de bonnes volontés pour sortir cette Afrique multiforme de son désordre et lui rendre sa grandeur d’antan et son indépendance réelle.

Mes propos introductifs rappelaient les vagues d’immigration de jeunes africains qui prennent tous les risques, y compris celui de mourir ! Afin de « passer » la méditerranée sur de fragiles embarcations, ils décident de fuir leurs pays sous de nombreux prétextes, parfois les guerres, le plus souvent la famine, et tout simplement la misère et espèrent trouver un eldorado en Europe où ils ne trouvent qu’une autre misère et un déracinement. Les pays européens ne savent plus comment dissuader ces candidats au départ ou comment les accueillir dans leur détresse. En réalité, les sommes dépensées, voire dilapidées, pour traiter la question (Frontex et autres) seraient mieux investies si elles étaient consacrées au développement économique et écologique de leurs pays d’origine.

Les pays occidentaux qui ont largement profité des ressources africaines doivent maintenant (et certains le font) aider au développement des pays africains, selon au moins trois axes, la lutte pour l’eau et contre la famine, le développement raisonnable de l’économie, la stabilité politique et la lutte contre le terrorisme.

Récemment de nombreux pays riches de leurs réserves de pétrole se lancent dans des projets que l’on pourrait qualifier de pharaoniques, bien qu’ils ne voient pas le jour sur le sol africain, et qu’ils sont plutôt la marque de la folie et de la démesure humaine si caractéristique de notre époque, le Mondial de football au Qatar et les jeux asiatiques d’hiver en Arabie Saoudite.

À l’inverse de ces projets dantesques, voire absurdes, à la grande question concernant l’écologie, et l’avenir de la planète face au manque d’eau et à la désertification, l’Afrique raisonnable fait avancer depuis des années un projet ambitieux en construisant une grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, communément appelée « Grande muraille verte ».

Cette initiative phare de l’Union africaine est destinée à lutter contre les aléas du changement climatique et la désertification des sols en Afrique, se matérialise par une barrière végétale de 8.000 km destinée à freiner l’avancée du Sahara. Le projet a débuté il y a plus de 10 ans, et réalisé aujourd’hui à hauteur de 15 % de la distance attendue. C’est le cas au Sénégal où 12 millions d’arbres résistant à la chaleur ont été plantés, en Éthiopie ou au Niger où des millions d’hectares ont été remis en culture et sauvés de la désertification, ce qui a augmenté la production agricole, notamment de céréales.

Il faut savoir que chaque année le désert dévore 2 millions d’hectare de forêt et de savane, ce qui provoque l’exode massive de millions d’habitants. Ce projet qui créera des millions d’emplois pourrait être achevé pour 2030, tout en ayant un impact écologique très positif sur l’élimination naturelle de millions de tonnes de carbone. Avec le temps, l’idée initiale de planter un mur d’arbres créant une frontière depuis l’ouest du continent jusqu’à son bord le plus à l’est dans le désert africain destinée à faire barrage à l’avancée du désert, la vision de la Grande muraille verte s’est peu à peu transformée en une mosaïque d’interventions locales destinées à relever les défis auxquels sont confrontées les populations des zones désertiques.

 Créé pour aider et mieux programmer le développement rural, « l’objectif global de ce partenariat sous-régional est de renforcer la résilience des populations et des systèmes naturels de la région grâce à une gestion rationnelle des écosystèmes, à la protection du patrimoine rural et à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales ».

Il est un fait, qu’en accompagnant les populations des zones rurales, et en les aidant à améliorer leur niveau de vie, la Grande muraille verte apporte des réponses multiples et adaptées aux effets combinés de la dégradation constante des ressources naturelles et de la sécheresse qui connait depuis plusieurs décennies des épisodes de plus en plus longs et dévastateurs. Ce projet de l’Union Africaine est fondé sur des partenariats locaux et internationaux qui viennent en soutien des communautés locales dans la gestion et l’utilisation durable des forêts, des pâturages et de l’ensemble des ressources naturelles dans les terres arides. La Grande muraille verte contribuera de toute évidence à rendre plus supportable les effets du changement climatique, voire à l’atténuer et à l’adapter aux besoins vitaux d’amélioration de la sécurité alimentaire des populations locales.

En 2013, le gouvernement français de l’époque avait confié une mission à Lionel Zinsou (ancien 1er ministre du Bénin et candidat malheureux à la Présidence de ce pays) et Hubert Védrines (ancien ministre des Affaires Étrangères de la France), laquelle a donné lieu à la rédaction d’un rapport présentant l’idée d’un partenariat pour l’avenir contenant 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Le principe de base de ces propositions était d’inverser la tendance actuelle des relations France-Afrique, en définissant des initiatives nouvelles pour ce continent qui entame son émergence économique et se trouve être désormais un lieu de compétition mondiale croissante où la France perd son rôle traditionnel, et des parts de marché.

Selon ce rapport, les atouts dont dispose la France sont nombreux. Elle peut beaucoup apporter au continent africain, et ce qu’elle peut en retirer apparaît considérable. Il faut pour cela que les dirigeants français facilite la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique et assure la formation des élites par une coopération universitaire et des échanges intellectuels orientés vers l’objectif du développement. D’autres propositions concernent le soutien au financement des infrastructures, une contribution au renforcement des capacités de financement de l’économie africaine comprenant une réelle intervention de l’union européenne. Il convient, parallèlement, de susciter des alliances industrielles franco-africaines dans des secteurs clés pour les économies française et africaine, tout en faisant la promotion de l’économie responsable et l’engagement sociétal des entreprises.

Politiquement, il faut accompagner l’intégration régionale de l’Afrique, en renforçant l’influence de la France sur le continent par une présence accrue dans le domaine économique, ce qui implique d’intensifier le dialogue économique entre les pays concernés. Dans le domaine purement économique, il faut favoriser l’investissement des entreprises françaises en Afrique, mais, en réponse, faire de la France un espace d’accueil favorable aux investissements financiers, industriels, commerciaux et culturels africains.

Pour conclure, le rapport Zinsou-Védrines propose de créer une fondation publique-privée franco-africaine qui pourrait être le catalyseur du renouveau de la relation économique entre la France et l’Afrique. Réalisé à la demande du ministre de l’Economie et des Finances français, Pierre Moscovici, ce rapport a été rendu public en décembre 2013, dans le cadre de la conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France, organisée en marge du Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique.

Les 15 propositions avancées dans ce rapport se répartissent en deux parties, la première ayant pour objectif d’établir un « agenda économique partagé au service d’une croissance africaine et française » et la seconde, de renforcer la position de « la France aux côtés d’une Afrique subsaharienne en marche », en activant l’ensemble des leviers politiques, financiers et économiques dont dispose l’Hexagone.

La remobilisation et l’activation des atouts de la France aux côtés de l’Afrique subsaharienne sont des outils qui, tenant compte de la réussite locale des entreprises chinoises aux stratégies plus agressives, veulent combattre cette mainmise de la Chine sur des territoires historiquement proche de la France. On sait que la Chine a vu sa part de marché en Afrique passer de moins de 2% en 1990 à 16% en 2011, alors que, dans les années 2000, le rôle de la France déclinait largement.

Un Eldorado réel et non rêvé !

Le continent africain bénéficie d’une couverture digitale relativement disparate et la situation est assez aléatoire, selon que le consommateur se trouve dans une grande ville ou dans des zones plus reculées de la savane ou de la forêt, voire dans les zones désertiques. Et pourtant les jeunes africains sont de gros consommateurs de téléphonie. Qui dit « téléphonie », dit « accès aux medias ».

L’économie du digital se développe en Afrique en s’adaptant aux spécificités locales, elle propose des innovations propres au continent. Les réseaux mobiles sont en très forte progression, ce qui contribue au déploiement de la téléphonie à haut débit et suscite actuellement la création d’une multitude de start-up qui innovent de manière dynamique dans ce domaine. C’est donc une Afrique de la jeunesse qui se modernise à grande vitesse en développant des usages inédits et en découvrant des solutions du quotidien totalement révolutionnaires. La croissance du marché global de la téléphonie mobile y est en augmentation de près de 5 %, trimestre sur trimestre, dans les dernières années, une croissance largement liée à la progression des smartphones chinois, selon les statistiques publiées par International Data Corporation (IDC), avec les marques du groupe chinois Transsion qui ont pris une part de marché cumulée de 48,2 %.

Les marques les plus connues du monde occidental sont loin derrière avec des parts unitaires de 16,1% et 6,4%. Le taux de pénétration de la téléphonie était inférieur à 3 % à la fin des années 1990. Aujourd’hui l’Afrique compte 850 millions d’abonnés à la téléphonie mobile. En tablant sur ses possibles et nombreuses déclinaisons, le digital africain, fondé sur l’utilisation large de la téléphonie, permettra de pallier les insuffisances des réseaux physiques et des infrastructures pour donner accès à des services attendus par les consommateurs, par exemple en matière de santé, d’éducation et d’inclusion financière.

De nombreuses start-up africaines travaillent sur des applications qui ne se limitent pas à ces usages rudimentaires, comme la possibilité d’aider les entreprises à réaliser et recevoir des transferts d’argent en temps réel. Mais l’économie locale manque encore de force pour accéder au plus haut niveau. Il faudrait que les start-ups qui font du développement puissent gagner en taille, lever des fonds et accéder à des technologies qui leur échappent encore. Elles auront beaucoup de mal à s’en sortir seule, et c’est là que les entrepreneurs français font défaut. L’Afrique digitale a besoin du soutien de ses plus vieux alliés qui doivent saisir l’occasion pour passer de l’époque coloniale à la participation active dénuée du sentiment de repentance.

Pour l’Afrique, le défi des prochaines années sera d’accéder à la maturité digitale. L’appétence des populations pour les smartphones est flagrante. Mais il revient aussi aux administrations, aux banques, aux entreprises de télécoms de se déployer sur les canaux mobiles. Mais en fait, la réglementation ne suit pas, et les usagers n’ont pas encore compris tous les besoins qu’ils pourraient satisfaire, pour qu’il y ait, notamment dans les domaines des démarches administratives et des paiements par smartphone, des innovations majeures qui révolutionnent le paysage. Questions auxquelles il faut rajouter l’énorme disparité entre les mondes urbains et ruraux.

Dans le monde des médias, il faut également citer le développement local des sociétés de télédiffusion par des entreprises françaises qui travaillent avec un certain nombre de pays africains amis, comme le Gabon, la RDC, le Congo, le Mali, la Côte d’Ivoire, et la plupart des pays membres de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

Des protocoles ont ainsi été signés avec les instances gouvernementales des différents pays concernés, afin de déterminer les conditions dans lesquelles peut être assurée la commercialisation de bouquets de chaînes, sur le territoire concerné et par l’intermédiaire de distributeurs agréées. La télédiffusion est généralement réalisée à partir d’émetteurs situés hors du territoire concerné, les programmes préparés en amont étant encodés et cryptés, transmis alors vers un satellite avant d’être retransmis sur les décodeurs des abonnés.

Bien d’autres développements existe dans le cadre du monde digital africain. Mais l’Afrique est aussi en mesure désormais de tirer des revenus de ses propres ressources naturelles, autres que les hydrocarbures et les minerais.

En matière de valorisation des ressources naturelles, on peut citer les projets qui intéressent la région du port d’Oyo-Ollombo, sur la vallée du fleuve Alima, affluent du Congo et le projet mené par des investisseurs privés, locaux et israéliens, à la demande des plus hautes autorités. Dans cette région de hautes forêts, il s’agit, bien évidemment, de développer les activités forestières et ses dérivés industriels. Les Français en sont absents, ce qui est particulièrement dommage, car qui mieux que les forestiers français, pourrait mener à bien de tels investissements technologiques dans des partenariats passés avec des investisseurs locaux, sur des territoires connus et familiers.

Car les initiateurs de cette opération la voient comme une alliance entre un développement économique intelligent et financièrement rentable, dans une région spécialisée dans l’industrie du bois, et le partage des savoirs faires et des techniques. Mais bien plus, ils ont un objectif plus humain, avec une répartition équitable avec les décideurs locaux, celui de favoriser l’accès des populations locales à des emplois stables et de leur assurer de meilleures conditions de travail. Dans cette ancienne région de l’Afrique équatoriale et tropicale française, le potentiel de croissance de l’économie du bois est immense. Pour être forte, durable et profitable à l’ensemble des acteurs économiques et des citoyens, ces actions devront reposer sur des investissements créateurs d’emplois dans plusieurs domaines, l’industrie elle-même, abattage et sciage, les activités tertiaires, stockage et transport et les innovations technologiques.

Une usine et des infrastructures annexes sont en construction dans le cadre d’une concession forestière déjà attribuée dans le bassin de l’Alima et d’autres sont en voie de négociations. La région va donc disposer dès le 1er trimestre 2023 d’un outil moderne sur un premier site, en espérant être ainsi, en compagnie des différents acteurs publics et privés, le déclencheur d’une activité économique renouvelée de la région. De nombreuses entreprises locales et étrangères envisagent d’ores et déjà d’adhérer à ce projet et de s’installer dans la zone économique libre du port d’Oyo, une fois toutes les conditions du succès réunies.

Je pose à nouveau la question : où sont les entrepreneurs français ? Car les effets immédiats seront assurément nombreux ! Création d’emplois et d’activité en lien avec la transformation du bois, création d’axes de transport, revalorisation de la zone portuaire dont l’activité permettra d’irriguer les départements congolais du Plateau et de La Cuvette.

Il s’agit là d’un projet dont l’exemple est choisi parmi tant d’autres, mais il montre que les partenariats franco-africains pourraient être une réalité moderne, totalement détachée des anciennes relations colonialistes des siècles passés. Il est donc vraiment temps que les entrepreneurs français  reprennent leur place historique auprès des entrepreneurs africains pour nouer des relations économiques avantageuses pour tous, dans un cadre administratif notamment facilité par une langue commune et des institutions similaires. A défaut, d’autres investisseurs venus d’Asie, de Russie ou du Moyen Orient, sont prêts à développer des partenariats laissés en « jachère ».

Dans les années soixante, le voyageur français traversant les pays du Golfe de Guinée, découvrait avec surprise que le moindre restaurant était tenu par des libanais. C’était une époque faste où Beyrouth était une sorte de paradis de la méditerranée orientale. Mais le même voyageur constatait aussi que tous les autres commerces, de quelque nature qu’ils soient, étaient tenus par des chinois. Ce constat paraissait amusant au voyageur français qui connaissait les restaurants chinois du quartier latin ! Mais aujourd’hui, ce ne sont plus des petits commerces que tiennent les chinois installés en Afrique, mais d’importantes entreprises d’import-export. Et si je prenais, dans mon développement précédent, l’exemple de l’industrie du bois, c’est à juste titre, puisqu’actuellement, y compris dans les forêts de l’hexagone, les entreprises chinoises achètent des quantités quasiment incommensurables de billes de bois, en France essentiellement du chêne, et en Afrique des essences tropicales nobles comme de l’Acajou, de l’Iroko, de l’Okoumé ou du Teck.

Exemples qui me paraissent justifier que les entrepreneurs français retrouvent le goût d’entreprendre en Afrique, avec un souci de partage. L’Afrique est bien un Eldorado, pour les africains, mais il faut les aider à défendre leur patrimoine, à protéger leurs ressources et à lutter contre la désertification !

Mais quand on parle d’entrepreneuriat en Afrique, force est de relever qu’il faut également une action gouvernementale de soutien ! Et le constat est désespérément sans appel. La France n’a pas de politique africaine ! L’Afrique, particulièrement francophone, peut être un vrai levier de croissance, mais pour cela, il faut construire de vraies passerelles entre les continents, entre les pays, entre les peuples ! Mais pour cela, il faut connaitre ce continent..Il y a des personnalités, comme le Député Bruno FUCHS, qui ont une vraie relation  avec l’Afrique, donnons leur les moyens d’aider la France à reconquérir le cœur des Africains..

En effet,là où elle devrait être la plus présente, c’est-à-dire auprès des peuples qu’elle connait si bien, la France n’agit plus ! Pour quelles raisons obscures ? Pour expier quels péchés anciens liés à la colonisation ? Il serait temps de réécrire une nouvelle histoire !

La France gère les problèmes liés aux migrations déjà évoquées en introduction, elle dépense des sommes importantes pour endiguer les mouvements de population en provenance de ces pays,et les soutenir dans leur désolation ! Elle devrait, par une politique proactive et partenariale avec les pays d’origine de ces candidats à l’exil, contribuer au développement économique de l’Afrique, à la création de valeur, et au maintien des populations dans des pays devenus prospères et pouvant offrir des emplois.

Cette politique aurait d’ailleurs un intérêt plus global et planétaire, contribuer, comme dans l’exemple de la Grande muraille verte, regagner des territoires sur le désert qui gagne l’Afrique suite à la mauvaise gestion des zones cultivées, retrouver les ressources en eau qui existe, comme le prouvent divers projets de création de puits ou d’installation de pompes.

La guerre écologique contre le réchauffement climatique passe aussi, et peut-être prioritairement, par l’Afrique !

Que nos dirigeants aient enfin une vision à moyen long terme et non sur le calendrier électoral..A défaut, ils laissent place à des discours haineux et sans consistance, portés par des démagogues sans envergure.

Bernard Chaussegros

1 COMMENTAIRE

  1. URGENT

    فندق 5 نجوم في مراكش
    يسجن السياح الأجانب لإجبارهم على دفع فدية

    Prise d’otage de deux touristes par l’hôtel kenzi Rose Garden à Marrakech ancien Kenzi Farah.

    Le groupe Kenzi hôtels compte dix hôtels au Maroc gérés par Monsieur Abdellatif Khabbaj de manières douteuses !
    Que fait le Maroc&ONMT&Le ministère des affaires étrangères& la fondation Mohammed V.! La ministre de tourisme
    Madame Ammor est inaccessible, depuis trois ans je la contacte. Je suis Marocaine et j habite en Suisse ! C’est  inadmissible.

    J ‘ai été prise en otage avec ma mère par l’hôtel kenzi Rose Garden à Marrakech.
    Comment investir au Maroc ou le recommander à des investisseurs ? Je suis investisseur, vous faites fuir les investisseurs étrangers.

    Le Maroc abrite des congrès, les participants logent dans des hôtels 5*, qui n’offrent plus la sécurité. Le tourisme culturel paie pour le tourisme d hébergement !

    Les investisseurs étrangers& Les MRE sont inquiets leurs coordonnées se font volés par certains hôtels 5* au Maroc pour les menacer, voler …J’étais une habituée de cet hôtel de 2014 à  2016  j’ai passé 4 séjours il y avait un directeur général Français Monsieur René Baida honnête l hôtel était bien, lui comme le personnel avant ma signature professionnelle, je n ai jamais été arnaqué mais 2019 lors de mon 5ème séjour un Marocain a repris la direction générale Monsieur Mahfoud et j’étais volée, menacée ..Le Marocain m’a volée.

    Le Maroc représente une presse corrompue, inaccessible malhonnête, des journalistes m’ ont demandé l argent pour publier l incident dessous, d autres ont pris mes preuves et ont disparu  le reste ne publie pas

    Le personnel a fait des dégâts dans ma chambre pendant que j’étais au restaurant. Et m’a demandé de les payer uniquement en monnaie Marocaine ou chèque Marocain! Pour les parts entre le personnel. Je précise que le directeur général Monsieur Mahfoud Filali c’est lui qui a négocié la rançon fixée à 10 000 dirhams négocié à  3500 dirhams c’est ce que j’étais obligée de payer.

    Monsieur Imad le directeur de l’hébergement m’a informée que je n’aurai pas mon chek out et que la police va arriver, sans me dire pourquoi !
    Pour me faire peur, c’est après que il m’a parlé de dégâts.

    La police n’est jamais arrivée alors que l hôtel est à cinq minutes du poste de police!! Alors que j’étais retenue trois heures à  l’hôtel sachant que j’ai de graves problèmes de santé.

    J’avais payé mon séjour par carte de crédit depuis la Suisse avant de venir, donc l hôtel a le numéro de ma carte de crédit durant le séjour, il devait l’utiliser si j’avais fait des dégâts! Ma carte de crédit ne l’intéressait pas et laisse des traces d’où sa demande que je payes en monnaie ou chèque Marocains, sachant que je j’habite en Suisse et je n’ai pas de compte  bancaire au Maroc ni le droit de passer la douane Marocaine avec la monnaie Marocaine. C’est ma mère qui habite au Maroc qui a payé pour moi.
    Le gérant du groupe kenzi hôtels Monsieur Abdellatif Khabbaj ancien président de la confédération nationale du tourisme! Il a menacé ma famille au Maroc en envoyant deux hommes à leur domicile, leur résidence est équipée de caméras! Alors que j’habite en Suisse! Pour m’empêcher de publier!!

    Monsieur Khabbaj m’a contactée une année après, il a reconnu la prise d’otage et l’arnaque  il m’a remboursée 3500 dirhams sur le compte bancaire de ma mère, le reçu est à  ma possession et disposition,  Il a refusé de payer les dommages, j’étais humiliée devant ma famille, ma santé s’est dégradée après  l’incident- j’ai deux certificats médicaux

    Il a les faveurs de Madame Nadia Fettah ancienne ministre du tourisme,  c’est à l’hôtel kenzi Rose Garden où elle organisait ses soirées de tourisme- voir Facebook de l’hôtel/ Février 2020- Ailleurs aussi dans la presse ses photos dans cet hôtel !

    Le All Inclusive sous la direction générale de Monsieur Mahfoud Filali se limite à la viande hachée Merguez&Dinde, petit sole comme poisson, pas de bananes, pain et croissants de la veille, parfois des steacks impossible à mâcher du bon marché d’après un des anciens cuisinier de l’hôtel. J’ai paye CHF 2700 le séjour. Les touristes ont fait des scandales au restaurant pour demander un tajine de viande, ils n’ont jamais eu! De quoi faire fuir les touristes.
    Dans les chambres il y a uniquement des douches plus de baignoires après
    les travaux, l’eau déborde du bassin jusqu’à la chambre, voir photos dans l’article de presse&Et sur TripAdvisor
    et j’en ai plus à  la demande.

    Après ma réservation j’ai payé la totalité par carte de crédit, le personnel était très désagréable Après le changement de la direction générale qui me connaissait bien étant une habituée depuis 2016, alors j’avais fait une annulation de ma réservation dans les temps fin octobre 2019, j’avais droit de la faire jusqu’au 9 novembre 2019 par email à  la réception au nouveau directeur général marocain à  son nom par un courrier recommandé, personne ne m’a répondu, aucun respect à  la loi, l’hôtel m’a forcé à séjourner dans cet hôtel ! Si ce n est pas un abus de pouvoir, c’est l’arnaque en plus !

    Aucune autorité Marocaine n’a répondu

    J’ai écris à  la présidence du ministère public à Rabat qui m’a informée que le dossier a été transféré au tribunal de première instance à Marrakech à plus
    de nouvelles depuis une année..

    Le gérant du groupe kenzi hôtels Monsieur Abdellatif Khabbaj a reconnu la prise d’otage par écrit lui et son directeur juridique j’ai les échanges de emails comme preuves.
    C’est national, à  Tanger le consulat de Belgique m’a contactée pour des cas similaires de prises d’otages !
    J’ai plus de preuves sur email.
    Le directeur général a demandé à  son photographe européen de me prendre en photo à  la réception sans demander ma permission, je l ai vu et j ai demandé au photographe de supprimer impoli il m a mal parlé, je ne sais pas si il a effacé mes photos.
    Prenez des photos et des vidéos de votre chambre d’hôtel avant le check out
    LES GENS ET TRANSMETTRE LE DOSSIER AU PALAIS ROYAL MAROC.

    J’ai pris la décision de ne plus rentrer au Maroc depuis l’incident, donc je ne porterai pas de plainte physique. Je ne me sens plus en confiance au Maroc.

    https://fr.tripadvisor.ch/ShowUserReviews-g293734-d304468-r747761762-Kenzi_Rose_Garden-Marrakech_Marrakech_Safi.html?m=19905

    https: agencedepressepanafricaine.com/maroc-arnaque-de-touristes-lhotel-kenzi-rose-garden-a-lindex

    https://croissanceafrique.com/maroc-anarque-a-ciel-ouvert-a-lhotel-kenzi-rose-garden-une-prise-dotage-a-lindex/

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