La fin du vélo ?

par Emmanuel Jaffelin, motard et cycliste, philosophe et sage, auteur des Célébrations du Bonheur (Michel Lafon, 2021)

Tribune. Le terme de « fin » est ambigu puisqu’il désigne le « but » et le « terme » d’un objet ou d’une action.
Disons que le but du vélo est apparemment évident puisqu’il s’agit d’un véhicule qui permet à une personne (au moins) de se déplacer mécaniquement et musculairement : des pédales, une chaîne et deux roues sollicitent les muscles d’une personne qui doit appuyer sur lesdites pédales pour avancer. Passer de la marche ou de la course à pieds au vélo permet d’aller plus vite et plus loin via un moindre effort musculaire.

Alors que penser du vélo dit « électrique » ?

Au moins une anecdote : alors que je pédalais comme un fou dans la côte d’une piste « cyclable », debout dans une position de « danseuse » sur mon V.T.T, je me suis fait rapidement doubler par une femme qui était tranquillement assise sur un vélo électrique et qui… ne pédalait pas (du tout ;  pas même pour faire croire à ceux qu’elle doublait ou croisait qu’elle « faisait » du vélo ! En fait, elle ne «faisait» rien: elle était assise sur le supposé vélo!).

Dès lors, appelons une chose «une chose», un vélo «un vélo» et du vélo dit «électrique», comprenons qu’il est le préliminaire de la mort du vélo!

Supposons, lect-rice/eur ou cycliste, que les enfants d’aujourd’hui apprennent à faire du vélo avec le vélo électrique. Il est aisé de penser, écolo comme ils sont, qu’ils apprendront à leurs enfants à aimer circuler essentiellement avec ce type de véhicule.

Imaginons, ensuite, qu’il  y ait, dans quelques temps, une panne durable d’électricité dans le pays de ses écolo-cyclistes[1]. Il va de soi, contrairement à ce que beaucoup croient aujourd’hui, qu’ils laisseront tomber leur vélo! Ils redécouvriront la marche ou préféreront utiliser les trottinettes. Bref, l’idée selon laquelle le vélo électrique serait d’abord un vélo, ensuite équipé d’un atout demandant au cycliste moins d’effort, s’avère une idée aussi fausse que le vélo solex avec lequel l’utilisateur pouvait continuer de rouler s’il n’avait plus d’essence, en se mettant à pédaler sur le plat ou en descente, mais non pour monter une côte à 8%! les gens ont d’ailleurs très vite arrêter d’appeler vélo Solex[2] leur véhicule, préférant le désigner par son originalité en l’appelant «le Solex» ou «Mon Solex».

Le jour où les electro cyclistes appelleront leur véhicule « mon électro » sera un jour du début de la fin de l’ère du vélo.

Moralité: le but du vélo électrique conduit donc à son terme. Rouler en pédalant moins signifie que le vélo déraille ou crève!


[1]– qui ne sont pas si écolos qu’ils le croient puisqu’en France, les batteries de ces supposés vélos sont rechargées grâce aux centrales nucléaires !

[2]– Le vélo Solex apparut en 1946 et dura jusqu’en 1966 avec son galet d’entrainement sur la roue avant.L’’entreprise Cible racheta Solex en 2004 et créa en 2006 un nouveau solex électrique ou cyclo-moteur électrique assisté d’un moteur qui entraîne la roue avant, nouveau vélo électrique qu’elle appelle « Millenium » ou e-solex ! Le Solex s’appelait déjà à la fin des années 40 « une bicyclette qui roule toute seule » , ce qui était déjà un mensonge !

Emmanuel Jaffelin

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