Kippit ou « Garde-le », voici l’électroménager du futur et la motivation principale de la création de cette entreprise. Ces équipements durables 100% réparables fabriqués en France avec des produits recyclables ou recyclés constituent une réponse aux préoccupations contemporaines.

Kareen Maya Levy, licenciée en économie et de l’ISC Business School, et Jacques Vaudinet, diplômé en histoire à Paris Nanterre sont des entrepreneurs, ils l’avaient déjà prouvé en créant en 2003 l’institut de sondage Kheolia. Une entreprise florissante et vendue en 2018, basée à Paris et Toulouse. Elle s’est spécialisée dans les études de satisfaction au niveau européen en particulier dans les secteurs du tourisme et des espaces de loisirs.

C’est une anecdote typique d’une idée qui jaillit, Kareen Maya Levy en a eu assez un jour devant la panne du lave-linge familial, juste après la garantie, l’obligeant à en rachetant un autre. Ni une, ni deux, elle en discute avec son associé et demande aux étudiants des Arts et Métiers de Toulouse de fabriquer un prototype durable et réparable. C’est ainsi que nait le projet, et que les associés vendent Kheolia. Rachetée par Qualimétrie, cela permet aux deux entrepreneurs de réinvestir pour une nouvelle aventure.

TOUT A COMMENCÉ PAR UNE BOUILLOIRE

C’est une bouilloire multifonctions réparable et garantie cinq ans qui marqua le lancement de la société. Elle fait bouillir l’eau, fait office de chauffe-biberon, mais permet aussi la cuisson vapeur ou le réchauffage.

Ce premier pas a été suivi d’autres pour la gamme avec des projets de grille-pain et lave-linge, tous made in France. Le premier produit, la fameuse bouilloire Jaren, a été lancé sur Ulule avec un objectif raisonnable de 10 000 euros en 2020. Les précommandes ont dépassé les espérances des fondateurs en explosant tous les plafonds à +2456%. Soit 245 688 euros. Un vrai succès commercial pour une offre qui répondait bien évidemment à une at-tente. Encore faut-il que tout se déroule bien ensuite au niveau de la fabrication à venir.

UNE BELLE HISTOIRE

Les deux entrepreneurs n’en sont pas à leur première expérience de création d’entreprises. Mais il y a une grande différence entre se lancer dans le service et mettre au point une fabrication industrielle. En dépit de la volonté de ses créateurs, Kippit ne peut offrir du 100% français, certaines pièces n’étant plus fabriquées qu’en Chine, mais tout ce qui peut l’être est fait dans notre pays.

Cette perte des savoir-faire français en matière d’industrialisation est présente dans de très nombreuses filières. Le bât a blessé fin d’année dernière lorsque les premières bouilloires n’ont pu être livrées du fait de plusieurs retards dans la production d’une pièce en inox et de difficultés d’approvisionnement. Pour donner une idée de lé situation, Jacques Ravinet a évoqué le fait d’avoir contacté plus d’une centaine de fabricants d’inox, or aucun industriel français n’est à même aujourd’hui de souder sur de l’inox, sauf une entité en Savoie. Sauf que l’assemblage doit ensuite se faire ailleurs, impliquant de nouveaux délais.

Les projets prennent donc du retard et Kippit doit rapidement trouver de l’argent frais. L’entreprise a de ce fait été placée en mai dernier sous la protection du tribunal de Commerce de Toulouse pour lui donner le temps de trouver une solution et présenter un plan de continuation.

Une situation bien connue de nombreuses jeunes pousses pour qui livrer le plus tôt possible pour générer du chiffre d’affaires est vital. Des solutions sont d’ores et déjà en train d’être mises en place afin d’honorer les com-mandes et d’avancer sur les projets de nouveaux produits. Un atelier toulousain voit le jour afin de pouvoir passer à la vitesse supérieure en termes de production avec un objectif de 20 000 bouilloires d’ici deux ans. De plus, l’un des sous-traitants doit entrer au capital d’ici peu ce qui aidera également à la conception du nouveau grille-pain, prévu pour l’an prochain. Ce produit sera également multifonctions, apte à faire des gaufres, crêpes, raclette, et même griller de la viande.

L’ARIÈGE, TERRE PROMISE ?

Troisième pilier de l’offre en construction, un lave-linge garanti cinq ans, réparable à vie et made in France. Les fondateurs de Kippit, établis à Toulouse ont décidé de franchir un pas supplémentaire dans le développement de leur dernier bébé en achetant un terrain en Ariège pour y construire une usine dans laquelle seront fabriqués les lave-linge Kippit en 2025. Pour ce faire, il faudra trouver l’argent nécessaire à cet investissement qui se monte au total à 5 millions d’euros, permettant du coup à l’entreprise de passer à une cinquantaine de salariés.

Les fondateurs ont mobilisé tous les moyens pour que ce projet durable et local voit le jour, avec l’assistance du département, de la région, du plan France Relance et même des Kippers, une centaine de particuliers enthousiastes qui sont allés jusqu’à créer une société d’investissement qui a rassemblé 250 000 euros pour aider le projet. Tant de bonnes volontés réunies ne peuvent faillir.

L’OPTIMISME, QUALITÉ CARDINALE DE L’ENTREPRENEUR

Les premières bouilloires ont été livrées et les fondateurs poursuivent leur rêve de poursuivre l’aventure d’une renaissance industrielle et sociale, il va leur falloir faire preuve de persévérance pendant la période de mise sous protection. Trouver un investisseur est évidemment une solution, la somme minimale à ras-sembler dans un premier temps est de 700 000 euros.

Preuve que l’offre de Kippit est totale-ment adaptée au marché, alors même que la société était mise sous protection, elle recevait le prix « Coup de cœur du public », à l’occasion d’un concours des créateurs organisé par Monoprix et Ulule devant 460 autres candidats et suite aux votes de près de 45 000 votants. C’est le client qui indique la voie à suivre.

Claudio Flouvat

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