Marseille

Par Tom Benoit, essayiste et philosophe

Tribune. La météo politique et environnementale de l’époque doit convaincre l’exécutif de disposer Marseille en première ligne.

Aussi, j’ai été ravi d’entendre ce jeudi en direct sur TV5Monde Mme la ministre chargée de la Ville Nadia Hai, approuver le constat que je lui confiais à l’antenne quant à la politique de perfusion qui est appliquée depuis plusieurs décennies à Marseille en matière d’urbanisme.

Si le gouvernement en place le veut, le permet, et en octroie les moyens requis, Marseille deviendra d’ici à quelques années la carte de visite nationale de la transition écologique, dont le projet ne demande qu’à être sublimé en acte.

La configuration géographique de la commune nous permet d’envisager la confrontation écologique pour construire un avenir et non pour sauver un présent, puisqu’à Marseille, contrairement au constat qui est valable pour la majorité des grandes métropoles, l’environnement urbain n’est pas saturé par la pollution.

S’il serait caricatural de parler d’urgence écologique, en revanche, il me semble incontournable d’évoquer un état de nécessité environnementale.

Marseille dispose de l’intégralité des atouts essentiels pour porter un schéma biologique pertinent, c’est-à-dire un projet environnemental objectif et factuel, dont les fondements ne sont pas fragilisés par un caractère illusoire ; il me semble qu’une appréhension cohérente de l’écologie repose principalement sur la juste estimation des risques, et non, sur la récusation ignorante des situations conduisant vers la mise en danger.

Il est d’ailleurs important de noter que les clivages politiques ayant pour objet le maintien ou l’abandon de la production d’énergie par le nucléaire occupent une place quasi-inexistante sur les territoires méditerranéens.

La proximité à la mer nous a déjà permis l’aménagement de certaines installations représentant parfois des premières mondiales sur le plan écologique. La boucle à eau de mer, en alimentant 500000m2 de bâtiments, en est l’exemple le plus efficient.

Le modèle mimétique écologique et urbain français peut être représenté uniquement par une ville dont la confrontation à la réalité environnementale est marquée par l’omniprésence.

Le nombre considérable d’habitants, les résultantes d’une immigration qui a revêtu le caractère identitaire de la ville d’un aspect relativement chaotique et libertaire, une forte empreinte entrepreneuriale ainsi qu’un tempérament géographique complexe contribuent à faire de Marseille un terrain propice à l’innovation écologique.

Aussi, j’invite Emmanuel Macron à déployer ainsi qu’à soutenir les moyens intellectuels et entrepreneuriaux adaptés pour réviser la politique urbaine à Marseille.

L’essentiel doit naître d’une volonté nationale, consistant à rentabiliser pour le bien collectif, les vertus d’une territorialité riche et exploitable.

Marseille ne doit plus être réduite à la dimension sociale qui ankylose depuis trop longtemps les ambitions qui sont rattachées à la ville.

Tom Benoit, essayiste et philosophe

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