Intelligence artificielle, cobotique, impression 3D, réalité augmentée, big data… les nouvelles technologies du numérique et de l’Internet des objets sont aujourd’hui au service de l’industrie au sein de laquelle s’opère une révolution.

Pour affronter la concurrence internationale, les entreprises françaises doivent avoir toutes les cartes en main et la France se positionne comme un leader international dans la digitalisation de l’industrie.

L’usine du futur, ou smart factory (usine intelligente), est connectée, digitalisée, robotisée. Les nouvelles technologies (IoT, IA, systèmes cyber-physiques, big data, robotique…) optimisent chaque métier. Au-delà des nouvelles méthodes de production, l’industrie du futur doit intégrer aussi des changements organisationnels, managériaux, comportementaux, afin de s’adapter à ces nouveaux outils. La flexibilité, la productivité, la rentabilité s’en trouvent améliorées considérablement. On parle aujourd’hui de 4e révolution industrielle, après les précédentes causées par la mécanisation, puis la production de masse au 19e siècle, et enfin l’automatisation de la production au 20e siècle.

Les atouts de la French Fab

Comme le souligne Bpifrance, la France a un potentiel énorme grâce à un tissu industriel dense, une chaîne de valeur très intégrée et des ingénieurs compétents. L’industrie du futur « à la française » passe par la digitalisation de la chaîne de valeur, l’automatisation, la fabrication additive, le monitoring et le contrôle, l’utilisation de composites, nouveaux matériaux et assemblages, mais aussi la révision de la place de l’homme dans l’usine et la prise en compte de l’efficacité énergétique et de l’empreinte environnementale.

Le développement industriel de la France représentant un enjeu pour l’économie du pays, des initiatives récentes ont pour ambition de promouvoir ce que l’on appelle désormais la French Fab, soit l’ensemble du système industriel français. En juillet 2015, une dizaine d’ organisations professionnelles a lancé l’Alliance Industrie du Futur. Son objectif : fédérer les initiatives en cours et faciliter la modernisation de l’industrie française.

Dans le cadre de France Relance, le gouvernement permet aux PME et ETI industrielles de bénéficier d’un soutien financier de l’État pour investir dans les technologies de l’industrie du futur. Une enveloppe annuelle de 40 millions d’euros est prévue pour soutenir les investissements dans des secteurs comme les équipements robotiques, les logiciels et équipements de réalité augmentée et de réalité virtuelle, les machines intégrées destinées au calcul intensif, les capteurs physiques collectant des données sur le site de production de l’entreprise, sa chaîne de production ou son système transitique, etc.

Rapprocher la tech et l’industrie

Début avril, Bpifrance lançait la plateforme digitale « Tech in Fab » et annonçait avec France Industrie (l’organisation professionnelle représentative de l’Industrie) un partenariat pour la Deeptech. La collaboration entre les grands groupes et les start-up de la Deeptech sera ainsi favorisé. Il s’agit de répondre à l’enjeu de rapprocher les écosystèmes industriels et de l’innovation pour faire face aux défis d’attractivité, de réindustrialisation et de décarbonation de l’économie. Les start-up à vocation industrielle, qui constituent donc un vivier d’innovation, représentent environ 9 % du total des 15 000 entreprises de la French Tech. Parmi elles, on compte environ 500 start-up Deeptech, porteuses de technologies de rupture.

« Redevenir une grande nation industrielle est aujourd’hui plus que jamais un enjeu crucial pour le pays, et cela passe nécessairement par l’innovation », a noté à cette occasion Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance. « Alors que cette transformation peut apparaître complexe pour les industriels, bon nombre de start-up ne disposent, quant à elles, pas des clés pour pénétrer le biotope de l’industrie. Pour réussir ce défi, nous devons créer de la transversalité. »

Disponible à l’adresse https://techinfab.bpi-france.fr/, « Tech in Fab » propose en accès libre des contenus à visée pédagogique et explicative sur l’innovation adaptés aux industriels, un répertoire d’offreurs de solutions Tech, ainsi que des illustrations de collaboration vertueuse. Des appels à projets sont publiés sur la plateforme par les PME et ETI industrielles. Ce partenariat va donc permettre à Bpifrance et France Industrie d’unir leurs moyens et communautés pour produire des outils d’aide à la collaboration, organiser des programmes et évènements à forte visibilité permettant de concrétiser ou de valoriser des coopérations opérationnelles, et initier des collaborations techniques.

Les solutions se multiplient sur le marché

Conscientes que les PME et PMI ont accès aujourd’hui, de manière progressive et avec un investissement modéré, à l’industrie 4.0, des sociétés conçoivent pour elles des solutions innovantes. Comme par exemple l’entreprise Ewattch, dont le concept a pour but d’améliorer un parc machine parfois vieillissant et ses performances sans avoir à en changer. « Nous créons des technologies IoT (Internet des Objets) composées de capteurs et logiciels, pour améliorer et moderniser l’industrie de façon simple, efficace et économiquement très abordable », explique son CEO, Nicolas Babel. Installés sur les machines, les capteurs « permettent de collecter et de transmettre des données de production et de consommation sur la plateforme logicielle EwattchCloud. » L’intérêt de cette solution IoT est multiple : amélioration de la performance industrielle, supervision à distance et réduction des coûts.

Dans un autre domaine, l’entreprise d’assemblage de cartes électroniques EMSPROTO bouscule les codes avec une offre inédite consistant à produire des cartes électroniques en petite série et sous délais courts. Elle a développé une offre digitale, permettant d’obtenir un devis et un délai de production en quelques minutes. Comme l’explique Pierre-Yves Sempere, co-fondateur, « nous proposons une plateforme en ligne où tout ingénieur en électronique peut télécharger son dossier technique afin d’obtenir un chiffrage, à n’importe quel moment. »

Pour optimiser l’efficacité, « nous avons pris le parti de tout automatiser et de laisser les tâches répétitives aux machines, même pour une seule carte, pour que nos collaborateurs se concentrent sur les tâches à valeur ajoutée. » La société partage son expertise, ouvrant son centre de production aux électroniciens et au corps enseignant.

Pour accélérer la mutation du tissu productif français vers une industrie du futur, le déploiement des nouvelles technologies industrielles 4.0 est essentiel. Elles permettent des gains de productivité et de flexibilité sur les coûts de production, mais également une réduction considérable des coûts de maintenance et des pannes. La crise sanitaire actuelle a joué un rôle d’accélérateur dans le déploiement de ces solutions.

Géraldine Guillot

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