Les rapprochements entre groupes industriels et start-up devraient s’accélérer.

L’économie traditionnelle a décidément encore du bon. En mettant la main sur Paris-Turf, après Nice-Matin et le quotidien France-Antilles, le fondateur de Free (Groupe Illiad) Xavier Niel montre à 52 ans que les tenants de l’économie digitale sont pleinement conscients de l’intérêt à continuer de s’interesser aussi aux entreprises classiques de l’économie réelle. Attention donc aux idées reçues sur le sujet, le démenti apporté par Niel est on ne peut plus clair. D’autant qu’actionnaire du quotidien La Provence à hauteur de 11%, détenu par Bernard Tapie, le compagnon de Delphine Arnault pourrait vouloir également le faire tomber dans son escarcelle prochainement.

Voilà un entrepreneur qui a fait tout son succès dans le secteur du numérique et des télécoms et qui se rend compte que des  piliers de l’industrie classique (en l’occurrence la presse écrite) peuvent constituer d’excellents leviers de développement pour renforcer leurs parts de marchés digitales. Avec Paris-Turf (éditeur de Bilto ou Paris-Courses, 65,6 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2,1 millions de déficit en 2019) Niel met la main sur le premier quotidien hippique d’un pays leader mondial en matière de courses de chevaux (PMU), qui intéressent aussi au plus haut point des zones géographiques comme l’Afrique , où la bataille des télécoms fait rage avec Orange mais pas seulement.

Son offre de reprise qui a été préférée à celle-ci du dynamique patron languedocien Guillaume Riccobono (RPI) qui  démontre aussi à 46 ans et à l’occasion qu’il n’est pas décidé à se contenter de la seule filière industrielle de l’ imprimerie. Riccobono (38 millions d’euros de chiffre d’affaires) détient aussi des magazines d’annonces légales (Vaucluse Hebdo, le Var information,…) dans le Sud et à Lyon Pour les anciens propriétaires de Paris-Turf, Jacques-Henri Eyraud en tête, qui détenait 66% de Paris-Turf, la série noire semble ne pas s’arrêter . À l’heure où la rumeur de de cession de l’OM à un fonds saoudien bat son plein, le dirigeant du club olympien n’est décidément pas dans une bonne passe. Cela arrive…

Avec Paris-Turf, le holding de Niel, NJJ met la main sur Genybet, le site de paris en ligne qu’il s’est engagé à renflouer pour 800 000 euros. Un site qui peut être facilement dopé avec les synergies commerciales apportées par Free.
Citizen Niel voit donc plus loin que les autres et se montre en matière de presse écrite bien plus habile que son redoutable concurrent dans les télécoms, Patrick Drahi, le président d’Altice qui vient de reconnaître avoir englouti la bagatelle de 70 millions d’euros pour pouvoir renflouer le quotidien Libération, qui vient d’être confié à une fondation.

Autre exemple de rapprochement entre économie classique et digitale : la prise de contrôle de la néo-banque Shine (100 000 clients) par la Société Générale. Ce type de rapprochements pourrait encore s’accélérer.

Robert Lafont

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