Emmanuel Macron

Tribune. À l’évidence, la vraie campagne des élections présidentielles est lancée avec la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron d’hier soir.

Deux heures de représentation théâtrale, une de trop, pour nous permettre d’admirer les mines et les fausses émotions d’un acteur bien conseillé par des spécialistes de haut vol. Le numéro pue le faux. Sur le fond on ne peut que conclure comme Mélenchon. Je cite : « Je l’ai écouté, je me suis dit « il va vouloir marquer le terrain avec une mesure ou une idée », mais on s’est fait suer à mourir, le fond était hypnotique, ça brillait, ça donnait mal au cœur.« 

J’ai bien aimé le coup de la lettre des écoliers. Elle commence par « Paris, le… » on ne sort pas des turpitudes parisiennes. Il ne nous a pas montré la lettre, mais en regardant bien on pouvait voir qu’elle n’était écrite ni par une plume ni par un crayon à bille. A-t-elle été écrite par un ordinateur avec une police de caractères manuscrits ? A-t-elle été écrite spontanément par des enfants ? On le saura peut-être un jour.

Interminable… et creux

Le plus terrible de cet interminable exposé est qu’il n’a fait aucune mention des catastrophes résultant de sa politique, qui continue dans la médiocrité celle de ses prédécesseurs. Rien sur le niveau moyen calamiteux des écoliers français à leur sortie du primaire, jugé par les comparaisons internationales. Rien sur la carence profonde de la Justice, ses retards inacceptables, ni sur l’état lamentable des prisons surchargées qui entraîne les juges à faire relâcher les délinquants et à donner à ceux-ci une terrible confiance due à l’impunité généralisée. Rien sur les trente pour cent de personnels non soignants qui parasitent les budgets de la Santé.

Rien non plus sur le Conseil Constitutionnel, ni sur les rémunérations princières de ses membres, nommés par un copinage abject, alors qu’ils devraient être élus au suffrage universel. Rien sur le pouvoir absolu que s’arroge la Présidence de la République, sans les contre-pouvoirs qui devraient intervenir.

Impôts dévastateurs

Par contre nous avons eu droit à un self satisfecit sur les sparadraps consentis au fil du quinquennat sur les plaies du pays. Mais nous pouvons nous féliciter, l’homme aime le pays, et il nous aime, nous les Français, qu’il mène dans une vie marquée par des blocages, des privations et des impôts dévastateurs.

Le Pouvoir peut se vanter d’être efficacement encadré par des spécialistes de la Communication. Malheureusement ils en font trop, les sans-grades qui viennent plancher à la télé, et même les manitous. Avez-vous remarqué lors du débat Lemaire/Zemmour comment le ministre des Finances aboyait sans cesse contre Zemmour, lui coupant la parole à peine ce dernier avait-il ouvert la bouche ?

Le triste sire s’est même permis alors que tout était terminé d’en rajouter une couche en débitant (mal) le contenu de quelques fiches de présentations mensongères à charge préparées par ses spécialistes. Vous voulez un exemple ? « Nous (le gouvernement) défendons les frontières de l’Europe ». On voudrait bien savoir où elles sont, les frontières si bien défendues de l’Europe, par exemple à Chypre ou dans la Manche. Et avec quelle armée européenne il les défend.

Heureusement nous avons eu ce jour là un peu de fraicheur : le visage de Madame Samia Ghali, une charmante mère de quatre enfants, maire-adjointe à Marseille, dont le discours n’était pas encore envahi totalement par la langue de bois. Mais pourquoi Zemmour ne lui a-t-il pas posé la question suivante : « Madame, estimez-vous que la Loi de la République surclasse les lois des religions ? » Qu’elle ait répondu oui, ou qu’elle ait répondu non, Zemmour aurait pu conclure « Donc ma campagne est justifiée. »

Roland Monet (Observatoire International des Patrimoines Familiaux)

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