Élections générales en Inde, à partir du 11 Avril. Près de 900 millions d’Indiens dont 15 millions âgés de 18 à 19 ans pourront voter. L’enjeu final de ce scrutin en sept étapes est l’élection du Premier Ministre. La plus grande démocratie du monde permettra-t-elle à Narendra Modi, « NaMo », l’actuel PM de diriger encore le pays cinq ans ?

Tandis que les enjeux économiques sont le plus souvent avancés, l’aspect géostratégique devrait être privilégié et mis en exergue.

Le « Modi bashing » alimenté par les « Cassandre » reprend en chœur les mêmes arguments. Le chômage, les problèmes récurrents des agriculteurs, les dissensions ethniques, certes bien réels alimentent les médiasindiens et internationaux. Les aspects positifs du quinquennat de Modi sont en revanche rarement commentés. Peu surprenant dans un contexte « explosif », où l’arrivée aux commandes d’une droite hindouiste a accéléré le rapprochement avec les États-Unis. Rapprochement déjà initié à l’ère Clinton et qui fâche violemment Pékin, redoutant par ailleurs, un axe des pays de l’ASEAN dominé par New-Delhi ». La meute duplicatrice alimente les news et les réseaux sociaux !

Or, il faut un homme fort, déterminé car l’enjeu est de taille, pour l’équilibre mondial dont l’Inde est devenue la clé de voute. Les chinois le savent et ne privilégient pas Modi. Les tensions avec le Pakistan et le Cachemire sont ravivées.  En toile de fonds, les relations précaires avec la Chine, dont la volonté à peine voilée est d’enclaver l’Inde aux fins de satisfaire ses ambitions maritimes et sa volonté hégémonique tentaculaire.

ENCLAVER  L’INDE

Enclaver et contraindre l’Inde : au Nord et Nord-Ouest du Subcontinent, le Karakorum Highway, route de 1300 kms entre la Chine et le Pakistan offre aux divisions Chinoises un accès facile au Rajasthan. Financé par les chinois, le port Pakistanais de Gwadar, situé sur la mer d’Oman, pièce majeure du corridor économique CPEC * sera le segment fondamental du pipeline de gaz entre l’Iran et le Pakistan. Il peut aussi devenir aisément, le verrou inviolable à toute exportation de pétrole du Golfe persique vers le reste du monde.

Au Sud du Subcontinent, la Chine a financé la reconstruction des ports au Sri-Lanka à la fin de la guerre civile.  Elle peut ainsi de facto contrôler les 70% du commerce maritime mondial qui passent par les eaux territoriales de cette ile.

La contrainte viendrait de la bombe nucléaire pakistanaise issue semblerait-il d’un apport technologique chinois. Tandis que parallèlement Pékin s’est toujours opposé avec virulence à l’entrée de l’Inde dans le Groupe des Fournisseurs Nucléaires pour l’empêcher d’avoir accès au combustible des réacteurs.

LES ETATS-UNIS, UN ALLIÈ STRATÈGIQUE

Dans ce contexte, l’inde devient la zone sécuritaire pivot dans l’Asie du Sud et la zone « Indo-Pacifique » Une pièce maitresse dans le nouvel équilibre mondial. C’est pourquoi, Donald Trump a décidé d’en faire un allié stratégique majeur.

Les États-Unis et l’Inde dans une déclaration commune, viennent de renforcer la sécurité et la coopération nucléaire civile y compris la construction de six centrales nucléaires. Washington a par ailleurs annoncé, La vente de 24 hélicoptères de combat maritime Sikorsky MH-60R Seahawk. Ils seront équipés d’un système de vision nocturne AN/AVS-9 et de radar AN/APS-153. Puis, dotés de roquettes de précision APKWS et de missile air-sol AGM-114 Hellfire.  Selon le journal Indien NDTV, tandis que la Chine étend son contrôle dans l’Océan Indien, ces hélicoptères permettront à l’Inde de cibler des sous-marins et détruire des bateaux.

Ce qui conforterait l’option indienne d’une prise de contrôle des nœuds stratégiques des lignes maritimes de communication notamment de l’Océan Indien.

LA SÉCURITÉ, UN  ATOUT MAJEUR

Parallèlement, la réforme de l’ONU s’accélère pour permettre à l’Inde de siéger parmi les membres permanents du Conseil de Sécurité.

L’eau, autre atout de l’Inde pourrait être un élément de réplique conflictuel décisif. Le pays contrôlant l’accès à l’eau des montagnes de l’Himalaya pourrait être tenté d’en priver en aval le Pakistan. Or, le développement des terre agricoles Pakistanaises est l’un des axes de développement du CPEC. Ce serait donc un casus belli pour les chinois.

Dans ce contexte volcanique, seule une personnalité peu apte à tergiverser peut poursuivre une politique de désenclavement, de non confinement. La sécurité des populations, la sécurisation des infrastructures essentielles et des denrées stratégiques, ne seraient-ils pas les éléments déterminants à privilégier pour l’Inde et l’équilibre du monde, lors ces prochaines élections ? 

*Association of South East Asian Nations (ASEAN)

* China Pakistan Economic Corridor (CPEC)

1 COMMENTAIRE

  1. A l’approche des élections de Mai prochain, une opportunité de découvrir l’aspect humain du Premier Ministre… Cette biographie a été la première à être publiée en Occident alors que Narendra Modi n’était encore que le Chief-Minister du Gujarat.
    Il ne s’agit pas d’un livre politique, mais d’une étude de la personnalité de Narendra Modi et de ses réalisations dans le Gujarat.

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