(17h35) Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

Les États-Unis paient le plus lourd tribut, depuis l’apparition de cette crise sanitaire, avec plus de 85.000 morts. En France, 27.425 personnes sont mortes, selon le dernier bilan. L’imposant seuil a été dépassé ce jeudi. Selon un décompte établi par l’AFP, la pandémie de Covid-19 a fait plus de 300.000 morts dans le monde, dont plus de 80% en Europe et aux Etats-Unis, depuis son apparition en décembre en Chine.

Au total, 300.140 décès ont été recensés dans le monde (pour 4.403.714 cas officiellement confirmés par les différentes autorités sanitaires), dont 162.654 en Europe (1.825.812 cas), continent le plus touché. Les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (85.194), devant le Royaume-Uni (33.614), l’Italie (31.368), la France (27.425) et l’Espagne (27.321).

(17h08) Les économies mondiales en pleine détresse

En plus des ravages humains, la pandémie continue de mettre à bas les économies mondiales, avec de lourdes conséquences sociales. L’Allemagne se prépare à la récession: attendu vendredi, le produit intérieur brut devrait donner un avant-goût du choc infligé par la catastrophe sanitaire à la première économie européenne. Pour 2020, le gouvernement prévoit une récession de 6,3%, la plus forte depuis le début des calculs en 1970.

Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis, ce vendredi, à Bruxelles pour discuter de la riposte à la crise. De l’autre côté de l’Atlantique, près de trois millions de personnes se sont inscrites au chômage, en une semaine, aux Etats-Unis, qui compte désormais 36,5 millions de chômeurs (près de 15% de la population active) depuis l’arrêt brutal de l’économie mi-mars en raison des mesures de confinement pour endiguer la progression du virus.

(16h39) «Le «quoiqu’il en coûte» ne peut pas durer perpétuellement

Le président de la République, Emmanuel Macron, en pleine crise sanitaire, avait demandé à ce que tous les moyens financiers nécessaires soient mobilisés, «quoi qu’il en coûte». Alors que l’épidémie de coronavirus montre des signes d’accalmie, le chef de l’Etat souhaite passer de cette politique d’urgence à une réorganisation pérenne. Ce vendredi, Emmanuel Macron, a participé à une table ronde avec des médecins de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, alors que l’épidémie de coronavirus montre des signes d’accalmie en France. Il expliquait:

«Je voudrais mettre fin à la paupérisation de l’hôpital. Il y aura des investissements et «une dynamique de revalorisation pour le milieu hospitalier. Je reconnais une erreur dans la stratégie annoncée dans la réforme de l’hôpital, il y a deux ans, car elle ne portait pas assez de sens et parce qu’elle avait une ampleur et un rapport au temps pas du tout suffisants compte tenu de l’état où était l’hôpital. Le «quoi qu’il en coûte» prononcé, un soir de mars, ne peut pas durer perpétuellement.»

«Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte», avait alors déclaré Emmanuel Macron, le 12 mars dernier, alors que la France enregistrait chaque jour plus de morts du coronavirus.

D’un plan d’urgence, décidé en pleine crise, le président français veut donc passer à une réorganisation des services pérenne et à un investissement stable. Fin mars déjà, Emmanuel Macron avait promis «un plan massif d’investissement et de revalorisation» pour l’hôpital à l’issue de la crise.

(15h25) Le déconfinement a failli être reporté de 24 heures!

En coulisses, les heures qui ont précédé le 11 mai ont été le théâtre d’une passe d’armes entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe autour d’un vide juridique. C’est un couac majeur auquel le gouvernement a échappé. Dimanche soir, quelques heures seulement avant le début du déconfinement du 11 mai, la décision de décaler cette date si attendue au lendemain, le mardi 12 mai, a bien failli être prise, annonçait, ce mercredi, Le Figaro. «Un report était bien l’une des options sur la table», confirme un proche du Premier ministre, à BFMTV.

Pourquoi cette hésitation de dernière minute? Dimanche après-midi, Emmanuel Macron et Édouard Philippe apprennent que le Conseil constitutionnel n’est pas en capacité, faute de temps, de donner son avis quant au prolongement de l’état d’urgence sanitaire d’ici le soir-même. Un empêchement qui bloque la promulgation de la loi et qui, par conséquent, invalide le déconfinement.

C’est une situation épineuse, qui est suivie d’âpres discussions entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Deux camps se dessinent alors. Le président de la République, d’un côté, qui ne souhaite pas modifier le calendrier et, de l’autre, le Premier ministre, qui envisage de décaler le déconfinement pour éviter un vide juridique. Signe de l’urgence, Matignon fait même venir une caméra pour une éventuelle allocution d’Édouard Philippe annonçant ce report.

Finalement, Emmanuel Macron tranche et un décret est publié, dans l’attente de la promulgation de la loi. «Il n’est pas question d’infliger 24 heures supplémentaires aux Français», a estimé le président de la République, selon Le Figaro. Le gouvernement s’en sort de justesse et s’évite ainsi plusieurs accusations, dont celle d’un déconfinement préparé à la hâte.

«Il ne faut pas que cette crise soit une parenthèse enchantée, il faut passer à un système stable où tout le monde se reconnaîtra», a affirmé le patron de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris ndlr), Martin Hirsch, en rappelant la longue grève qu’ont connue les urgences. «Je veux enclencher une dynamique, un «Ségur» de réforme de l’hôpital public et plus largement de notre système de santé», a assuré le président, ce vendredi.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté quatre piliers pour l’hôpital, «des grandes lignes». Le premier volet a pour but d’améliorer la rémunération des soignants, mais aussi de mieux repenser leurs carrières (passerelles, progression, perspectives, etc.). «Ce ne sont pas des petites augmentations qui feront les choses, il faut un choc salarial», prévient à l’AFP le Professeur Thomas Similowski, chef du service de pneumologie, en soulignant «qu’une infirmière qui commence est à la limite de la pauvreté».

Le deuxième volet concerne l’investissement dans les hôpitaux, dont il a parlé à plusieurs reprises. «Il faut réinvestir différemment, garder cette capacité à investir et le faire au bon niveau», a expliqué Emmanuel Macron, déclarant également «c’est un investissement et pas une dépense». «Le «troisième levier», c’est le pacte à rebâtir, souplesse et innovation» a expliqué Emmanuel Macron. «Je ne mettrai pas plus d’argent pour que le système fonctionne pareil». Il appelle à «la création d’un vrai projet de terrain afin de sortir d’une logique quasiment toujours contentieuse». Le chef de l’Etat souhaite enfin repenser le système de santé, sur le territoire, pour une meilleure prise en charge au niveau local.

(14h46) Coronavirus: 100 projets de vaccin lancés dans le monde

La solution que tous attendent est un vaccin contre le virus, apparu en décembre en Chine. Au vu des efforts déployés, il pourrait être disponible dans un an, a estimé, ce jeudi, l’Agence européenne du Médicament (EMA). Une perspective «optimiste», a nuancé Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l’EMA, dont le siège est à La Haye.

Plus de 100 projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d’essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la maladie. Mais le sujet aiguise les convoitises et les rivalités. Le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l’indignation, en Europe, en annonçant qu’il distribuerait un éventuel vaccin, en priorité aux Etats-Unis, qui ont investi 30 millions de dollars pour soutenir ses recherches.

Le président français Emmanuel Macron a réclamé qu’un vaccin ne soit pas soumis «aux lois du marché» tandis qu’un porte-parole de la Commission européenne a estimé: «Il doit être un bien d’utilité publique et son accès doit être équitable et universel.» Un vaccin ou un traitement contre le Covid-19 devrait même être fourni «gratuitement à tous», insistent plus de 140 personnalités, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le Premier ministre pakistanais Imran Khan dans une lettre ouverte.

Quant à l’essai clinique Discovery, lancé en Europe, fin mars, pour trouver un traitement à défaut de vaccin, il piétine, ont indiqué des chercheurs. Deux nouvelles études, publiées dans la revue médicale britannique BMJ, concluent que l’hydroxychloroquine, traitement tant décrié, ne semble pas efficace contre le Covid-19. Vaccin ou pas, traitement ou pas, «ce virus pourrait devenir endémique et ne jamais disparaître», a d’ores et déjà prévenu l’OMS (l’Organisation mondiale de la Santé).

(13h58) Un bilan du déconfinement «globalement positif»

Après huit semaines sous cloche, les Français s’apprêtent à profiter de leur premier week-end de relative liberté, à condition de ne pas s’éloigner de plus de 100 kilomètres de chez soi, dans la nature, où le retour des promeneurs risque de troubler les animaux qui avaient repris leurs aises, ou en bord de mer. Du Nord jusqu’au Pays basque, surfeurs, baigneurs, marcheurs et plaisanciers vont en effet pouvoir reprendre, dès ce samedi, le chemin des centaines de plages du littoral. Mais pas de rassemblements, pas de sports collectifs ni de bronzette statique.

Ailleurs, des sites rouvrent très timidement, à l’image du Mont-Saint-Michel ou de la cathédrale de Chartres. Le tout, au milieu des appels des autorités à la prudence, au civisme et à la responsabilité, en ne relâchant pas le respect des fameux gestes barrière, pour éviter une nouvelle flambée de l’épidémie. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a tiré, ce vendredi, un premier bilan «globalement positif» du déconfinement entamé lundi avec «des mesures très bien respectées, mais encore beaucoup d’efforts à fournir, d’ici à la période estivale.»

Pour voler au secours du tourisme, frappé de plein fouet par la crise du coronavirus, les Français sont, en tout cas, désormais appelés à réserver leurs vacances d’été, le gouvernement promettant qu’il sera possible de voyager en France, sous réserve «de possibles restrictions très localisées». Le Premier ministre Edouard Philippe a même érigé en «priorité nationale» le sauvetage du secteur du tourisme qui représente deux millions d’emplois et 7% d’un PIB national, déjà torpillé par la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

«Pour l’heure, l’économie française redémarre doucement», a estimé, ce jeudi, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Mais il a écarté «comme de la pure démagogie» l’éventualité d’un rétablissement de l’ISF. Le président Macron doit d’ailleurs échanger à nouveau, ce vendredi; avec des économistes sur les conséquences de la crise.

Côté scolaire, le retour progressif en classe va se poursuivre, moyennant un protocole sanitaire très strict, qui vire souvent au casse-tête. Quelque 1,5 million d’écoliers auront retrouvé vendredi les bancs de l’école. La semaine prochaine, «au moins 150.000 collégiens de 6ème et 5ème vont leur emboiter le pas dans les zones «vertes» selon le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, soit environ 10% de l’effectif de ces tranches d’âge. Pour la réouverture des classes dans les zones «rouges», des classes de 4ème et 3ème et de l’ensemble des lycées de France, le ministre «à ce stade, ne peut pas en dire plus», renvoyant à une décision «dans les derniers jours de mai».

Effets attendus des restrictions drastiques de circulation pendant les huit semaines de confinement, le nombre de personnes tuées sur les routes a fortement chuté en avril, de 55,8%. Et la chute de la pollution atmosphérique, en région parisienne, s’est confirmée, avec des baisse atteignant 30% pour certains polluants.

Pas de bonnes nouvelles, par contre, côté recherche d’un traitement. L’essai clinique européen Discovery n’a pas donné de résultats et l’hydroxychloroquine, qui a fait couler beaucoup d’encre, ne semble pas efficace, selon deux études publiées ce vendredi.

(12h05) «Le trafic de drogue a baissé entre 30 et 40%»

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré, ce vendredi: «Les services en charge de la lutte contre les drogues estiment que le confinement a provoqué une diminution des trafics compris entre 30 et 40%. Durant le confinement, les trafics ont été fortement touchés et on estime qu’ils ont vraiment diminué.» Il a cependant mis en garde contre «l’ancrage de nouvelles pratiques, telles que la culture de cannabis», lors d’une conférence de presse, au siège de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), à Nanterre.

(12h16) Visite-surprise à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière

Le président de la République, Emmanuel Macron, est  en visite-surprise, ce vendredi, à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, au cinquième jour de déconfinement et alors que le décret sur la «prime Covid» pour les soignants a été publié au Journal officiel. Le chef de l’Etat et le ministre de la Santé, Olivier Véran, doivent notamment rencontrer des médecins. Ils doivent également rencontrer des responsables syndicaux et visiter un service.

(11h52) Coronavirus: les ministres des finances à Bruxelles

Les ministres des Finances de la zone euro vont se réunir à Bruxelles. Ils doivent se rencontrer, ce vendredi, pour discuter de la riposte à la crise sanitaire du Coronavirus. L’Allemagne se prépare à la récession: le produit intérieur brut, dont les résultats sont attendus aujourd’hui, devrait donner un avant-goût du choc infligé par la catastrophe sanitaire à la première économie européenne. Pour 2020, le gouvernement prévoit une récession de 6,3%, la plus forte depuis le début des calculs en 1970.

(10h38) La «Prime Covid» enfin concrétisée…

La «prime Covid» promise aux soignants, dont le retard faisait monter la grogne, a enfin été concrétisée. Les personnels soignants ont été glorifiés comme des «héros du front» par les politiques, applaudis, tous les soirs, par la population. Mais la prime, promise fin mars par Emmanuel Macron pour les récompenser, ne s’était toujours pas matérialisée.

Le décret est finalement paru, ce vendredi, confirmant le montant de 500 euros, pour tous les membres du personnel hospitalier et 1.500 euros, pour ceux ayant travaillé dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie, dont le bilan, ce vendrdi, est d’au moins 27.425 morts, ou dans des établissements ou services ayant accueilli des malades du Covid-19.

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’était déjà entretenu, ce jeudi, avec des médecins hospitaliers, marquant selon l’Elysée «le coup d’envoi» du chantier du grand plan annoncé pour l’hôpital. «Il faut aller plus vite dans la revalorisation des salaires, des carrières et des compétences ainsi que sur une stratégie médicale contractualisée plutôt qu’un pilotage budgétaire» leur a promis le président.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a rappelé, ce vendredi, sur BFMTV, qu’il faudrait aussi «une forme de reconnaissance pour les travailleurs de la deuxième ligne (distribution, transports, sécurité)» se disant «très attentive» à l’attitude de leurs employeurs sur ce chapitre.

(09h48) Les compagnies aériennes se mobilisent

Les compagnies aériennes prennent des dispositions parfois étonnantes, pour rassurer les passagers et les convaincre de reprendre l’avion. Le secteur traverse actuellement une zone de turbulence inédite qui pourrait durer au moins jusqu’en 2023, selon les dernières prévisions de l’Association internationale du transport aérien (IATA) qui rassemble près de 300 compagnies aériennes dans le monde. Celles-ci s’organisent pour rassurer les passagers et elles se mobilisent en attendant la réouverture des frontières internationales, encore largement fermées aujourd’hui.

Chez Air France, comme pour le reste des transporteurs aériens, les mesures sanitaires se multiplient pour faire face au virus et relancer un trafic en chute libre. Le port du masque et la prise de température sont désormais obligatoires pour monter dans l’avion. Au-dessus de 38°C, il est impossible d’embarquer. En revanche, il n’y aura pas de limitation du nombre de voyageurs contrairement au train. D’après le JT de France 2, la raison invoquée par le gouvernement est économique. «Pour qu’un avion soit rentable, il doit être rempli à 75%», précise le sujet. La crise du coronavirus a déjà couté 2 milliards d’euros à la compagnie française et des milliers de salariés s’apprêtent à perdre leur emploi.

C’est sûrement la mesure la plus déconcertante prise par une compagnie aérienne pendant ce confinement. Dans une vidéo, le transporteur irlandais Ryanair a présenté une série de nouvelles contraintes pour les passagers dans l’avion: l’accès aux toilettes se fera uniquement «sur demande». Essayez le plus possible d’être courtois avec les stewards et les hôtesses pour qu’ils accèdent à votre requête plus facilement. Le service en vol sera aussi limité puisque les clients ne pourront plus qu’acheter des snacks et des boissons pré-emballés. Le paiement se fera uniquement sans contact pour éviter le plus possible la propagation du virus.

American Airlines a choisi, elle, de condamner la moitié des sièges du milieu pour tenter de respecter la distanciation physique. «Jusqu’au 31 mai, American Airlines limitera le nombre de passagers sur chaque avion. 50% des sièges de la cabine principale ne seront pas attribués à chaque vol, et nous n’utiliserons ces sièges que lorsquecela sera nécessaire a expliqué Robert Isom, président d’American Airlines.

Delta, Alaska Airlines et Spirit Airlines ont, quant à elles, décidé d’immobiliser l’intégralité des sièges centraux. Même choix pour EasyJet qui, par la voix de son directeur général, a évoqué la possibilité de laisser les «sièges du milieu» sans personne. Le prix des billets d’avion va-t-il bondir dans les prochains mois? C’est très probable selon l’IATA qui évoque une hausse de 43% à 54% en raison des mesures de distanciation physique qui devrait considérablement raboter les chiffres d’affaires des compagnies déjà mis à mal. En plus des dispositions déjà évoquées, l’Iata défend la limitation des déplacements pendant le vol, une restauration à bord «simplifiée» et le nettoyage plus en profondeur des cabines.

(08h23) Cinéma: des mesures incompatibles avec un tournage

Le déconfinement était attendu avec impatience car il permettait enfin un retour au travail. C’est par exemple le cas, à la télévision, où la plupart des animateurs ont repris le chemin des studios, malgré des consignes sanitaires strictes. Et cela va bientôt être le cas du cinéma.

Lors de sa prise de parole du 6 mai dernier, Emmanuel Macron assurait une reprise progressive des tournages de films. «Ce sera évidemment très compliqué, très dur de reprendre tout en respectant les règles de distance sociale et de nombre», reconnaissait alors le président de la République. C’est le moins que l’on puisse dire. Avec le confinement, 80 films ont été brutalement mis à l’arrêt. Et ils n’attendent qu’une seule chose: pouvoir terminer leur tournage. Pourtant, cela s’annonce particulièrement compliqué, si bien que la grogne monte dans le milieu.

Ce mercredi, Le Figaro dévoilait, notamment, que désormais les comédiens devront «se faire coiffer et maquiller avec un masque, l’enlever pour tourner mais rester à deux mètres les uns des autres». «Comment faire une mise en scène en demandant aux acteurs d’être à un mètre cinquante les uns des autres?», s’interrogeait, dans l’AFP, François Hamel, directeur de production du long-métrage Eiffel avec Romain Duris.

Et c’est sans compter les scènes de baisers ou d’amour qui devraient logiquement disparaître pendant quelque temps. Parmi les nouvelles règles à suivre: «il faudra accepter qu’une infirmière prenne la température de tous, de supprimer la table de régie ou de grignoter, d’organiser les corps de métier successivement, d’acheminer les techniciens en taxi et de se parler par talkie-walkie…», liste Le Figaro.

Tant de contraintes qui ont un coût. Celui-ci est estimé à 30% du coût du tournage. «Il faudra créer un autre poste d’assistant accessoiriste dédié à la désinfection. Chaque objet sera conservé dans un sachet et touché uniquement par l’acteur. Entre deux prises, on ne pourra plus aider les machinistes», détaille Arthur Deleu, accessoiriste, auprès de nos confrères, qui précisent que pour un film comme Eiffel, redémarrer le tournage dans ces conditions coûtera au bas mot 250.000 euros!

Et puis, cela va également contraindre les scénaristes à réécrire les scénarios, comme cela a été le cas pour «Les Tuche 4» par exemple. «Les scènes dans des lieux désormais interdits comme les hôpitaux, les bords de la Seine et les monuments gérés par la Ville de Paris doivent être modifiées», confirme Éric Guichard. Le prochain long-métrage de François Ozon, dans lequel joue Sophie Marceau, n’est donc pas près d’être achevé. Bilan des courses: la colère est immense. «Le protocole sanitaire défini par le gouvernement incorpore des mesures totalement incompatibles avec un tournage», déplore le producteur Eric Altmeyer dans les colonnes du Figaro. Et de s’insurger: «Tout bonnement, cela signifie que les acteurs ne peuvent pas travailler!». Le casse-tête risque de durer encore des mois…

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