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Coronavirus : les infos du mercredi 3 juin

(18h15) Coronavirus : comment les multinationales «ont instrumentalisées la pandémie»

Dans un rapport publié mercredi 3 juin, l’association environnementale «Les Amis de la Terre» estime que les grandes entreprises ont bénéficié injustement d’aides publiques sans que des contreparties leur soient demandées.

«S’abritant derrière la crise sanitaire, les industriels ont multiplié les attaques contre les régulations sociales et environnementales et joué de leur proximité avec les décideurs et de l’urgence pour capter des aides publiques sans véritable contrepartie», écrit l’association environnementale, «Les Amis de la Terre», dans son rapport. Selon elle, «l’absence de transparence et l’accès privilégié dont bénéficie le secteur privé contaminent notre démocratie, et le déconfinement ne suffira pas à y mettre fin». Pour «Les Amis de la Terre», «la situation s’est aggravée pendant la crise actuelle».

En public, les multinationales se sont taillées une image «verte» et généreuse, faisant mine de prendre la mesure de la crise, tout en vantant les mérites de l’autorégulation. Mais par derrière, elles se sont empressées d’activer leurs lobbies! D’après Juliette Renaud, responsable de campagne sur la Régulation des multinationales : «ces grandes entreprises ont instrumentalisé la pandémie afin de démanteler les normes sociales et environnementales, et se tailler la part du lion dans la nouvelle manne d’aides publiques, sans aucune contrepartie».

Pour Olivier Petitjean, de l’Observatoire des multinationales : «Avec la crise économique, les décisions gouvernementales et la dépense publique resteront un enjeu central pour les industriels. Ils continueront à capitaliser sur leur proximité avec les décideurs. Il est indispensable de renforcer la transparence et le débat démocratique pour ne pas les laisser dessiner seuls les contours du monde d’après.»

Face à ce constat, l’association «Les Amis de la Terre» demande la mise en place de plusieurs mesures tel un dispositif pour la transparence du lobbying en France, «incluant notamment la publicité des rendez-vous et contacts entre décideurs et représentants d’intérêts». Elle réclame aussi «la création d’un véritable observatoire indépendant de la réponse à la crise, qui assure la transparence sur les aides publiques directes et indirectes accordées aux entreprises et les marchés et contrats publics passés à l’occasion de la crise

Enfin, l’association appelle de ses voeux à «l’instauration de conditions juridiquement contraignantes et vérifiées de manière transparente, imposées aux entreprises pour bénéficier d’aides publiques, en matière de suspension des dividendes, de plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre (notamment pour les industries les plus polluantes) et de transparence fiscale.»

(17h38) «The Lancet» prend ses distances avec l’étude publiée…

Après l’avoir publié, «The Lancet» met finalement en garde contre l’étude, très critiquée, qui portait sur l’hydroxychloroquine. La prestigieuse revue médicale, en reconnaissant dans un avertissement formel que «d’importantes questions planaient à son sujet», souhaite ainsi «alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à son attention» quant à cette étude, qui fait actuellement l’objet d’un audit initié par ses auteurs, indique la revue.

Cet avertissement a été publié, ce mardi soir, sous la forme d’une «expression of concern» («expression de préoccupation»), déclaration formelle employée par les revues scientifiques pour signifier qu’une étude pose potentiellement problème. Si une «expression of concern» n’est pas aussi lourde de conséquences qu’une rétractation pure et simple, elle est tout de même de nature à jeter le doute sur des travaux scientifiques. L’étude en cause a conduit, en France et dans le monde entier, à l’interruption d’essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, car elle conclut que ce médicament n’est pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et peut même être néfaste.

Publiée le 22 mai dans The Lancet, cette étude se fonde sur les données de 96.000 patients hospitalisés, entre décembre et avril, dans 671 hôpitaux, et compare l’état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l’ont pas eu. Dans la foulée de sa parution, de nombreux chercheurs ont exprimé leurs doutes sur l’étude, y compris des scientifiques sceptiques sur l’intérêt de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, des dizaines de scientifiques du monde entier soulignent que l’examen minutieux de l’étude de «The Lancet» soulève «à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données». Ces données émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

(16h12) Coronavirus : les avions se parquent pour dormir

Depuis des semaines, maintenant, partout dans le monde, les compagnies aériennes ont coupé des lignes, réduit des fréquences et cloué l’essentiel de leur flotte au sol. Mais lorsque les aéroports, qui servent de base aux compagnies, sont saturés, où se retrouvent donc les avions qui ne volent plus ? Aux États-Unis, les compagnies se tournent vers les déserts de Californie (Mojave), de l’Arizona (Pinal Airport), du Nouveau-Mexique (Rosswell Air Center).

En Australie, les avions se concentrent, dans le centre, à Alice Springs. En Europe, la principale adresse demeure Tarmac Aerosave, qui possède trois sites : Terruel, en Espagne, avec une capacité de 135 avions, Toulouse-Francazal (30 avions) et Tarbes (85 avions), qui abrite le siège de la société, créée en 2007, par trois solides actionnaires (Airbus, Safran, Suez). Depuis la crise provoquée par le corona, c’est un peu la folie, les demandes affluent du monde entier.

En quelques semaines, une centaine d’avions vont ainsi se loger sur les parkings de Tarmac. Fin 2019, ils étaient 150, aujourd’hui 200 et dans un mois, ce sera 250. Pour parvenir à ce chiffre, Tarmac Aerosave a obtenu 25 % de surface en plus auprès des concessionnaires des trois sites. Sur cette «flotte», la moitié est composée de court et moyen courriers, type A320, et l’autre de long courriers, type A330, avec, notamment, plusieurs jumbos A380 qui prennent beaucoup de place…

«Avant la crise, nous avions déjà prévu d’augmenter nos capacités de stockage», explique Patrick Lecer, 59 ans, directeur général de Tarmac Aerosave qui, après un diplôme en génie mécanique de Nancy et un passage par Harvard, a eu une carrière bien remplie dans la maintenance et le service client, chez Air France, Emirates ou Airbus.

Cette augmentation visait simplement à suivre l’accroissement de la flotte mondiale. Car, en plus de stocker des avions, Tarmac Aerosave en assure la maintenance, les transforme quand ils changent de main et même les démantèle quand ils ne trouvent plus preneur.

Les pièces détachées, reconditionnées et recertifiées, se vendent plus cher qu’un avion complet. Depuis deux mois, ces trois métiers (maintenance, transformation, démantèlement) ont été quelque peu mis entre parenthèses, ce qui a provoqué une chute du chiffre d’affaires (moins 40 % en avril et mai) et contraint l’entreprise à se séparer de ses intérimaires, stopper ses embauches et mettre au chômage partiel 10 % de ses effectifs (370 employés).

La priorité est maintenant ailleurs : il s’agit de trouver de la place pour accueillir les avions «Covid» qui devront attendre des jours meilleurs avant de reprendre du service. «D’ordinaire», explique Patrick Lecer, «quand 100 avions entrent, 80 repartent. Avec la crise, le rapport s’est figé : quand 100 avions entrent seuls 40 sortent.» Du coup, pour Tarmac Aerosave, le mètre carré vaut de l’or. Pour garder un appareil durant un mois, le client débourserait de 10.000 à 30.000 euros (À Tarbes, on ne confirme pas cette estimation). L’an dernier, 40 % du chiffre d’affaires (50 millions d’euros ) provenait du stockage. Ce sera beaucoup plus cette année 2020.

La société est assaillie de demandes en provenance, d’abord (à 80 %) des loueurs (les Aer Cap, Gecas et autres Avolon), mais aussi des compagnies (Air France, Lufthansa, British Airways, Etih, etc.). Du côté des constructeurs, confrontés à des compagnies aériennes exsangues qui ont du mal à régler les derniers chèques de leurs commandes, seul Airbus est demandeur sans cependant, pour l’heure, rechercher plus de places de parking que d’ordinaire. 

Le groupe de Toulouse possède ses propres aires de stockage et a réduit sa production d’un tiers depuis quelques semaines. «En dehors d’Airbus», confie Patrick Lecer, «nous sommes en discussion avec l’américain Boeing et le brésilien Embraer qui, eux aussi, sont en quête de places de parking.

Dans les prochains mois, le DG de Tarmac ne compte pas en rester là. Si, comme annoncé, Orly ouvre le 26 juin, il faudra bien trouver de nouveaux refuges aux avions qui encombrent les pistes de l’aéroport parisien. «Nous devrons être au rendez-vous» assure Patrick Lecer, qui négocie d’autres capacités de stockage avec des aéroports en Europe. 

Échanges de bons procédés : les aéroports offrent des surfaces quand Tarmac Aerosave apporte ses indispensables services. Car conserver les avions en état de marche nécessite des inspections et des entretiens réguliers que seule une société disposant des agréments et des certificats délivrés par les autorités européennes et américaines peut assurer. 

Quand un avion est sous cocon, les techniciens de Tarmac Aerosave doivent bâcher les moteurs, les faire tourner de temps en temps, vérifier les circuits hydrauliques, le conditionnement d’air, l’électronique, protéger les sondes, soulever les roues pour préserver les pneus, procéder à des roulages. Tarmac Aerosave, justement, détient les licences pour opérer sur tous les avions (Airbus, Boeing, Embraer, Bombardier, ATR, etc.) et sur tous les moteurs (Safran, GE, Rolls, Pratt & Whitney, etc.).

Un savoir-faire aussi pointu que précieux que possèdent de grandes compagnies aériennes (comme Air France), mais pas les aéroports. En cherchant de nouveaux espaces pour caser de nouveaux avions, Patrick Lecer fait un sacré pari. Car dans ce domaine, on ne négocie pas des accords, au jour le jour, mais l’on signe des contrats à long terme. Or, qui sait combien de temps durera la crise? Qui sait quand le trafic aérien retrouvera ses niveaux du début de l’année?  «Il y a beaucoup d’inconnues», admet Patrick Lecer. «Mais, après tout, le propre d’une entreprise, c’est de prendre des risques!»

(14h44) Déconfinement : le coin des célébrités

Nicolas Bedos, dont le père, Guy Bedos, est décédé, ce jeudi 28 mai, a adressé, à ce dernier, une lettre lue par Augustin Trapenard, sur France Inter. Le cinéaste y décrit notamment les derniers moments de l’humoriste et l’émotion de ces ultimes instants.   Nous reproduisons cette lettre de Nicolas Bedos, dans son intégralité…

«Une dernière nuit près de toi. Des bougies, un peu de whisky, ta main si fine et féminine qui serre la mienne jusqu’au p’tit jour du dernier jour. Ton regard enfantin qui désarme un peu plus le gamin que j’redeviens. Au-dessus de ton lit, un bordel de photos, de Jean-Loup Dabadie à Gisèle Halimi, de Desproges à Camus en passant par Guitry. Ça ne votait pas pareil, ça ne priait pas les mêmes fantômes, mais vous marchiez groupés dans le sens de l’humour et de l’amour.»

«Au bout de tes jambes qui ne marchent plus, tes chats, sereins, comme des gardiens. Sur la table de nuit, un fond de verre de Coca, ultime lien entre ce monde et toi, quelques gorgées de force qui te permettent, du fin fond de ta faiblesse, de nous lancer des gestes d’une élégance et d’une tendresse insolentes. Fâché de ne plus pouvoir parler, tu envoies des baisers muets à ta femme adorée, à ta fille bien aimée, à la fenêtre sur l’Île Saint-Louis, au soleil que tu fuis.»

«Des gestes silencieux qui font un boucan merveilleux dans nos yeux malheureux. Tu auras mélangé les vacheries et l’amour jusqu’au baisser de rideau. Les «foutez l’camp» et les «je t’aime». Caresses et gifles, jusqu’au bout. Incorrigible Cabotin, tu avais bien prévu ton coup : dans ton dernier morceau d’mémoire, tu avais mis des «vous êtes beaux, je suis heureux, j’ai de la chance. C’est ta mère, là, devant moi? C’est ma femme? Oh! tant mieux!». 

«On va t’emmener, maintenant, dans ton costume de scène. Celui des sketches et des revues de presse, des télés et des radios, celui qui arpenta la France, en long en large et en travers de la gorge de certains maires. J’ai dénoué ta cravate noire. On va t’emmener où tu voulais, c’est toi qui dictes le programme, c’est toi qui conduis sans permis. D’abord à l’église Saint-Germain, tu n’étais pas très pote avec les religions, mais les églises, ça t’emballait. Tu disais «faudrait qu’on puisse les louer pour des spectacles de music-hall, des projections de films, des concerts de Poésie».

«Il y aura des athées, plein d’arabes et plein de juifs. Ça aurait consterné ta mère, tu aurais bien aimé que ta mère soit fâchée. Puis on t’envole en Corse, dans ce village qui te rendait un peu ta Méditerranée d’Alger. On va chanter avec Izia et les Tao, du Higelin, du Trenet, du Dabadie et du Nougaro. On va t’faire des violons, du mélodrame a capella : faut pas mégoter son chagrin à la sortie d’un comédien. Faut se lâcher sur les bravos et occuper chaque strapontin. C’est leur magot, c’est ton butin. D’autant que je sens que tu n’es pas loin… tu n’es pas mort : tu dors enfin.»

(13h06) Déconfinement : «Il y a de l’envie de la part des Français»

Presque trois semaines après le début du déconfinement, les Français poursuivent, ce mercredi, la redécouverte d’activités interdites pendant des semaines par le coronavirus, le gouvernement espérant que ce retour progressif à la normale puisse venir au secours d’une économie dévastée.

Les Français étaient au rendez-vous, ce mardi, pour la réouverture des cafés, bars et restaurants dans les zones «verte», et seulement des terrasses, dans les zones «orange» (Ile-de-France, Mayotte, Guyane). «Il y avait beaucoup d’engouement, ça s’est très bien passé, malgré quelques ajustements nécessaires pour appliquer les règles sanitaires», a commenté, sur France Inter, la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Panier-Runacher. «Pour les commerçants, c’est une très bonne nouvelle, la consommation a envie de repartir, il y a de l’attente, de l’envie de la part des Français», a-t-elle insisté, «même s’il faut être prudent tant qu’il n’y a pas de chiffres précis».

«Le gouvernement anticipe, désormais, une chute du PIB de 11%, cette année, en raison du «choc économique extrêmement brutal provoqué par l’arrêt quasi total de l’économie. Mais j’ai la conviction absolue que nous allons rebondir, en 2021», a assuré, ce mardi, le ministre Bruno Le Maire. La Sécurité sociale, aussi, encaisse le choc. «Le déficit devrait atteindre, en 2020, un niveau extrêmement inquiétant de 52,2 milliards d’euros», selon le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. «Avec 11 milliards de plus en six semaines.»

Pour plancher sur les solutions à apporter à cette crise économique et sociale, Emmanuel Macron et Edouard Philippe réunissent, à nouveau, ce jeudi ,à l’Elysée, les organisations syndicales et patronales. «Dans la période de sortie du confinement, il s’agira de travailler à ce qui peut être fait pour préserver l’emploi et l’accompagnement des plus fragiles, notamment les jeunes entrant sur le marché du travail», a précisé la présidence. «Je pense qu’il faut augmenter les minima sociaux», a plaidé Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Sur le front des bonnes nouvelles, les réservations des vacances d’été montent en puissance, même si le retard accumulé, pendant le confinement, ne pourra être rattrapé. Les frontières sont, en revanche, toujours fermées, ce qui pose quelques problèmes avec certains voisins. A Menton, les contrôles pour entrer en France, depuis l’Italie, qui, elle, a rouvert sa frontière, ont suscité l’énervement des automobilistes.

Le ralentissement de la diffusion du coronavirus sur le territoire doit aussi permettre à plus d’élèves de retrouver le chemin des écoles, collèges et lycées. Mais la volonté affichée par le gouvernement d’un retour à la normale, dans l’Éducation nationale, se heurte à un protocole sanitaire draconien, avec un nombre limité d’élèves et, parfois, dans certaines villes, un seul jour de classe par semaine.

L’épidémie a tué 28.940 personnes en France, selon le bilan publié, ce mardi soir. Le nombre de patients en réanimation (1.253) continue de diminuer, mais le virus circule toujours. Pour éviter la reprise de l’épidémie, le gouvernement a mis en place des tests, à large échelle, de toutes les personnes présentant des symptômes et des cas contacts, système assorti d’isolement pour les malades. Pour aider à contrôler la propagation, l’application de traçage controversée, StopCovid, a aussi été lancée, ce mardi soir, en téléchargement volontaire sur les téléphones portables.

(11h48) Le gouvernement envisage de prolonger l’état d’urgence sanitaire

Le gouvernement envisage de prolonger l’état d’urgence sanitaire dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, d’après des sources concordantes à BFMTV, confirmant une information du Parisien. Ce dernier doit en principe se terminer le 10 juillet.

Selon les informations de BFMTV, le gouvernement a inscrit, à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, un vote sur le sujet pour le 17 juin. Il envisage une prolongation, en cas d’une reprise de l’épidémie de coronavirus sur le territoire, mais la durée de cette prolongation n’est pas encore définie.

Face à la crise sanitaire, l’état d’urgence sanitaire avait été déclaré le 23 mars, puis prolongé lors de la première phase du déconfinement jusqu’au 10 juillet 2020. Ce dernier encadre notamment l’obligation du port du masque, dans les transports en commun, la réouverture des commerces, à condition du respect des gestes barrières et de la distanciation, et la limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics.

(11h08) Vacances d’été: les réservations montent en puissance

A la mer, à la montagne ou à la campagne, les vacances d’été seront dans l’Hexagone majoritairement. Les Français se lancent enfin dans les réservations, pour leurs vacances d’été, libérés par les annonces gouvernementales, même si le retard accumulé pendant le confinement ne pourra être rattrapé.

Le feu vert a été donné, dès le 14 mai, par le Premier ministre, Édouard Philippe, pour des vacances, dans l’Hexagone, en juillet et août, et il avait engendré un premier flot de réservations. Ses déclarations du 28 mai, avec le déverrouillage des 100 km, la réouverture des restaurants, des campings et des résidences de tourisme, le 2 juin, en zone «verte», ont littéralement débloqué les prises de commandes pour des séjours.

«L’annonce du 28 mai a permis de booster les ventes sur le web, avec une hausse des flux, sur les quatre derniers jours, de 150% pour Pierre & Vacances, et de 180% pour les domaines Center Parcs», indique ,à l’AFP, le groupe Pierre et Vacances.

Le numéro un européen des résidences de loisir dit «observer une hausse des paniers moyens, portée par un allongement significatif des séjours, et une montée en gamme mais, à ce stade, et malgré ces bonnes tendances, et constate toujours un retard sur le niveau de réservations en cumulé».

«Quoi que l’on fasse, on ne rattrapera pas le retard lié à l’arrêt total des réservations, pendant les deux mois de confinement, et la clientèle étrangère manquera toujours», renchérit Patrick Labrune, président du Syndicat national des résidences de tourisme. Mais il se réjouit des annonces du Premier ministre de jeudi dernier, «qui ont fait exploser de 200 à 300% les prises de commande par rapport au weekend de la Pentecôte de l’an dernier.

La plate-forme Leboncoin, qui propose 220.000 annonces pour des locations de vacances, a, pour sa part, recensé 32% de visites supplémentaires lors du lundi de Pentecôte. De son côté, le Club Med fait état, pour son site web, «d’un taux de conversion dont les niveaux avoisinent ceux de l’an dernier. La France est particulièrement bien positionnée avec des progressions à deux chiffres, versus la même période de l’an dernier. Mais nous restons vigilants».

La tendance est la même dans les 8.000 campings français, dont 75% rouvriront cette semaine. «Depuis jeudi, on a triplé le nombre de réservations en rythme journalier. On est en phase de rattrapage, mais on imagine peut-être avoir un niveau normal pour la clientèle française», juge Nicolas Dayot, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air. Pour lui : «Si tout va bien et si les frontières rouvrent rapidement, la clientèle européenne reviendra aussi.»

L’Italie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal ont déjà indiqué qu’ils accueilleraient les estivants européens sans imposer de quarantaine. «Les réservations pour l’étranger, faites en ligne auprès d’agences de voyage, représentaient, la semaine dernière, seulement 20% de ce que l’on avait à la même période de l’an dernier», résume Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

Opodo a, pour sa part, enregistré un renversement de tendance depuis les annonces du 28 mai. «La Corse, qui était jusqu’alors en tête des réservations, avec Ajaccio, Figaro et Bastia, a été détrônée par le Portugal, avec les villes de Lisbonne et de Porto, indique, à l’AFP, le site de voyages en ligne.

Concernant l’Outre-mer, la saison est suspendue à la levée de la quarantaine qui reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a affirmé mardi que «le gouvernement travaillait à un dispositif de tests». «C’est catastrophique ! Alors que l’Europe va s’ouvrir, l’Outre-mer reste fermé», déplore Jean-Pierre Mas.

«La situation est surréaliste, c’est une ineptie économique», estime également Gilbert Cisneros, président du voyagiste Exotismes, spécialiste des îles, qui dénonce «un contexte purement électoraliste». «Les politiques locaux veulent maintenir la quarantaine pour capter, aux municipales, les voix des extrémistes qui pensent que les étrangers vont faire venir le coronavirus sur leurs îles», affirme-t-il.

(10h40) Vacances : 46% des Français attendront 2021 pour voyager

Au vu du contexte particulier, près d’un Français sur deux n’a pas l’intention de voyager cette année. À l’inverse, 19% n’attendent que le feu vert du gouvernement pour boucler les valises.

Alors que le 2 juin est passé, date qui devait donner davantage de libertés aux Français, ces derniers ne semblent pas si pressés de faire leurs bagages. Dans tous les cas, les grands voyages attendront. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Tourlane, le spécialiste en ligne pour des voyages de rêve sur mesure, qui a interrogé environ 600 personnes de sa communauté. Ainsi, 46% des personnes interrogées ne voyageront qu’en 2021. «L’envie de voyager, au plus tôt, en automne 2020» arrive en seconde position (22 %), devant «les voyageurs prêts à partir dès que possible» (19 %) en troisième place, précise l’enquête. 

Après deux mois de confinement strict, de quoi rêvent les Français ? Étonnamment, l’Afrique du Sud est la destination privilégiée pour les destinations hors Europe. Suivent ensuite, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Deux pays qui offrent un terrain de jeu particulièrement attrayant pour les baroudeurs. Ça tombe bien : 30% des sondés ont soif d’aventure, en pleine nature, mais la culture n’est jamais loin. «Quelque soit le type de vacances souhaité, ces dernières seront sous le signe de la culture. En effet, il s’agit de l’activité la plus plébiscitée en vacances par 46 % des participants français», détaille Tourlane. 

Il n’est donc pas illogique de retrouver la Grèce (22 %), l’Italie (20%) et… la France (10%) sur le podium des pays dans lesquels les Français ont le plus envie de partir sur le Vieux Continent. Loin de rendre insociable, le confinement a donné envie aux Français de partir à deux. Si une minorité préfère partir en solo (11 %), la moitié des sondés déclare vouloir partir en couple (50%). Le voyage de vos rêves en quelques mots ? Un départ l’année prochaine direction l’Afrique du Sud ou la Grèce, en pleine nature, avec votre moitié(e).

(09h52) Coronavirus : la France devrait perdre 38 millions de touristes en 2020

En 2020, alors qu’elle espérait atteindre les 100 millions de touristes étrangers, la France, comme tous les autres pays du monde, s’apprête à vivre une année pénible. Selon un rapport, 38 millions de visiteurs attendus dans l’Hexagone devraient manquer à l’appel. 

Le tourisme mondial est à l’arrêt : Tour Eiffel, Grande Muraille de Chine, chutes du Niagara, Taj Mahal… Ces lieux incontournables accueillent, chaque année, des millions de visiteurs. Mais pas en 2020, le coronavirus ayant contraint les gens à limiter au maximum leurs déplacements et les pays à fermer leurs frontières. Une année noire pour un secteur sinistré qui représente 10% du PIB mondial et 15% des emplois. Selon l’Organisation mondiale du Tourisme le cumul des pertes liées à la pandémie avoisine les 1.000 milliards d’euros.

Pour l’Europe, la cicatrice mettra du temps à se refermer. La France, première destination touristique mondiale, avec 90 millions de touristes sur son sol en 2018, peut s’inquiéter. Pour 2020, les prévisions se révèlent catastrophiques selon le dernier rapport de la Commission européenne des voyages (CTE). 

Selon l’étude, la France serait le pays européen qui connaîtra la plus grosse chute avec 38 millions de touristes en moins cette année. Suivent l’Espagne (34 millions) et l’Italie (31 millions). Troisième, l’Italie devrait, quand à elle, subir le plus fort impact en pourcentage, avec 49% de touristes en moins par rapport à 2019. «Les voyages en Europe devraient être inférieurs de 39% en 2020 à ceux de 2019, ce qui représente la moitié de la perte de volume de visiteurs dans le monde», note l’étude.

«La plupart des destinations s’attendent à une baisse du tourisme de 30 à 40% en 2020», ajoute-t-elle. Moins touchés par la pandémie, la Grèce et le Portugal pourraient en profiter à l’inverse du trio France-Espagne-Italie qui devrait représenter «environ un tiers de la baisse des arrivées internationales sur le Vieux Continent». 

Secteur clé de l’économie, le tourisme donne du travail directement ou indirectement à 27 millions d’Européens. Ces pertes se répercutent déjà sur l’emploi. Face à cette crise inédite et plombé par ses résultats trimestriels, le groupe Air France-KLM envisage des suppressions d’emplois sur la base de départs volontaires. Air France n’est pas le seul transporteur aérien à souffrir de voir ses avions cloués au sol. Les plans sociaux se multiplient : 12.000 suppressions d’emplois chez British Airways, 5.000 chez SAS Scandinavian Airlines, 2.000 chez Icelandair ou encore 3.000 chez Ryanair.

(09h15) Déconfinement : des aides pour les très jeunes entreprises

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, ce mardi, qu’un dispositif d’aide pour les «très jeunes entreprises» créées juste avant le confinement serait présenté, en juin, sans en préciser pour l’heure les détails. «Un texte réglementaire sera pris, dans le courant du mois de juin, pour accompagner les entreprises tout récemment créées, de façon à ce que les plus jeunes et peut-être, d’une certaine façon, les plus audacieux ne soient pas pénalisés par la crise sanitaire», a déclaré le Premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée.

Interrogé par le député Olivier Becht, président du nouveau groupe Agir ensemble, Edouard Philippe est revenu sur le sort de «ces très jeunes entreprises, celles créées un mois, voire parfois, malheureusement, une semaine avant le confinement, le 17 mars.» Des entreprises qui ont été créées après que des investissements ont été réalisés et qui se sont trouvées dans des situations redoutablement difficiles, d’abord parce qu’elles ne pouvaient pas s’appuyer sur le passé, pour démontrer leur viabilité. «Nous avons prévu de les accompagner», a insisté le Premier ministre.

La question de l’aide à ces entreprises, à la situation difficile, est récurrente, depuis le début de la crise, alors que l’Etat a mis en place un fonds de solidarité pour les très petites entreprises dont l’accès repose notamment sur les chiffres d’affaires réalisés en 2019.

(08h48) Le gouvernement prend en charge les mesures sanitaires dans le BTP

Le secteur du bâtiment a redémarré mais certains chantiers restent pénalisés par les surcoûts liés aux mesures de protection sanitaire. «Le gouvernement envisage de prendre en charge les surcoûts liés aux mesures de protection sanitaire dans le bâtiment pour les chantiers publics», a déclaré à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

«Ce secteur a été à 85% à l’arrêt, durant le confinement, pour lutter contre le coronavirus, et a redémarré fortement», selon le ministre. «Mais il est handicapé par des règles sanitaires qui lui font perdre 25% à 30% de productivité sur chaque chantier», a déclaré Bruno Le Maire, en réponse à une question du député LR Thibault Bazin.

«Et il y a des surcoûts. Dans le projet de loi finance rectificative (PLFR) N.3, nous aurons l’occasion d’examiner les moyens de prendre en charge ces surcoûts pour, qu’effectivement, ça ne pèse pas sur la rentabilité des chantiers de bâtiments et de travaux publics», a ajouté le ministre.

Ce troisième PLFR depuis la crise du coronavirus, qui comprendra des mesures de soutien aux secteurs économiques en difficulté et à l’emploi des jeunes, doit être présenté, le 10 juin, en conseil des ministres. Bruno Le Maire a, en outre, rappelé l’annonce par le Premier ministre, Edouard Philippe, d’un plan de soutien aux collectivités locales pour accompagner la reprise de la commande publique.

Le ministre de l’Economie a enfin estimé «qu’il faut garder un environnement qui soit le plus compétitif possible ce qui passe par la baisse des impôts de production qui pèsent sur la compétitivité de ces entreprises et sur leur rentabilité». La baisse de ces impôts, qui sont plus élevés en France que, notamment, en Allemagne, sont réclamés avec insistance par le patronat.

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