(17h25) Emmanuel Macron: «la France est sur la bonne voie»

Le président de la République, Emmanuel Macron, entouré de ses principaux ministres, a réuni, ce mercredi, en visioconférence les préfets de régions et les directeurs des Agences régionales de santé (ARS) pour faire le point sur le début du déconfinement. Il a estimé que «la voie suivie était la bonne» et que «les choses s’étaient globalement bien passées» pour la sortie du confinement, lundi matin.

En introduction, le chef de l’Etat a déclaré: «La philosophie qu’on a adoptée, depuis le début, avec le Premier ministre est de corriger constamment le tir, si besoin était, si des difficultés apparaissaient. On continuera de le faire, dans les jours et les semaines qui viennent, sur chacun de ces différents sujets extrêmement logistiques et concrets.» Emmanuel Macron a souhaité faire «le point sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et qu’on puisse adapter les choses» a-t-il poursuivi devant des journalistes, avant de céder la parole à Edouard Philippe. La suite de la réunion s’est poursuivie hors presse.

Emmanuel Macron a rappelé les trois échéances que s’est donné l’exécutif pour les semaines à venir, selon des propos rapportés, ensuite, par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Un premier jalon aura lieu le 2 juin, date où, «en fonction de l’évolution de l’épidémie, le déconfinement pourra franchir une nouvelle étape, après le week-end de la Pentecôte, qui pourra être différenciée selon les territoires et les indicateurs sanitaires».

Puis la saison estivale, qui «pose des questions spécifiques en matière de déplacements sur le territoire national et à l’étranger et qui devra « faire l’objet d’une nécessaire coordination européenne». Il a enfin évoqué la troisième échéance, «possible mais incertaine, d’un reconfinement, si la situation devait se dégrader.»

Emmanuel Macron a invité le gouvernement à «s’armer dans cette perspective» et il a estimé qu’il est «trop tôt pour crier victoire» dans le processus de déconfinement. Parmi les sujets à l’ordre du jour figuraient notamment l’efficacité du dispositif pour tester, suivre et isoler les patients contaminés, le déploiement des tests, les masques, la reprise de la vie économique et sociale (écoles transports, entreprises, commerces, déplacements inter-régionaux, accès au littoral, etc.) et la situation en outre-mer.

(16h48) Qui va composer les «brigades» du coronavirus?

Les moyens humains pour composer les «brigades» du coronavirus seront, en premier, lieu fournis par l’Assurance maladie, elle-même, qui compte, selon Le Figaro, environ 5.000 enquêteurs téléphoniques. Ils seront formés à ces démarches par les Agences régionales de santé et par Santé publique France. C’est une question cruciale, car cette méthode demande d’importants moyens humains.

Ils pourront être appuyés par des employés de centres communaux d’action sociale (CCAS), de mairies, de départements ou encore d’associations comme la Croix-Rouge, selon des partenariats qui se noueront au niveau local. Les besoins mobilisés devraient dépendre des situations locales. Mais avant toute chose, ces enquêteurs, n’étant pas médecins, ils devront être autorisés à participer à ce processus par une nouvelle loi.

Le suivi des cas contacts est une méthode éprouvée, comme le rappelle le Conseil scientifique dans son avis du 20 avril. Les scientifiques jugent sa mise en place «indispensable» après le déconfinement. Des enquêtes de terrain avaient d’ailleurs été utilisées en France au début de l’épidémie, via un dispositif plus simple mis en place par Santé publique France, pour remonter les chaînes de contamination des premiers foyers.

Certaines conditions sont cependant nécessaires pour que cette stratégie fonctionne. Il faut, bien sûr, que la capacité de tester promise par le gouvernement soit effective: sans malades dépistés, il n’y aura aucun cas contact à retrouver. Il faut aussi que les enquêteurs soient en nombre suffisant. Dans un entretien au Monde, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, estimait que «vu la taille de notre pays, il faut tabler sur environ 30.000 personnes» pour composer les brigades d’enquêteurs. «Sans cela, cela ne marchera pas» assurait-il. Rappelant qu’ils sont 20.000, en Corée du Sud, pays de moins de 52 millions d’habitants contre 67 millions, en France, et qui compte beaucoup moins de cas à surveiller.

Un autre écueil a été évoqué, par le Premier ministre, à l’Assemblée nationale: ces enquêtes «se heurtent, parfois, dans les centres urbains, à l’impossibilité de reconstituer les chaînes de transmission dans les lieux plus denses, notamment les transports en commun». Si un malade a pris le métro ou s’il a fait la queue, longtemps, au supermarché, avant d’être dépisté, il a pu être en contact proche avec des personnes qu’il ne connaît pas, et qu’il sera difficile de retrouver.

L’application StopCovid n’a pas forcément été pensée pour fonctionner seule. Les pays qui emploient déjà une application similaire (Singapour) ou d’autres moyens de traçage numérique des malades (comme la Corée du Sud) conjuguent tous les outils technologiques avec des moyens humains d’enquête similaires aux «brigades» que la France veut mettre en place.

Reste que l’application est pensée par le gouvernement comme un autre élément de cette stratégie, susceptible notamment d’aider à retracer les contacts avec des inconnus. Outre les obstacles techniques qui rendent la concrétisation du projet incertaine, il se heurte aux objections éthiques de certains observateurs, notamment au sein de la classe politique.

(15h39) Questions sur les tests sérologiques

C’est l’un des piliers du plan de déconfinement annoncé par Édouard Philippe à l’Assemblée nationale fin avril: la France va tester massivement les personnes qui présentent des symptômes du coronavirus. Pour y arriver, le chef du gouvernement annonce une capacité de 700000 tests virologiques, par semaine. À quoi servent ces tests? Comment seront-ils pratiqués? Où pourra-t-on se faire tester et par qui? Est-ce fiable? La «Cellule Vrai du Faux» de France Info, vous explique…

Jusqu’à présent, seules les personnes à risque, les personnels soignants, les femmes enceintes ou encore les résidents d’Ephad étaient prioritairement testés en cas de symptômes du Covid-19. Depuis le 11 mai, «si vous êtes porteur de symptômes et que vous voulez savoir si vous êtes malade, vous pouvez, vous devrez bénéficier de ce test virologique», a assuré Olivier Véran, fin avril, sur France Info.

Avant de se faire dépister, il faudra une prescription médicale. «C’est un examen médical et il est important de rentrer dans une logique de soins» a précisé Olivier Véran, le ministre de la Santé sur France Info. Autrement dit, en cas de symptômes légers, il faudra d’abord se rendre chez son médecin généraliste.

Les tests virologiques seront aussi destinés aux personnes «qui auront eu un contact rapproché, avec une personne positive, qu’elles soient symptomatiques ou non», a précisé le Premier ministre. Dans chaque département, des «brigades» sanitaires seront chargées d’identifier les cas contacts et d’assurer le suivi des tests à réaliser et de leurs résultats.

Le prélèvement est assez rapide. Pour le réaliser, on insère généralement un écouvillon (un long coton-tige) profondément dans le nez pour atteindre la zone naso-pharyingée. Une fois le prélèvement effectué, le laboratoire va vérifier s’il contient ou non le virus Covid-19 dans le corps. Il faudra pouvoir «se faire tester »partout où l’on peut le faire et où ça fait sens» indique Olivier Véran. Le gouvernement souhaite créer un accès de proximité au prélèvement.

Les laboratoires de ville et les hôpitaux pourront pratiquer ces tests, ainsi que certains laboratoires vétérinaires départementaux de recherche et même ceux de la police et de la gendarmerie. Concrètement, tous les dépistages ne se feront pas forcément dans les laboratoires ou dans les hôpitaux. Ils pourront aussi se faire dans des endroits spécifiques comme des tentes ou des bâtiments publics, c’est par exemple le cas actuellement à la mairie du 5ème arrondissement de Paris. Le ministre de la Santé évoque aussi la mise en place de «drive» avec des tests réalisés au volant de sa voiture sur des parkings. Plusieurs opérations de ce type ont déjà été organisées en France depuis le début de l’épidémie.

«Les dépistages doivent obligatoirement être effectués par un personnel formé doté d’équipements particuliers et d’une expertise de laboratoire» explique l’institut Pasteur. Concrètement, cela concerne les biologistes, les infirmiers ou encore des médecins. L’objectif est «d’avoir des gens qui sont formés pour faire de l’écouvillonnage, c’est-à-dire le prélèvement, et ensuite rapporter ces écouvillons dans les différents laboratoires», a précisé sur France Info, le ministre de la Santé, Olivier Véran.

«Nous allons faire passer à 100% la prise en charge de ces tests par l’Assurance maladie» a indiqué mardi le Premier ministre Edouard Philippe à l’Assemblée nationale. Jusqu’à présent, un test PCR réalisé en laboratoire de ville ou à l’hôpital est facturé 54 euros et remboursé à hauteur de 60% par la Sécurité sociale. La somme restante est prise en charge par les mutuelles.

Le test virologique, avec un prélèvement dans le nez, est différent du test sérologique qui consiste en une simple prise de sang. Ce test sérologique ne poursuit pas le même objectif : il est censé détecter des anticorps qui prouveraient que vous avez été en contact avec le virus. Autre gros bémol pour ces tests sérologiques leur fiabilité n’est pas encore établie.:Mais une fois que ce sera le cas, ils seront utiles pour avoir une meilleure connaissance de l’épidémie. Ils pourront notamment dire quelle proportion de la population a été contaminée par le nouveau coronavirus.

(11h16) Cafouillage monstre pour la réouverture des auto-écoles

Alors que de nombreuses auto-écoles avaient prévu de rouvrir ce lundi avec un processus sanitaire adapté, une réouverture confirmée par le ministère de tutelle des auto-écoles et le ministère de l’Intérieur, les professionnels ont découvert, en cours de journée, que le décret prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie du Covid-19, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, paru le matin même, ne les autorisait, en fait, pas à ouvrir les 11 et 12 mai.

Indignation des professionnels qui, depuis lundi matin, avaient rappelé leurs élèves, calé les premiers plannings de cours, dont certains sont prévus dès le mardi dans certaines moto-écoles. Un nouveau texte de loi reprend les termes du premier, mardi matin, mais cette fois sans donner de date de réouverture. Après une journée d’échanges avec les représentants du gouvernement, les professionnels de la conduite semblent avoir finalement obtenu gain de cause: les 12.500 auto-écoles de France sont autorisées à rouvrir, ce mercredi matin, après arbitrage. Reste que ce matin, au Journal Officiel, aucun texte ne semble soutenir cette réouverture, il devrait être publié dans les prochains jours.

Pour les professionnels, rouvrir apparait comme une question de survie. Dans l’attente de la publication de leur fiche métier, les professionnels du CNPA, de l’Union nationale des indépendants de la conduite, des différents réseaux comme les ECF, ont mis en place des protocoles sanitaires très stricts pour assurer les cours de conduite: masques obligatoires pour l’élève et le moniteur qui, dans certains cas, pourrait porter une visière avec l’aération du véhicule et la désinfection.

Reste maintenant à officialiser le calendrier de reprise des examens du permis de conduire et le processus sanitaire à mettre en place, notamment pour l’examen pratique de la conduite pour le permis B. À l’heure de la reprise, les auto-écoles et les apprentis-conducteurs sont assurés qu’aucun examen voiture n’aura lieu en mai. Les candidats ne devraient pas pouvoir se présenter avant début juin.

La grande majorité des auto-écoles, en France, comptent moins de 10 salariés. La crise actuelle sera fatale à un grand nombre de ces entreprises. Une hypothèse plus que prévisible, déjà chiffrée par les autorités et les auto-écoles elles-mêmes: 30% d’entre elles pourraient fermer dans les mois à venir. Crise ou non, depuis plusieurs années, les auto-écoles dites «classiques» se plaignent de la concurrence des nouvelles plateformes en ligne, autorisées par la loi Macron de 2014.

Pour Patrice Bessone, président du Comité National des Professionnels de l’Automobile, en charge de l’éducation routière, qui était monté au créneau, après le couac du début de semaine: «C’est une très bonne nouvelle mais la trésorerie de nombreuses auto-écoles est basse depuis plusieurs années. Le Covid-19 et le confinement ont encore aggravé la situation avec aucune rentrée d’argent!»

Pour Pascal Munier, vice-président du CNPA en Côte-d’Or et gérant d’une auto-école à Dijon, s’expliquait sur France 3 Bourgogne Franche-Comté: «Nous avons la pression des élèves, les incertitudes juridiques et toujours pas de dates d’examens car les protocoles sanitaires pour les inspecteurs ne sont toujours pas validés par le ministère»C’est le chaos, le cirque, c’est n’importe quoi! Je ne sais pas s’ils se rendent compte car c’est un million de candidats au permis de conduire par an en France!»

Pour Thierry Donzel, président du CNPA 21, dirigeant d’une auto-école à Nuits-Saint-Georges, s’exprimait sur France Bleu: «S’il y a eu un chamboulement, ça c’est fait assez rapidement. Je me dis que ça se termine bien, on va reprendre, certains ont moins de chance que nous, comme les restaurateurs ou les gens du spectacle qui sont encore sur le tapis.»

Pour Frédéric Martinez, directeur du réseau ECF (Ecoles de Conduite Française): «Nous avons été entendus, c’est l’essentiel.»

Pour Philippe Colombani, président de l’Unic, syndicat d’auto-écoles: «Aujourd’hui, c’est l’impossible tenue de l’examen du permis de conduire. Chaque année, il est passé par plus d’un million de personnes e, actuellement, ils sont 200.000 apprentis-conducteurs à attendre une date. Cette crise sanitaire va profiter, sans doute, aux plateformes en ligne. C’est déloyal et nous regrettons des déséquilibres sur les prix, sur les coûts, sur les charges et on ne peut pas rivaliser!»

«Nos membres se sont préparés à rouvrir, mais certains ne veulent pas parce qu’ils ont la trouille! Et, en plus, on est à sec, il n’y a plus rien, certains prennent même sur leurs réserves personnelles! Nous avons préparé un guide sanitaire mais cela sera à notre charge bien sûr. Les auto-écoles n’ont pas forcément les moyens pour toutes ces charges supplémentaires et j’en appelle à la prise en charge de ces dépenses par l’État.»

Pour un professionnel du secteur: «C’est une situation dramatique car les auto-écoles n’ont pas de réserves ou d’avance de fonds. Les rentrées d’argent sont à zéro, comme pour un grand nombre de structures.»

(10h42) Vu de Perpignan: la plus ancienne auto-école de la région

Pour Philippe Beaudoin, gérant de l’auto-école Beaudouin, la plus vieille auto-école de la région de Perpignan, depuis 1985: «On est obligé de subir, le mieux c’est de faire le dos rond et de réduire les frais mais, financièrement, ça va être très compliqué! Les nombreuses charges pèsent sur les auto-écoles. Le report des charges patronales, pour les entreprises de moins de 10 salariés ayant subi une fermeture administrative, est une bouffée d’oxygène, car le report en soi n’était pas une solution. Ça nous donne un peu de visibilité, mais d’autres charges courent comme celles de la location des voitures ou des loyers. L’avenir n’est pas rose et ça va exploser quand il faudra rattraper ces charges!»

«Les plus grosses structures seront plus fortement impactées. Elles devront licencier davantage, avec des charges importantes, et beaucoup de voitures en location. Et il y a la reprise d’activité. Comment allons-nous protéger les clients et les salariés?Pour les examens du permis de conduire, tout sera bloqué et la file d’attente sera très longue.»

«Les masques, gants et gel hydro-alcoolique sont obligatoires, comme partout. Mais il faut instaurer une vitre en plexiglas entre le conducteur et le moniteur, désinfecter les volants et les sièges. Dans les salles de code, on peut s’arranger, mais dans la voiture il n’y a pas un mètre de distance! Alors on se prépare à toute éventualité: casque, masque, gel, nettoyage de la voiture entre chaque leçon, aération, pas de climatisation, ainsi que toutes les mesures qui pourront être prises pour reprendre sereinement. Installer une vitre en plexiglas dans la voiture, mais comment vont faire les moniteurs s’ils ont besoin de reprendre le volant? Pas de clim, l’été, à Perpignan, ce n’est pas simple. Tout cela aura un coût. Nous avons  déjà acheté pour 250 euros de masques, de gels ou de plexiglas. Même si nos marges sont déjà très faibles, on ne répercutera pas sur les prix. On prenait déjà de plein fouet la concurrence des plateformes en ligne, on n’avait pas besoin de ça!»

«En cause, les difficultés qui se profilent sur les conditions de passage de l’examen en lui-même. Les examinateurs ne voudront pas reprendre tant qu’ils ne seront pas certains qu’il n’y a plus de risque. La plupart souhaitent voir installer une vitre en plexiglas entre eux et l’élève. Mais c’est une chose impossible: comment fait-on s’ils ont besoin de reprendre le volant? Il y aura beaucoup de pression dès le retour de l’examen, car celui qui le ratera devra attendre longtemps avant de le repasser. Déjà qu’ils n’auront pas conduit pendant plusieurs mois!»

(09h29) Vu d’Orléans: rencontre avec une auto-école traditionnelle

On l’attendait dès le 11 mai, mais la décision n’est tombée que ce mercredi 13 mai: les auto-écoles sont autorisées à reprendre leur activité dès aujourd’hui. Toute la profession a donc pu pousser un soupir de soulagement, après environ deux mois de confinement. A Orléans, elles voient d’un bon oeil le retour de leurs élèves, même si le déconfinement les oblige à de nouvelles contraintes sanitaires. France 3 Centre–Val-de-Loire a rencontré Jérôme Dumoulin, responsable des auto-écoles «Orléans Conduite» et «Saint-Pryvé Conduite»:

Sur la reprise d’activité

«On peut retravailler, c’est déjà pas mal! Nous attendions avec impatience la reprise de notre activité, même si les mesures sanitaires vont nous imposer de nouvelles contraintes.

Gestes –barrières et prévention

En prévision de la réouverture, nous avons mis en place un stock de gel hydro-alcoolique et de masques de protection pour nos collaborateurs et nos élèves. Au début de chaque cours, l’élève devra se désinfecter les mains et effectuer la désinfection du poste de conduite sous la supervision d’un enseignant, afin d’être responsabilisé. La ceinture, le volant, le levier de vitesse, le frein à main… Tout ça, ce sont des choses que l’on touche, sans arrêt, en voiture, et ça prend 1 minute 30 de les désinfecter,»

L’auto-école hors de la voiture

«Le fonctionnement quotidien de l’auto-école, hors de la voiture, s’est lui aussi adapté. Désormais les élèves conducteurs sont accueillis à l’extérieur de l’établissement, pour éviter les allées et venues, et une distance de 2m² est respectée entre chaque candidat lors d’une leçon de code de la route. De quoi établir les meilleures conditions sanitaires, mais aussi de quoi rassurer les parents et l’entourage des élèves.»

Pour les moniteurs d’auto-écoles

En revanche, il est peu probable que les moniteurs d’auto-écoles se mettent au port de la visière de sécurité. «On a fait le test, et je pense que ça peut gêner la vision de l’enseignant.Sans compter les risques en cas d’accident. Imaginez le pire cas possible: un accident a lieu, l’airbag se déclenche et brise la visière. Il y a un risque de blessure grave, sans parler des responsabilités et des assurances.»

Au sujet des examens

«Avec les précautions sanitaires liées au Covid-19, il est probable que certains de ceux qui souhaitaient avoir leur permis de conduire avant l’été seront déçus. Selon la délégation à la Sécurité routière les examens poids-lourds et moto devraient reprendre, d’ici au 25 mai et les examens du permis B, en juin, ce qui devrait laisser le temps aux élèves de reprendre les leçons nécessaires pour retrouver leur niveau.»

(08h44) Déconfinement: focus sur une auto-école en ligne

La principale plateforme d’auto-école en ligne, en France, Ornikar, s’appuie sur un outil de formation, en ligne, pour le code, et sur des moniteurs d’auto-école, travaillant en indépendant, pour la formation pratique. Partie d’un projet lancé en 2013, la société emploie aujourd’hui une centaine de personnes après avoir fait face à une grosse offensive judiciaire des auto-écoles qui lui reprochent de «paupériser» et de «précariser» la profession.

Pour Benjamin Gaignault, l’un des deux associés dirigeants: «Sur un million de candidats, qui auront décidé de s’inscrire dans une formation au permis, cette année-là, 350.000, donc 35%, auront choisi Ornikar.On a représenté 10% des permis de conduire délivré en France, en 2019.Et on note environ 27% d’inscriptions supplémentaires, pour le Code de la route, par rapport à la normale.»

«A la faveur d’une levée de fonds de 35 millions d’euros, nous avons pu aider 987 de nos adhérents. Si beaucoup d’entre eux sont couverts par l’État, environ 15% ont dû être indemnisés de 500.000 euros par ce fonds. La situation est plus facile à gérer quand on est bien financé et que l’on obtient les aides de l’État.»

«On a beaucoup de demande d’enseignants qui souhaitent nous rejoindre depuis deux semaines.A la reprise d’activité, nous avons pris toutes les précautions: masques, gants, gels et nous avons commandé tout le nécessaire pour préserver la santé de nos adhérents et des apprentis-conducteurs. Si l’on veut que cela reprenne vite, on a intérêt à ce que ce soit à notre charge. La récente levée de fonds aidera à cet approvisionnement.»

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