(17h14) Les «brigades» du coronavirus

Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a annoncé, dans le cadre du plan de déconfinement la création de «brigades» chargées d’aider à «casser les chaînes de contamination». Un élément clé, réclamé notamment par le Conseil scientifique, pour éviter que l’épidémie ne reparte de plus belle.

Concrètement, ces équipes seront chargées d’interroger les malades testés positifs au Covid-19. Elles interviendront en deuxième rideau dans cette mission. La «première ligne», a expliqué Edouard Philippe, sera composée des professionnels de santé libéraux, en particulier les généralistes, à qui il appartiendra de rechercher les contacts «pour tout ce qui concerne la cellule familiale».

Ces coordonnées remonteront alors aux fameuses brigades, pilotées par les CPAM (Sécurité sociale) de chaque département. A elles de contacter les personnes recensées par les généralistes, mais aussi d’assurer «la démultiplication de cette démarche d’identification des cas contacts au-delà de la cellule familiale», a résumé le Premier ministre. C’est-à-dire toutes les personnes croisées hors du domicile du malade pendant une durée suffisante à une contamination.

Une fois la liste des contacts du malade établie, ces brigades auront aussi pour rôle de tous les contacter, dans un délai maximum de 24 heures. Ainsi prévenues du risque qu’elles soient contaminées (sans que l’identité du malade leur soit révélée), ces personnes seront alors invitées à se faire tester, même si elles ne présentent pas de symptômes, et à se confiner. En Ile-de-France, où l’AP-HP a mis en place un dispositif semblable, les équipes peuvent même se déplacer à domicile pour dépister tout un foyer. Les brigades vérifieront, enfin, si les tests ont bien été effectués et si le confinement est effectivement appliqué.

(15h32) Dépistage: les tests virologiques en question

Pour réussir le déconfinement, le gouvernement table sur 700.000 tests virologiques par semaine. La cellule investigation de Radio France a enquêté mais cet objectif sera très difficile à atteindre. «Testez, testez, testez.» Depuis le 16 mars 2020, c’est le message très clair martelé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Mais, en France, les retards s’accumulent dans l’organisation de ce dépistage, poussant même le gouvernement à mandater un cabinet privé afin de l’assister «dans le développement des capacités de production nationale de tests».

Le 28 avril 2020, le Premier ministre, annonce: «700.000 tests virologiques, à partir du 11 mai et la mise en place de brigades sanitaires dans chaque département, chargées d’identifier les contacts des personnes présentant des symptômes du coronavirus Covid-19. À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests», assurait Édouard Philippe.

«Le nombre de dépistages a connu de fortes fluctuations au cours des dernières semaines. Il varie entre 200.000 et 270.000 tests par semaine», assure le ministère de la Santé. Mais sur quoi reposent ces chiffres? L’observatoire Géodes de Santé publique France ne centralise pas et n’actualise pas toujours ces données. Les bulletins épidémiologiques régionaux sont disparates. Santé publique France n’a pas été en mesure de donner un chiffre précis. Il n’existe pas de système d’information automatisé. Les manques apparaissent, aussi, dans les bases de données mondiales comme celle de l’université d’Oxford. La collecte des chiffres relève du parcours du combattant.

Pendant plusieurs semaines, lors de son point quotidien sur la progression de l’épidémie, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, évoquait le nombre de tests réalisés, à l’hôpital et dans les laboratoires de ville. Puis cette mention a disparu. En agrégeant les données publiques disponibles, 149.800 tests virologiques ont été réalisés la semaine 18 (du 27 avril au 3 mai 2020) en France. Très loin donc des 300.000 tests avancés par la direction générale de la Santé.

Quant à l’objectif affiché des 700.000 dépistages hebdomadaires, à partir du 11 mai, aucune donnée détaillée ne vient l’étayer. Selon des chiffres disponibles sur le site de Santé Publique France, depuis le 24 février, 831.174 tests virologiques ont été réalisés, à la fois dans les hôpitaux publics et dans les laboratoires privés de ville (respectivement 627.464 et 203.710). Un peu plus de 830.000 tests en 10 semaines d’épidémie quand on parle d’en faire 700.000 par semaine!

(11h09) Déconfinement: Anne Hidalgo fait de la résistance

Dans un message publié mardi 12 mai sur Twitter, la maire PS de Paris, a demandé le port du masque obligatoire dans les rues de la capitale et la réouverture des parcs et jardins. Mais le ministre de la Santé Olivier Véran a aussitôt réitéré son refus d’envisager cette dérogation pour ces espaces verts lors d’un déplacement à Limeil-Brevannes, dans le Val-de-Marne.

«On ne pourra pas contenir les Parisiens sur les trottoirs à proximité des parcs et jardins qui seraient fermés», déclare la maire de Paris. En cette période de déconfinement, Anne Hidalgo renouvelle sa demande auprès du gouvernement qui a refusé d’ouvrir les espaces verts de la capitale. La maire de Paris insiste, ce mardi, car pour l’élue, «c’est une question de santé publique» et elle ajoute «évidemment en prenant des mesures».«Il ne s’agit pas d’ouvrir en autorisant les pique-niques», poursuit la maire de Paris. «Il faut vraiment être pragmatique et sérieux», assure-t-elle. «C’est ce que je propose de faire en lien avec les autorités de l’Etat ».

Anne Hidalgo renouvelle sa demande. «Je vais proposer dans l’après-midi un protocole qui permette de rassurer le gouvernement sur les conditions d’ouverture des parcs et jardins. Evidement avec le port du masque obligatoire. Je pense que le port du masque devrait être obligatoire dans nos rues», a argumenté la maire de Paris, «parce que nous sommes dans un espace où il y a beaucoup de monde, c’est une barrière de protection extrêmement importante». La maire de Paris ne veut ni pique-nique, ni d’attroupements sur les pelouses

«Dans les parcs et jardins, nous mettrons des éléments de règlement pour qu’il n’y ait pas de pique-nique et d’attroupements sur les pelouses» déclare Anne Hidalgo, «nous sommes en mesure de les faire respecter notamment avec les agents du service municipal qui nous aideront à organiser la promenade dans les parcs et jardins», assure-t-elle. La maire de Paris estime que sa demande est relayée par beaucoup de maires de grandes villes, «qui sont exactement dans la même situation que nous» et elle ne cache pas sa crainte avec l’arrivée des beaux jours. «Il faut aller vite parce que le beau temps arrive. Ce week-end va être un week-end très chaud».

Si les parcs et jardins restent fermés, «les gens vont se retrouver dans des endroits, comme les trottoirs, des lieux comme les quais, quai de Valmy ou quai de Seine» anticipe Anne Hidalgo. Cela provoque des attroupements parce que nous sommes une ville très dense, soit 20 000 habitants au kilomètre carré, en moyenne. «On est une des villes les plus denses d’Europe», a détaillé la maire de Paris.

Le premier jour du déconfinement, lundi 11 mai, des dizaines de personnes se sont rassemblées le long des berges du canal Saint-Martin pour profiter de la première soirée du déconfinement, faisant fi des distanciations sociales, avant d’être délogées par les forces de l’ordre. Dans la foulée, le préfet de police, Didier Lallement, annonçait dans un communiqué «l’interdiction de la consommation d’alcool sur les berges du Canal Saint-Martin et sur l’ensemble du linéaire des voies sur berges dans la capitale à compter du 12 mai». Si les bois de Vincennes et de Boulogne sont intégralement ouverts depuis le début du déconfinement, pour l’heure, les parcs et jardins de Paris restent fermés.

(10h36) Coronavirus: les mesures que les Français attendent

L’Ifop*, pour le Cercle de Giverny, a interrogé les Français sur la crise en cours et les mesures à déployer pour relancer le pays. Voici les principales conclusions qu’en tire l’institut de sondage.

Les enjeux environnementaux

Le rôle central des enjeux environnementaux dans la crise sanitaire actuelle est majoritairement reconnu dans ses causes comme dans ses conséquences: 53% des interviewés estiment que la destruction de la biodiversité (disparition d’espèces, raréfaction de la fune et de la flore, etc.) a contribué à l’émergence de la pandémie, dont 24% pensent qu’elle y a «beaucoup» contribué. Les moins de 35 ans sont particulièrement nombreux (62%) à mettre en avant cette relation de cause à effet. En outre, invités à se projeter dans un futur immédiat, 60% de l’échantillon (dont 66% des 18-24 ans) estiment que la crise sanitaire actuelle va entraîner une prise de conscience plus forte dans notre société sur les enjeux de développement durable.

La légitimité des entreprises

Dans le cas d’une crise sanitaire, la légitimité des entreprises, comme acteur essentiel par rapport à l’État, est largement mise en avant dans plusieurs situations précises. Ainsi, 84% des personnes interrogées estiment qu’elles peuvent se substituer à l’État pour proposer du matériel médical permettant de mieux se protéger; 72%, pour faciliter certaines démarches administratives; 61%, pour informer précisément sur la situation sanitaire en cours.

Renseignements de la crise sanitaire

Sur six propositions visant à tirer les enseignements de la crise actuelle, près de la moitié des personnes interrogées (46%) citent comme enseignement le plus urgent à mettre en œuvre pour les entreprises, le fait de «produire davantage en France, en relocalisant certaines industries, lorsque c’est possible». Cette priorité ressort même de façon majoritaire chez les plus de 50 ans (56% d’entre eux la citent en premier), les artisans commerçants (66%) et les salariés travaillant dans le BTP (62%). Par ailleurs, un quasi-consensus ressort pour affirmer que les entreprises ont une responsabilité importante dans le développement d’une société plus écologiste et équitable, afin de prévenir une nouvelle crise sanitaire avec 85 % des interviewés qui partagent cet avis.

Environnement, fidélité et prix

Précisément, c’est 87% des interviewés qui déclarent être davantage disposés à acheter un produit proposé par une entreprise respectueuse de l’environnement et engagée sur les sujets sociaux, soit une progression impressionnante de 13 points sur un an. De même 86% consentent à y être plus fidèles (+16 points). Enfin, sur le critère de prix, alors que l’an passé, les Français étaient encore minoritaires (48%) à être prêts à payer plus cher un produit proposé par une entreprise de ce type, ils sont désormais 68% à déclarer pouvoir franchir le pas, soit une progression de 20 points sur une seule année.

Les données personnelles numériques

Seule une minorité de personnes interrogées (41%) déclarent être disposées à donner un accès plus important à ses données personnelles numériques afin de lutter plus efficacement contre la crise sanitaire actuelle. En outre, seuls 11 % le sont «tout à fait» tandis que, à l’opposé, 29% ne le sont «pas du tout». Certaines catégories de population apparaissent toutefois plus enclines à franchir le pas. C’est le cas à la fois des 18-24 ans: 48% d’entre eux sont prêts à donner un accès plus important ainsi que des 65 ans et plus (50%). C’est également le cas des personnes travaillant dans des entreprises de plus de 1.000 salariés (46%).

Les mesures temporaires pour les entreprises

Afin de limiter les effets de la crise sanitaire et favoriser la relance de l’économie, un large consensus se dessine pour reconnaître que les mesures temporaires les plus utiles pour les entreprises sont celles qui impactent leur gouvernance. 30% des interviewés citent «un gel de la distribution des dividendes aux actionnaires des entreprises» et 21% «une réduction des salaires pour l’ensemble des dirigeants des grandes entreprises» (dont 37% des dirigeants d’entreprise). 26% des personnes interrogées mettent en avant «une réduction de la fiscalité des entreprises.»

La dépense publique et la fiscalité

Un consensus émerge également pour reconnaître la nécessité d’alléger à la fois la dépense publique et la fiscalité. 85% affirment «qu’il est plus utile de «diminuer les impôts plutôt que de les augmenter». En parallèle, 67% estiment «qu’il est plus utile de «diminuer la dépense publique plutôt que de l’augmenter». Les interviewés se montrent, en revanche, partagés sur le type d’acteur que l’État doit soutenir en priorité. 50% estiment qu’il faut davantage soutenir les entreprises et 50% que l’effort doit au contraire en priorité porter sur les ménages. Un clivage social ressort sur ce dernier enjeu, 59% des CSP+ estimant que le soutien doit se concentrer sur les entreprises tandis que 56% des CSP- considèrent qu’il doit se concentrer sur les ménages.

Qualité des soins de santé

Afin de garantir une meilleure qualité des soins, une très forte proportion de Français (88 %) est favorable à davantage de coopération entre les acteurs publics et privés dans le domaine de la santé.

*Enquête réalisée par l’Ifop pour RM conseil et le Cercle de Giverny sur un échantillon national représentatif de la population française de 1 006 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées en ligne du 21 au 24 avril 2020. Méthode des quotas.

(09h38) Cannes: la sélection officielle 2020 dévoilée en juin

Ce mardi, aurait dû démarrer le 73ème Festival de Cannes, initialement prévu du 12 au 23 mai. Avec la crise sanitaire, l’édition 2020 «dans sa forme traditionnelle» est annulée, comme l’a indiqué, de manière officielle, son président, Pierre Lescure, dans le Figaro dimanche, après avoir tenté un report fin juin ou début juillet.

«The French Dispatch», la nouvelle fantaisie de Wes Anderson, dont la sortie a été décalée au 14 octobre, aurait lancé les réjouissances lors de la soirée d’ouverture. Etaient aussi pressentis, sur la Croisette, «Three Stories», de Nanni Moretti, et «Soul», de Pete Docter. Le producteur Saïd Ben Saïd a reprogrammé «Benedetta», de Paul Verhoeven, à mai 2021, sa place en compétition l’an prochain ne laisse aucun doute.

Comme la présence du réalisateur américain Spike Lee, qui a assuré Thierry Frémaux, le délégué général, de son soutien en tant que futur président du jury. Il aurait dévoilé, durant la quinzaine, en séance spéciale, son dernier long métrage, «Da 5 Bloods», qui sera diffusé le 12 juin, sur Netflix. Thierry Frémaux annoncera donc, en juin, la sélection officielle 2020, afin d’accompagner chaque titre de ce label de prestige à l’occasion de sa sortie en salles.

Il prévoit aussi, si la situation le permet, d’organiser des projections, au sein de festivals qui se tiennent à la rentrée: Angoulême, Deauville, Toronto, San Sebastian, New York, Busan, Lumière à Lyon, qu’il organise. Pour les professionnels, le marché du Film se déroulera exclusivement en ligne, du 22 au 26 juin.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

5 × 2 =