Accueil Le coronavirus en direct Coronavirus : les infos du lundi 8 juin

Coronavirus : les infos du lundi 8 juin

(18h20) Déconfinement : mesures-choc pour les relocalisation et la souveraineté

Selon une séquence savamment orchestrée, dont il a le secret et la maîtrise, jusqu’au tout dernier moment, le président de la République, Emmanuel Macron, devrait prendre la parole, lors d’une visite d’une usine tricolore. Il pourrait s’agir d’un site Sanofi, et notamment de l’un des trois sites de vaccins du groupe sur le territoire (Val-de-Reuil, Marcy-l’Etoile ou Neuville-sur-Saône). Une prise de parole qui devrait se concrétiser par une série de mesures orchestrées par la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher.

C’est tout un symbole, après la polémique, mi-mai, autour de l’accès à un possible vaccin candidat estampillé du laboratoire français. Depuis, le chef de l’Etat a rappelé à plusieurs reprises que tout futur vaccin contre le Sars-CoV-2 se devait d’être «un bien public mondiale». Choisir l’un de ces sites serait, en termes d’image, une situation «gagnant-gagnant» pour les deux parties. 

Voilà plusieurs mois que le patron de Sanofi s’active, à Bruxelles, sur le sujet, notamment auprès de Thierry Breton. Et que le chef de l’Etat s’est aussi mobilisé pour favoriser la souveraineté sanitaire du pays, également amorcée récemment au niveau européen, notamment via la coalition franco-allemande.

Le discours d’Emmanuel Macron devrait être suivi, par la mise en place, par Agnès Pannier-Runacher, d’un comité stratégique de filière, avec tous les acteurs, afin de valider des mesures concrètes pour favoriser l’attractivité du pays en matière d’industrie et de recherche pharmaceutique.

Et accélérer surtout les promesses déjà faites lors du CSIS (Conseil stratégiques des industries de santé) de juillet 2018, sous la présidence d’Emmanuel Macron, et l’égide du gouvernement. En tête, l’amélioration des conditions d’accès au marché, souvent décriées par les laboratoires (réglementations, délais d’obtention des autorisations de mise sur le marché ou autorisations temporaires d’utilisation, etc.).

La secrétaire d’Etat a aussi, pour priorité, de relever le défi qui consiste à rapatrier les principes actifs et les médicaments matures indispensables à la souveraineté sanitaire du pays, sans sacrifier son attractivité, et les investissements en matière de médicaments innovants.

Sacré exercice d’équilibriste. Également sur la table, l’épineux sujet des prix de tous ces médicaments. En tête, les industriels, nombreux, plaident pour l’intégration d’un label façon «Made in France», voire un label européen, dans la fixation des prix des médicaments. Un souhait qui serait désormais entendu du côté de l’exécutif.

(17h44) Coronavirus : le boom de la télémédecine continue

Voilà au moins un domaine dans lequel le «monde d’après» ne ressemble pas à celui d’avant en pire. On le sait, les téléconsultations médicales, remboursées en France, depuis septembre 2018, ont explosé pendant le confinement : de 10.000, par semaine, début mars, à 1,1 million, en avril! De manière surprenante, alors que les cabinets des praticiens se sont remplis durant la deuxième quinzaine de mai, aucun effondrement ne s’est produit.

Selon l’Assurance maladie, 650.000 actes de ce type ont encore été facturés entre le 18 et le 31 mai. «On ne reviendra pas au temps d’avant», assure Jacques Battiston, le président du syndicat de généralistes MG France. «Les médecins se sont rendu compte que, dans certaines situations, c’était plus pratique. On en fait moins mais on en fait toujours.»

Même si de nombreuses consultations virtuelles se sont résumées à un simple coup de fil, Nicolas Revel, le directeur de l’Assurance maladie, estime, lui aussi, que la révolution numérique est en marche. «Nous avons eu des retours très positifs de la part des médecins. Avant le confinement, 5.000 se servaient de cet outil. Aujourd’hui, ils sont 40.000, dont 30.000 généralistes. La plupart continueront.»

Doctolib, leader du marché de la téléconsultation grâce aux liens étroits tissés avec les médecins, via son carnet de rendez-vous en ligne et grand gagnant du confinement, a réalisé une étude pour connaître le profil des patients ayant eu recours à ses services. Au total, 1,41 million de nouveaux malades l’ont découvert à cette occasion. Sans surprise, la majorité de ceux qui ont consulté (39%) demeurent en Île-de-France, région urbaine hyperconnectée.

Mais, selon Stanislas Niox-Château, président de la société, «la crise a démocratisé l’usage de la télémédecine, sur tout le territoire. Le nombre est évidemment proportionnel à celui des médecins mais la téléconsultation a progressé aussi dans les zones où les praticiens sont peu nombreux.»

Toutes les classes d’âge semblent avoir franchi le pas : 14% ont entre 0 et 17 ans, 24% entre 25 et 34 ans, 21% entre 35 et 44 ans, 18% plus de 55 ans. «Des milliers de personnes âgées ont fait des consultations vidéo», note Stanislas Niox-Château. «Ça reste embryonnaire mais ça peut se développer, notamment avec l’aide des infirmières libérales.»

Chaque membre du binôme patient/médecin voit son intérêt à ce que la pratique perdure : accès au soin facilité dans des zones isolées, gain de temps pour les malades et les praticiens, et même d’argent pour ces derniers qui, par le passé, ne pouvaient pas facturer les quelque trois heures hebdomadaires moyennes passées à dispenser des conseils par téléphone. Mais les mécanismes mis en place en mars dans l’urgence (tiers payant, dérogation à l’obligation que la consultation soit faite par un médecin déjà consulté durant les douze derniers mois) perdureront-ils?

Cette question sera cette semaine au menu d’une réunion entre syndicats de médecins et Assurance maladie. «On réclame que les plateformes qui font de la téléconsultation délocalisée ne bénéficient plus du remboursement et que les patients rentrent dans le parcours de soins habituel», plaide Jacques Battistoni. Un argument qui trouvera un écho auprès de Nicolas Revel.

«Nous avons toujours cherché à éviter que la télémédecine soit captée par un petit nombre de médecins qui en feraient leur spécialité», commente-t-il. Le risque semble minime. L’explosion des dernières semaines s’est faite grâce à des médecins et des patients qui se connaissaient déjà.

(16h56) Déconfinement : nouveau dispositif de chômage partiel…

«Le nouveau dispositif de chômage partiel, qui doit être défini, à partir de cette semaine, lors de concertations avec les organisations syndicales et patronales, sera en vigueur pendant un à deux ans», a annoncé lundi sur franceinfo Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

«Il a vocation à durer, un à deux ans, ça fait partie des curseurs que l’on décidera lors de la concertation qui doit démarrer ce lundi», a-t-elle ajouté. «Ce délai n’est pas lié à la fin du quinquennat mais à la crise économique», a-t-elle expliqué.

Le gouvernement a annoncé, jeudi dernier, plusieurs concertations pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

«En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel», a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai. Depuis le début de la crise, en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1er juin, la prise en charge par l’État et l’Unédic a baissé de 100 % à 85 % de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire, comme le tourisme ou la restauration. «Ce dispositif permettra de garder son emploi et à l’entreprise de garder ses compétences», a expliqué la ministre. «Parmi les contreparties, le maintien dans l’emploi et, s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on ne fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise».

« Depuis mi-mars, le dispositif a déjà énormément changé, on a besoin de stabilité», a déclaré lors d’une conférence de presse de la CFDT, Marylise Léon, la numéro deux de la confédération. «S’il devait y avoir des aménagements, ça ne serait certainement pas de viser une baisse de l’indemnisation des salariés», a-t-elle prévenu.

(15h49) Coronavirus : le géant pétrolier BP annonce la suppression de 10.000 emplois

Les effets économiques liés à la pandémie de Covid-19 se font de plus en plus sentir. Le géant pétrolier britannique BP a ainsi annoncé, ce lundi, la suppression de 10.000 emplois dans le monde, soit 15 % de ses effectifs, afin de gagner en efficacité et de s’adapter à un marché pétrolier frappé par la crise sanitaire.

«La majorité de ces suppressions de postes interviendra, d’ici à la fin de l’année, et concernera principalement des salariés dans les fonctions administratives», précise le groupe dans un communiqué. La hiérarchie ne sera pas épargnée puisque BP va réduire d’un tiers le nombre de hauts dirigeants, au nombre de 400 pour l’instant. Ces annonces ont été faites par le directeur général, Bernard Looney, lors d’une conférence en ligne destinée au personnel de BP.

«Ce sont de difficiles décisions à prendre », a souligné le patron dans un e-mail aux salariés. «Mais nous devons faire ce qui est bon pour BP et cela nous aidera à être plus performants», a-t-il ajouté. Le plan stratégique annoncé en février prévoyait déjà de constituer un groupe, moins grand, afin de pouvoir assurer un avenir moins dépendant des énergies fossiles. Mais la crise sanitaire a tout changé et a poussé BP à prendre des mesures radicales.

(15h18) Confinement : les Français disent avoir limité leurs consommations

Le confinement a joué un rôle très positif en matière de santé, en limitant drastiquement la part de Français se livrant à de mauvaises pratiques. En revanche, peu de Français en ont conscience et les comportements à risque ne sont plus aussi mal vus. C’est ce qui ressort du dernier baromètre santé Odoxa-FG2A* pour France Info et le Figaro Santé publié ce lundi.

Les Français ont été moins nombreux à boire, à manger gras, sucré et salé et même, moins nombreux à fumer. Ainsi, 57% d’entre eux disaient boire de l’alcool de façon régulière ou occasionnelle avant le confinement. Ils sont une petite moitié (51%) à le reconnaître après le confinement. La part des Français consommant des produits gras ou sucrés a également baissé, passant de 79% à 76%.

De même, 48% des personnes interrogées affirmaient consommer des produits fortement salés avant le confinement. Cette part a baissé à 43% depuis le déconfinement. On enregistre également un recul des fumeurs réguliers ou occasionnels, de 27% à 23% entre les deux périodes.

Le confinement n’a eu aucun effet notable sur la part de Français fumant du cannabis ou consommant des médicaments potentiellement dangereux. À noter encore que la pratique du sport n’a pas été affectée par le confinement. Il y a toujours deux Français sur trois à pratiquer une activité physique régulière.

La sédentarité imposée pendant le confinement a eu pour conséquence une prise de poids marquée des Français, 35% d’entre eux soulignent avoir pris, en moyenne, 3,2 kg. Un sur cinq a même pris plus de 5 kg. Ils sont deux fois moins nombreux (18%) à avoir perdu du poids. Malgré les bénéfices santé apportés par le confinement, les Français n’en ont pas conscience. Près de six sur dix (58%) estiment que cela n’a rien changé à leurs pratiques santé.

Enfin, selon cette enquête, près de deux Français sur trois (63%) estiment que l’État ne tient pas suffisamment compte de l’avis des scientifiques en matière de santé. Mais les choses s’améliorent un peu depuis le déconfinement. Ils étaient 70% à avoir cet avis avant la crise. À l’inverse, la perception de l’utilité de l’OMS a baissé avec la crise. 67% des personnes interrogées depuis le déconfinement estiment que l’Organisation mondiale de la santé joue un rôle utile pour la prévention et la promotion de la santé. Elles étaient 75% avant le confinement à trouver l’OMS utile.

*Ce baromètre santé Odoxa-FG2A pour franceinfo et «Le Figaro Santé» a été réalisé par internet les 12 et 13 mars sur un échantillon de 1.005 personnes représentatives de la population française âge de 18 ans et plus, et les 13 et 14 mai 2020, sur un échantillon de 1.003 personnes.

(14h35) Déconfinement : réinventer la fête avec la distanciation…

Rues réservées à la fête, dancefloors en plein air, concerts en drive-in, DJs en streaming pour danser chez soi. Face aux gestes barrière qui bousculent les habitudes, des acteurs de la nuit, des urbanistes, géographes et designers tentent de redessiner les contours de la fête.

«Danser, faire la fête, se serrer dans les bras. Toutes ces choses qui nous semblaient acquises, se sont évaporées, du jour au lendemain», observe Technopol, l’association de défense des musiques électroniques et organisatrice de la Techno Parade, qui a lancé «Danser demain», un collectif créé «pour penser la fête d’après». 

Pour Tommy Vaudecrane, président de Technopol : «il ne faut pas être inquiet pour l’avenir de la fête, mais pour la forme qu’elle prendra». Une première table ronde, organisée sur Facebook, et toujours disponible en replay, a été suivie par plus de 60.000 internautes. 

«Depuis l’apparition des musiques électroniques, on a dû les imposer en trouvant des circuits alternatifs. C’est une gymnastique dont on est familier», assure Tommy Vaudecrane. «Pendant le confinement, la fête digitale s’est distinguée avec un public fidèle. Bob Sinclar, en mixant depuis chez lui, en direct, a mis la pêche, même si on ne pourra pas se passer du «vivre ensemble». Si demain, les fêtes de plus de 1.000 personnes restent interdites, que va-t-on faire?», se demande le président de Technopol.

Pour le musicien Jean-Michel Jarre, pionnier des musiques électroniques, qui participe aussi au collectif «Danser demain», «le contact physique est irremplaçable. Les e-concerts sont des moyens de communiquer d’une autre manière, en attendant le réel».

Parmi les autres intervenants du collectif, le géographe et urbaniste, Luc Gwiazdzinski, professeur à l’université de Grenoble, «estime que la crise sanitaire s’est attaquée au coeur même de ce qu’est une ville mais aussi à la vie nocturne. La fête convoque les corps, les face à face, l’émotion.» Le Covid met cela à distance. «C’est un défi à la ville et à la nuit, posant de grosses difficultés pour ceux qui fabriquent la fête», a dit le président du conseil scientifique de la Plateforme nationale de la vie nocturne, un club de réflexion réunissant des élus, experts, professionnels, universitaires…

«Une des clés est la possibilité d’avoir accès à l’espace public, en ouvrant les parcs, en créant des rues réservées, tout en prenant en compte les riverains qui risquent de s’être habitués au silence», ajoute Luc Gwiazdzinski. «Si la fête veut s’en sortir, elle doit sortir de ses murs, récupérer l’espace public en partenariat avec les collectivités pour se diluer et éviter la saturation, sur des temps plus longs, dans la journée, par exemple, avec aussi des micro-fêtes où l’on maîtrise mieux les règles sanitaires», explique-t-il, suggérant, par exemple, «d’investir toujours plus des halles d’exposition ou des friches, d’autant que la fête, souvent à l’avant-poste, n’a pas attendu pour gagner ces lieux».

(14h06) Déconfinement : 93% des Français en manque de divertissement

Les Français attendaient, avec impatience, cette reprise, alors que la vie culturelle redémarre progressivement sans être devenue complètement normale. Suite au confinement, plus de 90 % se déclarent être en manque d’activités de divertissement : festivals, concerts, night clubs, sports, salons, foires, conventions, mais aussi cinémas et parcs à thème.

Cependant, neuf Français sur dix notent être inquiets d’y participer à nouveau dans ce contexte. C’est ce que révèle l’étude «Les Français & la reprise des activités de divertissement événementiel post-confinement» réalisé par l’IFOP, fin mai, pour le compte de Weezevent, solution de création de billetterie en ligne. 

Les Français ont envie de divertissement et ils comptent retrouver le chemin des salles, obscures, de concerts, de spectacles, des musées, des matchs ou des événement sportifs. Alors que neuf français sur dix ont participé à au moins un événement au cours de ces trois dernières années, le cinéma arrivant en tête à 69 %, suivi des concerts et des spectacles (47%), des parcs à thème (46%), des musées (44%) ou encore des festivals (22%), la totalité des personnes interrogées comptent en effet reprendre leurs activités.

A court terme, 67% des sondés déclarent qu’ils participeront à une activité de divertissement dès les premières semaines, note l’étude. Un chiffre à mettre en perspective, puisque plus de la moitié déclarent quand même attendre de pouvoir vivre ces évènements dans des conditions identiques à l’avant-crise.

Naturellement, plus la distanciation physique est difficile à appliquer, plus les personnes interrogées se disent inquiètes. Concernant la fréquentation des salles de cinéma, par exemple, qui pourront rouvrir le 22 juin prochain sur tout le territoire, 10% déclarent n’avoir aucune inquiétude, 32 % se disent légèrement inquiets, 35 % avoir une inquiétude élevée et 21 % très élevée. 

Par ailleurs, la fréquentation des salles de concerts et de spectacles n’inquiète pas 8 % des sondés, provoque une légère inquiétude pour 22 % d’entre eux, quand 34 et 36 % se disent respectivement ressentir une inquiétude élevée et très élevée. Le retour au musée semble plus rassurant. Près de 20 % n’affichent aucune crainte, et 46 % expliquent être légèrement inquiets. En revanche, la fréquentation des night-clubs inquiète largement, avec un sondé sur deux exprimant une très grande inquiétude.  

Plus de la moitié des sondés placent, par ailleurs, les mesures sanitaires prises par les organisateurs en tête des critères les plus importants pour participer, à nouveau, à un de ces rendez-vous. 

Du côté des bonnes nouvelles pour le secteur du divertissement, durement frappé par la crise sanitaire et contraint d’interrompre l’ensemble des activités, qu’il s’agisse aussi bien des institutions culturelles, des salles de cinéma, de spectacles, comme des lieux de loisir à l’instar des parcs à thème ou des discothèques, les Français ne comptent pas amputer leur budget loisir. Ainsi, 85% des personnes interrogées veulent maintenir ou augmenter ce dernier. 

Afin de garder le lien avec le public, les événements en ligne se sont multipliés pendant le confinement. Des rendez-vous largement plébiscités par le public confiné. Une chose est sûre, bien qu’appréciés ces derniers mois, ces rendez-vous ne remplaceront pas les événements «live» organisés en salle ou en plein air. Ils pourraient cependant avoir fait évoluer les mentalités. Un Français sur cinq serait, aujourd’hui, prêt à payer pour assister à une version digitale d’un évènement. 

(12h02) Coronavirus : le point sur la pandémie dans le monde

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 400.000 morts dans le monde depuis son apparition, en Chine, en décembre, un nombre qui a doublé, en un mois et demi, selon un bilan établi par l’AFP, à partir de sources officielles, ce dimanche. Cette pandémie progresse, de manière fulgurante, dans les pays d’Amérique latine.

En Italie, l’épidémie, qui a tué 33.846 personnes, est aujourd’hui maitrisée (avec 72 morts et 270 contaminations pour les dernières 24 heures), et le pays a entamé, il y a un mois, son déconfinement progressif. Dimanche, le Saint-Siège a annoncé qu’il n’y avait plus aucun cas de nouveau coronavirus au Vatican.

Lors de sa traditionnelle prière de l’Angelus, depuis ses appartements pontificaux dominant la place Saint-Pierre, où se trouvaient des centaines de fidèles, le chef de l’Église catholique, né à Buenos Aires, a appelé à la prudence face au virus. «Votre présence, sur cette place, est le signe que la phase aigüe de l’épidémie est surmontée en Italie, mais soyez prudent, ne criez pas victoire trop tôt», a mis en garde le pape.

«Malheureusement, dans d’autres pays, plus particulièrement en Amérique latine, le virus continue de faire de nombreuses victimes», a déploré le souverain pontife qui a exprimé «sa compassion à ces populations, aux malades et à leurs familles, et à tous ceux qui en prennent soin».

La propagation du virus s’est accélérée en Amérique latine. Au Pérou, deuxième pays du continent le plus touché derrière le Brésil, le système hospitalier est au bord de l’effondrement, notamment à cause du manque d’oxygène. «Soyez prudents, ce n’est pas le moment de tomber malade. Aujourd’hui, encore moins qu’avant, car notre système de santé est très impacté», a déclaré le ministre de la Santé, Victor Zamora, alors que le chiffre officiel des morts est de 5.301 et que 9.500 personnes sont actuellement hospitalisées. Malgré cela, le site inca du Machu Picchu, joyau touristique du pays, se prépare à rouvrir le 1er juillet.

Il en va de même au Brésil, troisième pays le plus endeuillé au monde (35.930 morts), derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le gouverneur de Rio de Janeiro a annoncé l’assouplissement, à partir de ce samedi, des mesures de confinement. «Le Covid-19 est une chose terrible, beaucoup de gens sont morts, mais je crois qu’il y a eu assez de contaminations pour que la courbe retombe. Donc c’est le moment de tout ouvrir», disait à l’AFP un Carioca de 62 ans, Rodolfo Pereira.

En Europe et en Afrique du nord, la vie reprend aussi ses droits. La levée des restrictions s’est poursuivie, ce samedi, en France, où «l’épidémie est désormais contrôlée», selon les autorités sanitaires.

En Espagne, les matches de la Liga reprendront, ce mercredi, après trois mois d’interruption. «Une minute de silence sera observée avant chaque match de reprise à la mémoire des victimes du coronavirus», ont annoncé, ce dimanche, les instances professionnelles. L’Espagne, qui a réussi à maîtriser le virus ces dernières semaines, a enregistré 27.000 décès, selon les derniers chiffres révélés ce dimanche.

Alors qu’une partie des commerces a commencé à rouvrir dimanche en Algérie, le Danemark, qui en est à un stade plus avancé du déconfinement, rouvrira, ce lundi, piscines et salles de sport, tout comme l’Irlande, qui doit rouvrir tous ses commerces, ce lundi.

En revanche, le Royaume-Uni ne lève qu’au compte-goutte les restrictions. Le gouvernement a annoncé, ce dimanche, que les lieux de culte rouvriraient le 15 juin, mais «seulement pour la prière individuelle», ainsi que les commerces non-essentiels. Il faut dire que le pays, avec un total de 40.542 décès, affiche le deuxième plus lourd bilan au monde, après les Etats-Unis. Et présente, selon plusieurs études comparatives, la surmortalité la plus élevée au monde rapportée à sa population.

Le 15 juin, la Grèce, épargnée, elle, par la pandémie pour avoir pris, très en amont, des mesures strictes, prévoit de rouvrir les aéroports d’Athènes et de Thessalonique, afin de relancer le tourisme, essentiel pour ce petit pays européen pauvre en ressources et peu industrialisé. Pour autant, les autorités ont décidé de prolonger, de deux semaines, le confinement imposé aux camps de migrants surpeuplés, jusqu’au 21 juin.

Tout comme la Grèce, Israël, avec 290 décès, a été relativement préservé par le Covid-19. Mais, anticipant une deuxième vague, et soucieux de réduire sa dépendance en matière sanitaire, le gouvernement a annoncé, ce dimanche, la mise en service d’une première ligne de production permettant de fabriquer deux millions de masques par mois.

En outre, la vigilance reste de mise: ainsi, une centaine d’écoles ont fermé leurs portes après que des élèves et des enseignants ont été testés positifs. Et plus de 17.000 personnes ont été placées à l’isolement après avoir été en contact avec des personnes contaminées.

(11h38) Coronavirus : Surgisphere et le scandale de l’étude de «The Lancet»

Cette petite société américaine, Surgisphere, qui affirme avoir constitué une colossale base de données médicales en nouant des partenariats avec des centaines d’hôpitaux du monde entier, est celle par qui le scandale est arrivé, en jetant le trouble sur le travail de la communauté scientifique en pleine pandémie de coronavirus. Suivons l’enquête réalisée par France Info…

Surgisphere a, en effet, fourni et analysé les données sur lesquelles des chercheurs se sont appuyés pour évaluer l’efficacité des controversées chloroquine et hydroxychloroquine contre le Covid-19. Leurs travaux, parus dans la célèbre revue scientifique «The Lancet», ont eu un tel retentissement qu’ils ont eu des répercussions politiques, conduisant notamment l’Organisation mondiale de la santé à suspendre les essais sur ces médicaments.

Mais, bien vite, des scientifiques ont décelé des incohérences dans les chiffres et les statistiques de l’étude. Le refus de Surgisphere de donner accès à ses données a empêché toute évaluation indépendante des travaux et semé un peu plus le doute sur la fiabilité, voire l’existence de la base de données. Trois des quatre auteurs de l’étude ont fini par se rétracter. Et le mystère entourant cette entreprise demeure.

Surgisphere naît en 2008. Son fondateur, Sapan Desai, est alors en stage post-doctoral à l’université Duke, en Caroline du Nord. Sa petite entreprise commercialise des manuels destinés aux étudiants en médecine. Deux ans plus tard, Sapan Desai devient éditeur d’une revue médicale. En deux ans et demi, Surgisphere publiera dix numéros du Journal de radiologie chirurgicale.

En 2012, le chirurgien vasculaire s’installe à Houston. Il exerce dans un centre de l’université du Texas. Il rêve aussi d’humanité augmentée et lance une campagne de financement participatif pour son projet de bonnet à électrodes censé stimuler le cerveau. Surgisphere disparaît ensuite des écrans radar pendant plus de sept ans.

L’entreprise réapparaît en pleine pandémie de Covid-19. En février, Sapan Desai a démissionné de l’hôpital de la banlieue de Chicago qui l’employait depuis 2016, rapporte le Guardian. Il est concentré sur Surgisphere qui connaît un soudain regain d’activité, entièrement tournée vers le «big data» et le «machine learning».

En mars, un communiqué de presse circule, vantant son «outil de diagnostic rapide du coronavirus» : «un « test très précis », capable d’identifier les patients susceptibles d’être infectés, avec une sensibilité de 93,7% et une spécificité de 99,9%». Surgisphere propose, également, un calculateur de risque de mortalité, un score de gravité et un outil d’aide au triage des malades. Des outils aux interfaces basiques disponibles sur le site de Surgisphere, dont plusieurs experts mettent en doute la fiabilité.

En avril, Sapan Desai cosigne sa première étude sur le Sars-CoV-2. Celle-ci paraît sur un site de prépublication. Le papier évalue les effets de l’ivermectine, un médicament antiparasitaire employé notamment contre la gale, que des chercheurs testent comme remède au Covid-19. Début mai, Sapan Desai cosigne une nouvelle étude. Il a les honneurs du New England Journal of Medicine, une prestigieuse revue médicale américaine à comité de lecture. Les auteurs étudient le lien entre la mortalité liée au Covid-19 et les maladies cardio-vasculaires préexistantes chez les malades.

Sapan Desai décroche le Graal, fin mai, en tant que coauteur d’une troisième étude. Il s’intéresse cette fois aux effets de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, deux autres molécules candidates au traitement. Son article paraît dans «The Lancet», la référence britannique des revues scientifiques médicales. Les auteurs des trois études se sont depuis rétractés, face au déluge de critiques et à l’impossibilité d’y apporter des réponses.

A chaque fois, Surgisphere a fourni la base de données et s’est chargée de son analyse. Les deux premières études portaient sur les données de patients de 169 hôpitaux d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord. La troisième explose tous les compteurs, un mois plus tard seulement, avec plus de 96.000 dossiers médicaux en provenance de 671 hôpitaux sur six continents.

«Quand l’article est sorti, de jeunes chercheurs m’ont appelé pour me dire : «Là franchement, je ne comprends pas comment ils ont réussi à faire ça. Soit ils ont trouvé une méthode géniale, et à ce moment-là, il faut vite qu’on sache laquelle, parce qu’on est en train de perdre beaucoup de temps et d’argent. Soit il y a un gros problème», raconte Rodolphe Thiébaut, directeur adjoint du centre de recherche en épidémiologie et biostatistique de l’université de Bordeaux et de l’Inserm.

Son unité de recherche fait justement partie d’un consortium international de scientifiques qui tente d’étudier la pandémie à partir des informations contenues dans les entrepôts de données sécurisés d’hôpitaux du monde entier, utilisant le même logiciel, inventé par un de leurs pairs.

«On parle d’un chercheur mondialement connu, basé à Harvard, qui a une équipe de recherche entière, qui va organiser un consortium académique avec des centaines de chercheurs qui travaillent depuis des années pour monter leurs entrepôts de données», détaille-t-il. Un travail titanesque qui en est encore à ses balbutiements.

Alors comment Surgisphere a-t-elle pu réaliser pareil tour de force ? Contacté par France Info, Sapan Desai fournit une explication. «Sa société», déclare-t-il, «propose, à ses clients, un logiciel d’apprentissage automatique et d’analyse de données destiné à améliorer leur gestion». En échange, l’accord commercial donne le droit à l’entreprise d’intégrer, dans sa base de données, les informations contenues dans les dossiers médicaux anonymisés des patients de ces hôpitaux. 

Surgisphere dispose ainsi «d’une base de données, en temps réel, de plus de 240 millions de consultations de patients anonymes provenant de plus de 1.200 organisations de soins de santé dans 45 pays». Une base de données dont Sapan Desai défend l’intégrité.

Ces explications ne convainquent pas les spécialistes du secteur. «Techniquement, c’est possible, reconnaît Rodolphe Thiébaut. Si j’installe un programme sur un serveur hospitalier qui permet l’aspiration des données dans un cloud, il n’y a pas de souci.» Légalement en revanche, cela semble plus compliqué.

«Dans un cadre juridique français ou européen, quand un industriel a accès à des données de santé, leur traitement doit avoir une motivation particulière, connue de l’établissement ou de la plateforme qui lui fournit ces données», souligne un fin connaisseur de l’exploitation informatisée de ce type de renseignements. 

«Pour faire une étude aussi actuelle sur le Covid-19 et la chloroquine, je ne vois pas comment ce questionnement spécifique a pu être prévu dans un protocole avec tel ou tel hôpital. Le régime américain offre un peu plus de latitude, mais pas absolue ou inconditionnelle, il y a des normes d’utilisation», reconnaît toutefois cet expert.

«Les acteurs pour ce genre de choses, ce sont plutôt les géants du numérique», renchérit Rodolphe Thiébaut. «  l faut voir le niveau de discussion et de sécurité qu’il faut. A construire, c’est extrêmement difficile.»

Contactée par franceinfo, l’AP-HP assure «qu’elle ne travaille pas et ne met pas de données de santé à la disposition de Surgisphere». Une journaliste de The Scientist, à la recherche d’hôpitaux américains ayant fourni des données utilisées dans l’étude de «The Lancet», n’en a toujours pas trouvé. 

Les nombreuses incohérences statistiques repérées par les scientifiques dans l’étude renforcent les doutes sur l’existence de ces données. Tout comme le refus répété de Surgisphere d’y donner accès, au motif que l’accord conclu avec ses clients l’en empêche. «Il y a vraiment à se poser des questions sur l’origine des données. Est-ce que ce n’est pas fabriqué? On en est là.» explique Carole Dufouil, biostatisticienne.

Comment Surgisphere, qui ne revendique que onze employés et dont aucun des experts interrogés en France comme à l’étranger n’avaient entendu parler jusqu’à ce scandale, aurait-elle réussi à bâtir un tel réseau planétaire? Là encore, le mystère demeure. Sans oublier que parmi les employés que France Info a pu retrouver, aucun n’a le bagage scientifique nécessaire à ce genre de travaux.

Surgisphere se vante pourtant de la précision et de l’efficacité de ses outils créés pour le Covid-19, validés par un centre de recherche de l’université d’Oxford. En réalité, il n’en est rien. «Surgisphere a incorrectement cité notre travail et a fait des affirmations qui ne sont pas vraies sur les conclusions de notre article», dénonce Samuel Urwin, du centre de recherche biomédicale de Newcastle, l’un des auteurs de l’analyse mise en avant par l’entreprise.

L’entreprise aurait-elle tendance à s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens? Sur son site internet, bourré d’images prétextes, les mentions de collaborations avec des chercheurs de nombreuses universités réputées, dont Harvard ou Stanford, ont subitement disparu, note une journaliste de The Scientist.

Un grand ménage a également été fait sur le compte YouTube de la société. Il n’y avait, jusqu’à présent, qu’une seule ombre dans la carrière de Sapan Desai. Il avait été cité, en 2019, dans trois poursuites judiciaires pour faute professionnelle. «Des accusations infondées», assure-t-il à The Scientist, qui a révélé l’information.

Pour Pierre-Antoine Gourraud, praticien hospitalier et professeur spécialiste de l’intelligence artificielle à l’université de Nantes, ce scandale doit plaider pour de meilleures pratiques : «La transparence des données et des algorithmes pour une reproductibilité de l’étude est la seule vraie réponse à cette affaire.»

(10h26) Coronavirus : en Espagne, un tiers des contaminés sont asymptomatiques

Une étude de séroprévalence a été menée par le gouvernement espagnol, avec des résultats positifs : «Un tiers des personnes infectées sont asymptomatiques. Elles n’ont pas de symptômes et ne se manifesteront pas auprès du système de santé», a déclaré, lors d’une conférence de presse, la directrice du Centre national d’épidémiologie, Marina Pollan.

«Le deuxième volet de cette étude de séroprévalence nationale, effectuée sur un échantillon de plus de 60.000 personnes, entre le 18 mai et le 1er juin, a conclu que 5,21 % de la population, ce qui correspondrait à 2,4 millions des 47 millions d’Espagnols, possède des anticorps et a donc été contaminé par le virus», selon un communiqué du ministère de la Santé.

Ce résultat est très proche de celui publié, après la première vague de tests, réalisés, entre fin avril et mi-mai, qui avait révélé que 5 % de la population espagnole avait été infectée. «Bien que la moyenne nationale soit de 5,21 %, l’étude montre des différences géographiques marquées, très similaires à celles observées lors du premier volet, avec des prévalences égales ou proches des 10% à Madrid comme dans les provinces alentours», a indiqué le communiqué.

La région de Madrid a été la plus affectée par le coronavirus, avec environ un tiers des 240.978 cas confirmés et des 27.134 morts recensés dans tout le pays. L’Espagne, un des pays du monde les plus durement touchées par la pandémie, est parvenue à réduire considérablement la contagion et applique un processus de déconfinement progressif qui devrait s’achever  fin juin.

(09h52) Coronavirus : l’Espagne ouvrira ses frontières aux étrangers le 1er juillet

Depuis ce lundi, l’Espagne a assoupli ses mesures de confinement. Dans les villes les plus touchées par l’épidémie, Madrid et Barcelone, les clients pourront, enfin, s’installer à l’intérieur des bars et des restaurants, et non seulement en terrasse, tandis que les enfants seront libres de jouer dehors à tout moment de la journée.

La ministre espagnole du Tourisme Reyes Maroto a déclaré, lors de sa conférence de presse, que les frontières terrestres seraient rouvertes à partir du 22 juin, ce qui a provoqué les critiques du Portugal voisin, qui n’a pas encore fixé de date pour la réouverture de ses propres frontières. En réaction, Madrid a précisé que les contrôles aux frontières pourraient être prolongés, au-delà du 21 juin, et que le tourisme international reprendrait le 1er juillet, sans donner de détails sur la réouverture des frontières avec la France et le Portugal.

Selon le ministre belge de l’intérieur Pieter De Crem, tous les pays de la zone Schengen, sauf l’Espagne, ont manifesté leur volonté de rouvrir les frontières à partir du 15 juin. L’Espagne a entamé, depuis mercredi dernier, un deuil national de dix jours, le plus long sous la démocratie espagnole. Malgré sa dépendance au tourisme, qui génère 12% de son PIB, l’Espagne hésite à rouvrir ses frontières et attend «un accord à l’échelle de l’Union européenne qui établirait des critères communs, clairs et transparents».

Dans une lettre adressée à la Commission européenne, le Premier ministre espagnol et le président du Conseil italien ont proposé que les pays membres de l’UE se mettent également d’accord sur les seuils des infections au coronavirus pour les pays tiers qui aimeraient rétablir la circulation.

(09h14) Espagne : seuls les thons remercient le coronavirus!

Chaque année, en fin de printemps, le thon rouge de l’Atlantique effectue sa migration en entrant dans la mer Méditerranée par le détroit de Gibraltar. Les pêcheurs espagnols sont là, à Cadix, dans le sud du pays, pour l’Almadraba, une technique de pêche vieille de 3.000 ans, qui consiste à jeter ses filets dans l’espoir d’intercepter les bancs.

Cette année, Rafael Marques, le pêcheur, explique qu’il y a une difficulté supplémentaire : «il faut porter des masques, et maintenir deux mètres de distance, autant dire que sur un bateau, ça n’est pas simple». Andres Jordan, le patron de la compagnie, se désole, lui, du confinement, les restaurants, ses principaux clients, ont disparu.

C’est au Japon que les Espagnols vendent 50% du thon pêché ici. Au marché de Barbate, les clients japonais amateurs de sushis ont disparu, de même que les clients connaisseurs venus de Madrid, de Galice ou de Catalogne. «La vente a beaucoup diminué cette année», conclut Cristian Guerra le poissonnier. «Au moins de 50 %, car même si que les habitants de Barbate consomment beaucoup de thon, les clients de l’extérieur prennent les plus gros morceaux.»

La seule solution pour les entreprises, c’est de congeler le thon à des températures ultra basses, de moins 60 degrés Celsius, pour le vendre plus tard. En attendant le retour des amateurs de poisson, il y a beaucoup moins de pêche qu’avant, dans le sud de l’Espagne, et seuls les thons remercient le coronavirus!

(08h36) Déconfinement : les Français achètent de plus en plus… de poules

Depuis la fin du confinement, les aviculteurs constatent une hausse importante des ventes de poules pondeuses. Depuis trois mois, Alain Gardin, cet aviculteur de Haute-Garonne a vu son activité augmenter avec le confinement et la crise sanitaire. Alors qu’il vend des poules pondeuses à onze euros pièce, il constate un intérêt croissant pour ces bêtes. «On a, en ce moment, 50% de nouveaux clients sur la vente directe», confie-t-il à BFMTV.

Chez Alain Gardin, le téléphone s’est mis à sonner beaucoup plus que d’habitude. Il reçoit entre 400 et 500 appels par jour. Pour faire face à la demande, il a dû s’adapter. Résultat, l’éleveur a augmenté les jours de ventes aux particuliers sur son exploitation, en s’adaptant aux nouvelles conditions sanitaires.

A l’image de ces Français qui voient de plus en plus d’intérêt à avoir chez eux des poules pondeuses, Fabien explique avoir sauté le pas avec un objectif: avoir des oeufs frais. «Ça n’a rien à voir avec le supermarché, c’est incomparable». De son côté, Cyril assure qu’il était déjà tenté avant, et que «le confinement n’a fait que confirmer».

Volonté d’un retour à des choses plus authentiques, mais aussi pénurie d’oeufs dans les supermarchés, pendant le confinement, et engouement pour la cuisine, ce sont autant de raisons qui poussent les Français à adopter des poules pondeuses. «La saison des poules pondeuses, de mars à début mai, a été décalée avec le confinement, mais c’est sûr que l’on constate un engouement et de nouveaux clients» indique, pour sa part, au Parisien, Anaïs Baron, responsable du magasin Maxi Zoo, à Fenouillet, au nord de Toulouse. Et le profil des acheteurs a changé. «Avant le confinement, les acheteurs étaient plutôt des personnes âgées, les profils ont évolué, aujourd’hui, avec de jeunes couples avec enfants qui installent un petit poulailler», poursuit Anaïs Baron. 

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

quatre × deux =