Si le prix du mètre carré à Paris avoisinait les 11 000 euros en moyenne début 2020, l’euphorie a laissé place à l’incertitude. La crise économique consécutive à la pandémie de coronavirus semble avoir paralysée le secteur immobilier. Est-ce la fin de l’euphorie immobilière à Paris ? Éléments de réponse avec Karl Toussaint du Wast, co-ofondateur de Netinvestissement.

L’épidémie de coronavirus peut-elle entraîner une baisse des prix de l’immobilier ?

Il est encore trop tôt pour faire un bilan sur une baisse possible effective des prix de l’immobilier à Paris. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que pour l’instant les études de notaire sont fermées en raison du confinement. Ainsi, il ne peut pas être constaté d’actes authentiques effectifs qui pourraient refléter une baisse effective des prix. Pour le moment, impossible donc de constater une baisse concrète.

Quelle est la situation à Paris par rapport au reste du pays ? 

On a souvent tendance à parler du marché immobilier français. Or, il n’y a pas un marché de l’immobilier mais une multitude de marchés, régionaux, parfois même locaux. Et le marché parisien est un marché à part. Le marché de l’immobilier parisien est en effet très différent du reste de la France. Paris reste une « valeur refuge » pour les investisseurs qui ne cherchent pas de rendement — forcément, le rendement à Paris est le plus faible de France —, mais un actif de repli, patrimonial et à priori, résilient.

Cela étant dit, les prix de l’immobilier à Paris n’ont cessé d’augmenter depuis plus de dix ans, atteignant dans certains quartiers près de 20 000 euros le mètre carré. L’envolée des prix, qui n’est absolument pas due à une bulle (même si celle-ci alimente les fantasmes divers et variés depuis des années) mais aux lois du marché « offre et demande », pourrait en revanche voir sa trajectoire se modifier dans les semaines qui suivent si le confinement venait à durer au-delà du mois d’avril.

La pierre doit-elle toujours être considérée comme une valeur refuge ?

En tout cas, elle a pleinement démontré sa réputation historique de valeur refuge puisque jusqu’à nouvel ordre, l’immobilier n’a pas chuté, que ce soit pour l’immobilier physique comme pour la pierre papier (SCPI). Les OPCI, cotées pour partie, ont dévissé en bourse évidemment, mais uniquement à hauteur de leur exposition sur les marchés cotées.

De plus, alors même que certains s’inquiètent des risques potentiels de solvabilité, notamment des établissements financiers et bancaires, la pierre reste un actif tangible, palpable, dont l’histoire passée a montré qu’elle savait maintenir sa valeur dans le temps.

Une fois le confinement terminé, les Français vont-ils se ruer vers l’acquisition de biens ?

Il n’y avait pas de ruée sur l’immobilier avant le coronavirus, je ne pense pas qu’il y en aura après. Un achat immobilier, qu’il soit pour sa résidence principale ou pour un investissement locatif, reste un acte mûri, réfléchi et qui se prépare plusieurs semaines à l’avance. Partant de l’hypothèse rationnelle d’une sortie de confinement progressive sur le second trimestre de l’année et d’une reprise progressive de l’activité (immobilière et autres) au cours du second semestre, l’immobilier ne devrait donc logiquement pas connaitre de crise profonde et/ou durable.

Dans les villes où la demande était forte, les transactions reprendront normalement, peut-être avec un léger ajustement des prix, là encore tout dépendra de la loi du marché. A Paris, les propriétaires qui ne sont pas pressés de vendre ne bougeront pas leur prix. Celles et ceux plus pressés de vendre pourraient être à leur tour « pressés » d’accepter une offre peut être légèrement en dessous de leur prix de vente souhaité pour conclure la transaction. Attention en revanche à ne pas minimiser le risque très probable de goulot d’étranglement auquel l’on risque d’assister dans les études qui étaient déjà très chargées avant la crise sanitaire.

1 COMMENTAIRE

  1. De plus avec le coronavirus les gens vont vouloir économiser leurs déplacements pour minimiser les risques donc l’immobilier pourrait encore augmenter à paris

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