Ce bacon végétal qui séduit les investisseurs… et les gourmets

Après les steaks sans viande, voici le porc sans porc ! La Vie propose aux consommateurs soucieux de leur santé et de la planète du bacon et des lardons végétaux, grâce à une technologie révolutionnaire brevetée.

L’entreprise veut répondre à une préoccupation bien connue, en contribuant à la réduction de l’élevage intensif et de ses conséquences nocives tout en préservant l’envie de manger de la viande, avec tout ce que cela induit en termes de goût. Les deux entrepreneurs sont unanimes, ils ont voulu reproduire ce que l’on aime dans la viande, mais « en retirant l’animal de l’équation ».

Retrouver le bon goût du gras

Le problème est que lorsque l’on est amateur, voire « viandard », on l’aime, ce goût savoureux et typique des protéines animales. Et lorsque l’on choisit de consommer des produits à base de poitrine de porc, comme les lardons fumés ou le bacon, c’est que l’on veut aussi avoir en bouche… le goût du gras. Nous sommes ici au cœur du concept de La Vie, et de ce qui fait de cette startup une originale au sein du monde des alternatives végétales. Le gras ne se cache plus, au contraire, on le veut, mais sans les inconvénients.

Deux créateurs enthousiastes

Il faut reconnaître que Vincent Poulichet et Nicolas Schweitzer, les deux fondateurs de La Vie sont très persévérants. La startup a été créée il y a trois ans, la période nécessaire à l’élaboration de leur technologie et au test de quelques… 5000 recettes ! Cela s’est soldé par le dépôt d’un brevet portant sur la mise au point de ce « gras végétal » très spécifique. C’est en effet cette trouvaille qui donne au palais la sensation que l’on aime retrouver dans les lardons de la quiche, des pâtes carbonara ou dans les salades mixtes.

Car le lardon, tout comme le bacon végétal, de La Vie se comporte dans la poêle comme un « vrai » lardon 100% cochon, il cuit, frétille, se chiffonne, bref, il « vit » sa cuisson. La Vie est actuellement seule à disposer de cette technologie, car à aujourd’hui, les alternatives végétales se sont plus orientées sur des textures, des goûts de viande rouge, sans rechercher le goût du gras, ni parvenir à le restituer.

Vincent, le scientifique expert du gras

On peut dire de Vincent Poulichet qu’il est l’intellectuel du duo, dans le sens où il s’agit d’un chercheur disposant d’un profil scientifique haut de gamme. Il a grandi dans le sud, pour suivre ensuite un long parcours en matière scientifique, en France, mais pas seulement. Il connaît bien le monde anglo-saxon, a étudié en Angleterre à L’Imperial College London, en Irlande au Trinity College de Dublin ou en Australie, avant de passer deux ans à l’École Normale Supérieure en post doctorat. En 2019, il se lance directement avec Nicolas Schweitzer dans la création d’une startup, qui s’appelait à l’époque Grand Gousier, avant de devenir 77 Foods et finalement La Vie depuis la fin d’année dernière.

Nicolas Schweitzer, l’entrepreneur solidaire

Le jeune homme a lui aussi un parcours international, il a très tôt travaillé à l’étranger en tant que bénévole humanitaire. Il passe une année à l’université de Séoul, pour enchaîner sur HEC Montréal et Sciences Po Paris, se forgeant un profil complet, tourné sur l’économie, l’IT et les affaires. Après un premier passage dans une startup, il fonde rapidement sa propre fintech spécialisée dans le microcrédit. La startup est un succès, en particulier en Asie, et est rapidement rachetée par l’entreprise Oradian. Nicolas Shweitzer devient ensuite investisseur, une activité qu’il poursuit tout en cofondant en mars 2019 ce qui est devenu La Vie.

Une démarche anticonformiste

Les deux hommes sont actuellement au comble du bonheur professionnellement après avoir réussi à effectuer une belle levée de fonds qui va leur permettre d’appuyer sur l’accélérateur de la croissance. A la façon d’un Michel & Augustin, ils adoptent dans leur messages un ton dynamique, plaisant et non conformiste, n’enlevant rien au sérieux de leur démarche. Cette volonté de casser les codes d’un marché très traditionnel passe par les emballages, très joyeux, les réseaux sociaux ainsi que via la communication globale.

Un démarrage sur les chapeaux de roues

La commercialisation a démarré sous de bons auspices, les cofondateurs ayant décidé d’attaquer plusieurs fronts depuis la fin de l’année 2021. En premier lieu, Carrefour a référencé les produits afin de les tester et s’est rapidement rendu compte de leur potentiel ; les rotations étant bien supérieures aux attentes, preuve en est que le concept a immédiatement trouvé sa cible, ou plutôt ses cibles : vegans, flexitariens ou adeptes de produits sans porc. Les fondateurs insistent également sur la cible des restaurants. La Vie a conclu certains partenariats dès le départ pour tester ses produits et travaille avec des enseignes telles que Pokawa, Copper Branch, Taster… Des recettes ont été mises au point intégrant leurs produits sans porc. Enfin, les bacons végétaux se retrouvent également en livraison à domicile via Cajoo.

25 millions pour vraiment s’amuser

S’amuser… à faire grandir l’entreprise bien entendu. A ce jour, la production se fait dans un atelier culinaire en Vendée et une équipe d’une trentaine de personnes travaille pour la startup. Cette levée de fonds s’avérait indispensable pour aller de l’avant. Pour y parvenir, les cofondateurs sont allés voir tous les grands acteurs engagés pour le climat en France et en Europe, afin de les convaincre de leur démarche et de la valeur de leurs produits. Il n’est donc pas surprenant de retrouver quelques grands noms de la Tech dans ce tour de table. Qui a investi ? Des personnalités soucieuses de l’environnement comme Nathalie Portman, mais aussi les patrons de Blablacar, Vinted, Back Market, et Oatly, sans oublier des partenaires plus classiques tels que Seventure, Partech, Oyster Bay, Capagro, Entrepreneur First et Bleu Capital.

L’année de tous les défis

Avec cette belle levée de 25 millions d’euros, de nouveaux projets vont pouvoir voir le jour, déjà définis avec précision. Pour faire bondir le volume, au vu des bons résultats chez Carrefour, les fondateurs vont investir le secteur de la grande distribution, en France comme en Europe. Deuxième projet, toujours sur l’aval, ils souhaitent privilégier des investissements spécifiques pour le secteur de la restauration, très prescripteur, avec des propositions de nouvelles recettes en collaboration avec les chefs de certaines enseignes. Enfin, l’effort va également porter sur l’innovation produit, car il est essentiel d’élargir la gamme, toujours en choisissant des listes d’ingrédients très courtes, comme c’est le cas aujourd’hui.

20 millions en ligne de mire

Ceci passera évidemment par le recrutement de profils R&D, commerciaux et marketing, au total, c’est un recrutement global d’une quarantaine de personnes qui est prévu. Il va sans dire que l’aspect international n’est pas oublié, la volonté est notamment d’aller sur un pays amoureux du bacon, le Royaume-Uni, une cible qui s’impose et peut rapidement grandir. Pour finir, ils ont en ligne de mire un objectif clair pour 2022 : atteindre un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. De très belles perspectives.

Alice D.

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