Agnès Verdier-Molinié

Ça y est, nous avons une bonne vision de ce qui va être dépensé en plus en 2022 par rapport à ce qui était prévu et c’est vraiment une augmentation des dépenses de l’État énorme qui se profile.

Si on en croit le PLFR 2022, nous allons dépenser 44 milliards de plus que ce qui avait été voté en loi de finances initiale pour 2022… le déficit de l’État va augmenter de plus de 14 milliards d’euros par rapport à ce qui était prévu pour atteindre plus de 177 milliards…

Sur l’ensemble des administrations publiques, c’est +59,8 milliards de dépenses supplémentaires. Certes, les recettes rentrent mieux que prévu avec +57 milliards sur l’ensemble des recettes publiques dont pour l’État 30 milliards en plus, avec notamment un IR, qui devrait rapporter 85 milliards au lieu de 82, la TVA qui devrait rapporter au total autour de 200 milliards, l’impôt sur les sociétés qui était prévu à 40 milliards qui en rapporterait 56…

Les cotisations sociales pour lesquelles nous n’avons pas encore les données précises ne sont pas en reste. Sur l’ensemble des PO, on atteindrait plus de 50 milliards de recettes supplémentaires. Bref, un matraquage fiscal doublé d’un dérapage des dépenses publiques. On voit aussi dans ce premier collectif budgétaire que les besoins de financement rien que pour l’État sont, de 311 Milliards d’euros, alors même, que, il y a quelques semaines, Bercy reprochait à la Fondation iFRAP de chiffrer les besoins de financement à plus de 300 milliards pour 2022 et 2023 sur l’ensemble des administrations publiques… Par ailleurs, la charge de la dette, c’est-à-dire le coût annuel du remboursement des intérêts, va déraper selon Bercy de 17,8 milliards cette année.

En clair, au niveau des finances publiques de la France, on fonce dans le mur en dé-pensant encore plus que les recettes supplémentaires qui rentrent – même pas un débat de cagnotte, tout est déjà dépensé… Pendant ce temps là, les taux sur la France montent et nous subirons bientôt les at-taques des marchés. On n’aura rien prévu, on n’aura soi-disant pas les scénarios, on aura continué à jouer les cigales, à arroser d’agent public en alimentant l’inflation, le déficit et la dette … à moins qu’on ne se réveille avec un plan de redressement digne de ce nom ? Il est encore temps…

Agnès Verdier-Molinié
Directrice de la Fondation iFRAP
Auteur de de Le vrai État de la France, aux Editions de l’Observatoire

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