L’ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn a dénoncé mercredi un « coup monté » contre lui, lors de sa première apparition publique à Beyrouth depuis sa fuite rocambolesque du Japon, où il est accusé de malversations financières.

Après sa conférence de presse de 2h30 en présence de quelque 150 journalistes, Tokyo a qualifié d' »inacceptables » les critiques de M. Ghosn contre sa justice.

Carlos Ghosn, 65 ans, s’exprimait pour la première fois publiquement depuis son arrivée surprise le 30 décembre au Liban, dont il est ressortissant.

Il a dénoncé la « collusion, partout » entre Nissan et le procureur japonais, notamment pour son arrestation: « un coup monté », selon lui, alors qu’il s’apprêtait à rendre l’alliance entre Renault et Nissan « irréversible », niant avoir voulu organiser une « fusion » pure et simple.

L’homme de Renault

À la fin des années 1990, Carlos Ghosn met en place chez Renault une politique radicale de réduction des coûts et de restructuration qui permet de rendre au groupe sa rentabilité et qui lui confère une réputation de « tueur de coûts ». Au début des années 2000, il met en œuvre une politique drastique de réduction des effectifs et de restructuration qui permet le redressement total de Nissan, alors au bord de la faillite. Il est alors cité parmi les hommes d’affaires les plus puissants au monde.

Président-directeur général (PDG) de Renault de 2005 à 2019, il est également président du conseil d’administration du groupe japonais Nissan — dont il a été PDG — de 2017 à 2018, ainsi que président du conseil d’administration du groupe Mitsubishi Motors de 2016 à 2018 et président du conseil d’administration du producteur automobile russe AvtoVAZ. Il est également PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui atteint en 2017 la première place mondiale devant les constructeurs Volkswagen AG, Toyota et General Motors.

En novembre 2018, il est arrêté par la justice japonaise, étant suspecté de dissimulation de revenus dans les publications financières de Nissan. Le mois suivant, il est inculpé pour utilisation des fonds de l’entreprise à des fins personnelles. En résidence surveillée après plusieurs mois d’emprisonnement, il quitte clandestinement le Japon en décembre 2019, pour rejoindre le Liban.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l’homme d’affaires, également de nationalité française et brésilienne, avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d’incarcération.

Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le pays dans l’attente de son procès, mais aussi de contacter son épouse, visée par un mandat d’arrêt japonais pour « faux témoignage ».

Une fuite mystérieuse

« Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice et à la persécution », a-t-il martelé en anglais.

S’il a prévenu qu’il n’était pas venu à la conférence pour raconter comment il avait quitté le Japon, le récit de cette fuite rocambolesque digne de Hollywood tient en haleine les médias et a suscité l’ouverture d’enquêtes au Japon et en Turquie, où M. Ghosn a fait escale.

Il est soupçonné de s’être enfui en prenant un jet privé à l’aéroport international du Kansai, près d’Osaka (ouest du Japon), avec deux complices présumés, selon la télévision japonaise.

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