Agnès Verdier-Molinié

La chronique d’Agnès Verdier-Molinié, Directrice de la Fondation iFRAP

Le gouvernement vient de publier son programme de stabilité pour la période 2021 à 2027. Le moins que l’on puisse dire est que les perspectives 2027 ne sont pas enthousiasmantes.

44,2% de taux de prélèvements obligatoires (crédits d’impôts inclus) en 2027. Le gouvernement cherche à stabiliser les prélèvements obligatoires mais ils augmentent quand même avec une variation +0,3 point entre 2021 et 2027.

1,4% de croissance. L’essentiel du rebond intervenu à compter de 2021 et jusqu’en 2023 (croissances de 5% puis de 4% et enfin de 2,3%) résulterait de la reprise consécutive au creusement du PIB intervenu en 2020 (-8,2%). En clair, l’avalanche de milliards d’euros déversés par les plans d’urgence et de relance ne permettrait pas d’augmenter la croissance potentielle de la France au-delà de son niveau d’avant crise, ce qui reste timide.

53,8% de dépenses publiques par rapport au PIB (incluant les crédits d’impôts). Sur le volet des dépenses publiques, le gouvernement envisage de freiner de manière décrite comme « historique » l’augmentation de la dépense en volume, de l’ordre de 0,7%/an. Un effort très insuffisant pour faire converger le niveau des dépenses et le niveau des recettes. Les dépenses publiques devraient d’augmenter de plus de 20 milliards d’euros par an en moyenne entre 2022 et 2027.

82 milliards d’euros de déficit public. Après plus de 211 milliards en 2020 et 2021, le déficit public de la France serait toujours en 2027 à plus de 80 milliards d’euros. Le déficit public de la France serait en 2026 toujours au-dessus des 3% du PIB. Il faudrait attendre 2027 pour que la France repasse dans le volet préventif du pacte de stabilité et de croissance européen à -2,8% du PIB.

117,7% de dette par rapport au PIB. En 2027 l’endettement de la France serait à peine stabilisé par rapport à 2021 (117,8%) après un maximum atteint en 2025 à 118,3% de dette par rapport au PIB.

50 milliards de charge de la dette par an Le gouvernement prévoit discrètement une remontée de la charge de la dette avec la fin attendue de la politique de rachat des dettes publiques par la BCE à compter de mars 2022. Aujourd’hui à environ 30 milliards d’euros par an, la charge de la dette publique pourrait avoisiner les 52 milliards en 2027, ce qui correspondrait à une remontée des taux obligataires souverains de plus de 100 points de base (1%) à compter de 2022 sur l’ensemble des maturités.

Il manque clairement à ce stade un véritable plan de désendettement et de freinage des dépenses publiques de la France.

Agnès Verdier-Molinié
Directrice de la Fondation iFRAP, Fondation indépendante qui évalue les politiques publiques
Auteur de La France peut-elle tenir encore longtemps ?  aux Editions Albin Michel

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