Par Cyprien Kapuku

Alors que le monde se démène contre la Covid-19 comme un diable dans un bénitier, en Chine, les bonnes nouvelles se succèdent. La dernière en date est l’atteinte par ce géant asiatique, vraisemblablement mondial, de l’objectif de l’éradication de la pauvreté absolue sur  toute l’étendue de son territoire. Xi Jinping s’en était d’ailleurs félicité au cours d’une cérémonie, à Beijing, marquant ce succès rocambolesque.

C’est depuis plusieurs années que la Chine courait derrière la réalisation de cet objectif, voilà qu’elle l’a atteint dans un contexte de crise sanitaire caractérisé par la pandémie de Covid-19. Ce coup de maître signé par la Chine n’est rien d’autre que la sommation d’efforts de l’ensemble du peuple chinois sous le leadership éclairé du Parti communiste chinois, avec le secrétaire général Xi Jinping comme noyau, commente-t-on dans le milieu chinois.

En l’espace de huit ans, près de 100 millions de Chinois, vivant majoritairement dans des zones rurales, sont sortis de la pauvreté. Avec sa population de 1,4 milliard, le nombre total de personnes sorties de la pauvreté en Chine représente 20%  de la population mondiale. Autrement dit, cette victoire de la Chine ne va pas uniquement profiter à sa propre population, mais elle aura aussi un impact positif sur l’ensemble de la population mondiale. Ceci est d’autant plus vrai dans la mesure où en effet, la Chine a réalisé cet objectif dix ans plus tôt par rapport au délai fixé par les Nations unis dans le cadre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

Des solutions originales

Des mesures spécifiques prises par le gouvernement central chinois, notamment celles consistant à délocaliser des populations pauvres vivant dans des zones à risque vers des terres propices à l’agriculture et l’élevage, se sont avérées productives. Ces solutions originales ont beaucoup contribué à l’amélioration des conditions de vie de ces populations. L’on retient également l’exécution à la loupe de ces mesures au niveau de toutes les entités de base.

Plusieurs responsables et autres personnes chargés de différents projets de lutte contre la pauvreté en Chine, ont été décorés par le président chinois pour les bons et loyaux services rendus à la nation. C’était au cours d’une cérémonie officielle présidée par lui-même, le secrétaire général du Parti communiste chinois.

Un autre objectif à atteindre

Même si la célébration de ce succès rocambolesque en valait la chandelle, en Chine, on ne s’en félicite pas trop. Les autorités pensent que l’atteinte de cet objectif n’est pas une fin en soi, mais plutôt une façon de prouver à la face du monde qu’il est possible, avec une dose suffisante de bonne volonté et de détermination, de venir à bout de ce fléau.

Pour la Chine, la victoire sur la pauvreté devra inaugurer une nouvelle ère des enjeux encore plus importants.

Critiquée tout au début de sa lutte contre la pauvreté, par certains pays occidentaux, pour ses méthodes jugées « coercitives »,  la Chine, d’ordinaire ne se laissant atteindre par des commentaires négatifs, est restée droit dans ses bottes, refusant toute distraction qui lui aurait empêché de réaliser ce noble objectif.

Mais si la Chine n’a pas voulu se livrer au triomphalisme, c’est parce qu’elle estime que le chemin, devant elle, est encore long. Ce pays poursuit un autre objectif, non de moindre, celui d’arriver à un socialisme complètement à la chinoise en offrant à son peuple une société de moyenne aisance modérément prospère. Sauf changement de dernière minute, l’avènement de ce type de société devrait intervenir d’ici 2030, en même temps que la Chine se prépare à célébrer les cent ans de sa fondation (1949-2049).  

Et la Chine a toutes les bonnes raisons d’adopter une approche à la fois positive et prudente, car la Banque mondiale tire déjà la sonnette d’alarme sur un éventuel basculement de 150 millions de personnes dans la pauvreté, à travers le monde, d’ici fin 2021.

Toujours selon cette institution de Bretton Woods, près de 700 millions de personnes dans le monde vivent encore sous le seuil de la pauvreté absolue.

Des statistiques à prendre au sérieux, surtout lorsqu’on sait que des pays non encore développés et en voie de développement souffrent beaucoup de ce fléau.

Raison de plus pour cette catégorie de pays de voir dans quelle mesure s’inspirer des méthodes chinoises et les implémenter dans leurs programmes de lutte contre la pauvreté, avant bien sûr,  de les adapter à leurs réalités.

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