Huawei, le géant chinois des équipements pour réseau et des télécommunications, peut pousser un ouf de soulagement. La bonne nouvelle tant attendue est venue du gouvernement britannique, qui l’a autorisé à installer son réseau 5G en Grande-Bretagne. Quoi que cette autorisation attribue un rôle restreint à ce fournisseur chinois basé dans la ville de Shenzhen dans le sud de la Chine, son vice-président y voit tout de même un début de solution qui pourra conduire à une autorisation plus large.

« Cette décision basée sur des preuves aboutira à une infrastructure de télécom plus avancée, plus sécurisée et plus économique, adaptée à l’avenir », a indiqué Victor Zhang, vice-président de Huawei.

Ce feu vert du gouvernement britannique intervient presqu’une année depuis que Huawei avait introduit la demande. Cette longue attente était suffisante pour les autorités britanniques de réfléchir à la manière dont il pouvait laisser libre accès à Huawei pour installer le réseau mobile 5G.

Sans doute, les garanties en termes de transparence données par Huawei ont été importantes et suffisantes pour que les deux parties en arrivent à ce point. On se rappellera qu’en date du 15 janvier, l’équipementier chinois avait annoncé un plan d’investissement d’une valeur de 20 millions de livres sterling pour encourager les développeurs britanniques et irlandais à intégrer des applications dans l’écosystème « Huawei Mobile Services » (HMS). C’était au cours de la première conférence des développeurs Huawei UK et Ireland.

L’événement a montré aux entreprises britanniques les opportunités que Huawei pouvait leur offrir par le biais de « Huawei Mobile Services » (HMS), de l’accès direct au dernier matériel de Huawei et de la technologie de pointe en intelligence artificielle.

Ce géant chinois des télécoms, qui doit une part de son progrès à la coopération qu’il entretien avec ses différentes partenaires, explique le bien-fondé de son investissement de 20 millions de livres.

« Ces dernières années, nous avons connu des succès considérables grâce aux confiances de nos clients et nos partenaires. Ce projet de 20 millions de livres sterling vise à encourager nos partenaires à construire ensemble l’écosystème Huawei Mobile Services », a indiqué Anson Zhang, directeur du groupe consumer business de Huawei au Royaume-Uni.

35 millions d’euros pour OpenLab

En France, le géant chinois ratisse également large. Ces nouveaux téléphones phares P40 et P40 Pro seront visibles dans les boutiques parisiennes dès mars 2020, et continueront de fonctionner en Android 10, mais n’offriront plus les services GMS.

Pour cela, un responsable de Huawei a apporté une précision de taille. « Les développeurs pensent depuis toujours qu’il n’y a que deux écosystèmes, Android and iOS. Ce n’est pas correct. Ce que nous offrons, c’est quelque chose qui est considérablement différents », a expliqué Jaime Gonzalo, vice-président de Mobile Services en Europe de Huawei.

Pas seulement en Grande-Bretagne, mais en France aussi, le géant chinois a promis d’investir 35 millions d’euros dans son OpenLab de Paris sur cinq ans. Selon le vice-président de Huawei Hu Ken, qui s’exprimait lors de la conférence VivaTech tenue en mai 2019 à Paris, cette enveloppe est la preuve de la confiance que sa société place en France, pays qui est en phase de devenir un nouveau pôle mondial d’innovation.

Le cadre choisi par Hu Ken pour délivrer ce message ne relève pas d’un fait du hasard, puisqu’il faudra bien comprendre que VivaTench est une conférence technologique annuelle importante, qui réunit près de 100.000 personnalités des milieux d’affaires, politique et universitaire, qui viennent parfois de 125 pays et autres entités.

Dans son discours d’ouverture de ce grand rendez-vous technologique, dont le titre : « Notre ambition partagée », le numéro deux de Huawei s’est tardé à expliquer comment les technologies numériques convergentes apportent un changement révolutionnaire, soulignant que l’ouverture et la collaboration étaient le seul moyen de faire avancer l’innovation.

Son discours était également une occasion de mettre en relief le rôle prépondérant de la France dans la mutation technologique.

« C’est le meilleur moment pour l’innovation. Ici en France, vous disposez d’une recherche fondamentale de premier plan, de nombreuses personnes talentueuses et d’un environnement propice à l’innovation. La France est en excellente position pour être une plaque tournante mondiale de l’innovation. Huawei est là depuis 17 ans, et nous sommes si fiers de faire partie de cette ambition », a-t-il reconnu.

100 milliards de connexion d’ici à 2025

Des technologies comme la 5G, le cloud et l’Intelligence artificielle sont les principaux moteurs de l’innovation qui pourraient accélérer la transformation numérique dans toutes les industries. D’ici 2025, il y aura 100 milliards de connexions dans le monde, toutes les entreprises utiliseront le cloud et 77% des applications cloud seront alimentées par l’IA. M. Hu a fait remarquer que lorsque ces technologies seront combinées, il y aura des changements fondamentaux dans toutes les industries. Ces technologies vont également remodeler tout ce que nous connaissons aujourd’hui, a-t-il fait savoir.

Selon Hu, les téléphones portables vont remodeler notre expérience numérique personnelle. En tant que centres informatiques personnels, les téléphones mobiles s’intégreront plus naturellement avec des appareils tels que les tablettes, les PC, les téléviseurs et les voitures pour former un écosystème plus axé sur l’utilisateur, qui offrira une expérience numérique transparente et plus intuitive.

« Peu importe que vous soyez une start-up ou une entreprise établie, vous devez trouver un moyen de maximiser le potentiel des technologies numériques et saisir l’opportunité d’innover », a conseillé Hu.

C’est depuis avril 2018 que Huawei a ouvert son Paris OpenLab, une plateforme offerte aux experts de différentes industries qui les aide à identifier leurs futurs besoins en transformation numérique et à développer des solutions spécifiques à l’industrie.

En l’espace d’une année seulement, 50 partenaires ont travaillé sur 15 solutions industrielles couvrant le commerce au détail, la fabrication et les villes intelligentes. Au cours des cinq prochaines années, l’investissement de 35 millions d’euros de Huawei dans son OpenLab en France fera, de lui, une plateforme plus solide pour la collaboration intersectorielle.

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