Incontestablement, 2022 fut l’année du sport

Photo Laurent Zabulon/ABACAPRESS.COM

Que l’on apprécie ou non le sport, difficile de nier que 2022 fut particulièrement riche en évènements. De la performance du XV de France à la finale de la Champions League à Paris, en passant, bien évidemment, par la Coupe du Monde au Qatar ; exploits, rebondissements, adieux et deuils se sont succédés à un tel rythme, que cette année est assurée de rester gravée dans l’Histoire du sport.

Rappelons-nous, l’année avait commencé très fort car une fois n’est pas coutume, l’ombre du covid planait encore sur le monde du sport, ou du moins, sur les cours de tennis. Après avoir remporté 20 titres du Grand Chelem dont 9 Open d’Australie, Novak Djokovic avait l’opportunité d’entrer dans l’histoire si jamais il venait à remporter la decima, comme le diraient si bien nos voisins ibériques. Hélas, fermement opposé à la vaccination, il n’a pu participer et devint alors malgré lui ambassadeur des Antivax, sans oublier une perte de sponsors durant les mois qui suivirent, à commencer par Peugeot.

L’année 2022 fut également placée sous le signe de l’écologie, ce qui, paradoxalement, n’empêcha pas Pékin d’organiser des Jeux Olympiques d’Hiver à grands renforts de neige synthétique, dont l’addition s’est finalement élevée à environ 38 milliards d’euros[i]. Les débats sur la question auraient pu être longs et animés, mais l’Histoire, la grande, en a décidé autrement, car les Jeux à peine terminés, le voisin Russe décidait d’envahir l’Ukraine. Un conflit auquel les instances sportives mondiales n’ont pas manqué de réagir, sanctionnant aussi bien le pays tout entier que son chef d’Etat. Alors en barrage pour la Coupe du Monde de la FIFA, la Russie fut tout simplement bannie et la Fédération Internationale de Judo décida alors de suspendre le statut de président honoraire de Vladimir Poutine, car oui, le sport est plus que jamais politique.

Le mois suivant aurait pu rimer avec accalmie. Emmené par le meilleur joueur du monde, Antoine Dupont, le XV de France fut reçu 5 sur 5 et réalisa le dixième Grand Chelem de son histoire, à un an de la Coupe du monde, de quoi faire oublier l’affaire Laporte-Altrad… ou peut-être pas. D’ailleurs, il s’en est fallu de peu pour que l’équipe de France féminine réalise la même performance quelques semaines plus tard, si seulement elles étaient parvenues à battre l’Angleterre lors de ce fameux match à Bayonne.

Bien entendu, le monde du ballon rond ne fut pas en reste et a soufflé le chaud et le froid sur l’hexagone. Initialement censée se dérouler à Saint-Pétersbourg, c’est finalement Paris qui hérita de la finale de la Champions League, pour les raisons déjà évoquées. Hélas, la fête tourna vite au fiasco en raison des violences ayant éclaté aux abords du Stade de France et de l’incapacité des organisateurs à assurer la sécurité, ainsi qu’à assumer leurs responsabilités. De bien mauvais augure, quand on sait que les Jeux Olympiques n’ont jamais été aussi proches, mais la prolongation de Kylian Mbappé au PSG –  contre près de 300 M€ d’euros nets sur trois ans – ainsi que le ballon d’or remporté par Karim Benzema, auront toutefois suffi à égayer le public français, dans l’attente d’un tout autre évènement.


Outre-Atlantique, ce que beaucoup attendaient arriva une fois encore, les Golden State Warriors remportèrent leur 7ème titre de champion NBA. A l’image de celui qui symbolise cette génération dorée – Stephen Curry – la franchise de San Francisco parvint elle aussi à marquer son panier à trois points, car le sacre financier est venu s’ajouter à la consécration sportive ainsi qu’à l’essor médiatique entamé par la franchise californienne il y a bientôt 10 ans, celle-ci étant désormais officiellement la mieux valorisée de NBA, à hauteur de 7 milliards de dollars.

New York a également cru que son heure de gloire était enfin revenue, quand Aaron Judge emmenait les Yankees en playoffs en battant au passage un record datant de 1961, celui du nombre de home runs réalisés par un joueur de la franchise de MLB sur une saison, désormais établit à 62 unités, mais le rêve s’arrêta en finale de conférence. Qu’importe, le héros de la saison, un temps annoncé du côté de San Francisco, a finalement préféré prolonger l’aventure pour neuf années supplémentaires avec 360 M$ à la clé, donnant à la cote Est le droit de continuer à rêver de retrouver sa gloire d’antan.

Mais l’année 2022, ce fut aussi celle des au revoir. De la Last dance du roi Federer lors de la Laver Cup, qui va désormais troquer sa raquette contre un costume de businessman à plein temps[ii], aux départs de Jo-Wilfried Tsonga et de Gilles Simon par la petite porte, une page s’est tournée dans le monde du tennis, même si le public français peut tout de même garder le sourire. Après tout, Caroline Garcia est parvenue à remporter Roland Garros en double et les Masters, avec en bonus, près de 4 millions d’euros engrangés. De quoi faire taire les si nombreux détracteurs du tennis hexagonal.

Enfin, cette année pas comme les autres n’aurait su connaitre une fin ordinaire, d’autant plus que les fans de sport que sont la plupart d’entre nous n’avaient, soyons honnêtes, qu’une seule échéance à l’esprit : la Coupe du Monde de la FIFA au Qatar. Avant même d’avoir débuté, ce mondial n’aura cessé de faire parler, réagir, mais surtout diviser. Il est désormais terminé, et n’en déplaise à ses plus fervents détracteurs, il fut inoubliable. Démesuré sur le plan économique avec près de 200 milliards d’euros d’investissements, il a attiré tous les regards. Les Français n’ont pas hésité une seconde à boycotter les appels au boycott, d’ailleurs, ce ne sont pas les 24,08 M de téléspectateurs ayant assisté à la finale qui diront le contraire, et combien ils auront eu raison.

Entre les adieux de Cristiano Ronaldo à son rêve d’être un jour sacré champion du monde, la chute du Brésil de Neymar Jr – pourtant vainqueur annoncé – dès les quarts de finale et la qualification historique du Maroc en demi-finale qui a su faire rêver un continent entier, ce mondial restera, à l’image de sa finale, inoubliable. Toutefois, l’happy ending que le public tricolore espérait n’a, hélas, pas eu lieu. Malgré son talent et un triplé en finale, Kylian Mbappé n’est pas parvenu à soulever une seconde Coupe du Monde consécutive, mais rarement un public aura été aussi fier de ses joueurs malgré la défaite.

Après tout, peut-être que le sacre de Lionel Messi était simplement inévitable, mais la passation de pouvoir a pourtant bien eu lieu. Tandis que le roi Pelé s’est éteint le 29 décembre, l’Argentin a hérité – aux yeux de beaucoup – de sa couronne de meilleur joueur de l’Histoire, le roi est mort, vive le roi, en attendant qu’un certain tricolore vienne à son tour réclamer ce titre d’ici quelques années. Ainsi, s’il me fallait résumer l’année 2022, entre ses exploits, ses déceptions et ses au revoir, je me contenterais tout simplement de dire, qu’une page du monde du sport s’est tournée en attendant qu’une autre s’ouvre, dès 2023.

Mathieu Sauvajot

A lire aussi :


[i] https://www.insider.com/real-cost-of-beijing-games-10-times-chinas-reported-figure-2022-1

[ii] https://www.entreprendre.fr/le-grand-chelem-marketing-de-roger-federer/

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