Les matches de la dernière Coupe du monde au Qatar ont duré plus longtemps qu’à l’accoutumée. En cause, une nouvelle réglementation sur les temps d’arrêt de jeu. Selon un sondage YouGov, ce n’est pas pour déplaire aux fans. Peut-être pas pour les diffuseurs ?

Lors de cette Coupe du monde de football au Qatar (du 21 novembre au 18 décembre 2022), grâce à une nouvelle réglementation concernant le temps de jeu, les matches ont duré beaucoup plus longtemps que les 90 minutes réglementaires. Ainsi, la rencontre entre l’Angleterre et l’Iran, en phase de poules – qui s’est soldée par une victoire des Britanniques – s’est déroulée pendant plus de 117 minutes, soit presque autant qu’un match avec prolongations. Mais est-ce que tout ce temps additionnel plaît aux fans ?

Un temps additionnel record apprécié

Une nouvelle étude YouGov sur ces matches prolongés démontre que les supporters, qui ont suivi la compétition, ont plutôt apprécié ces minutes supplémentaires de jeu. En effet, 75 % d’entre eux affirment que la nouvelle approche a bien fonctionné et seulement 16 % ont déclaré qu’elle a mal fonctionné. En outre, les fans ont tendance à affirmer que cette nouvelle directive sur les temps d’arrêt a amélioré le football. Ils sont même 45% à dire que cela a rendu la Coupe du monde plus agréable. Ceci étant dit, seulement un tiers des fans (32%) pensent que le temps d’arrêt de jeu est le meilleur moyen de décider du temps à ajouter à un match de football, tandis que deux sur cinq (42%) pensent qu’il vaut mieux arrêter le chronomètre à chaque fois que le ballon sort du terrain.

Si l’allongement de la durée des matches n’est pas sans déplaire aux fans, elle n’est pas sans impact pour la programmation des chaînes de télévision. TF1 en a fait l’amère expérience lors de France vs Tunisie en lançant trop vite la page de publicité. Heureusement, le beau parcours des Bleus aura permis de faire oublier ce couac et de lucratives audiences, 330.000 euros les 30 secondes de publicité à la mi-temps de France vs Argentine.

S’appuyer sur ce qui existe dans d’autres sports

La FIFA a donc souhaité passer du temps de jeu théorique au temps de jeu effectif. Pour beaucoup ce changement, s’il veniat à se confirmer, éviterait le « spectacle » inutile de certains qui ont tendance à vouloir gagner du temps en feignant une blessure notamment. Et c’est déjà une réalité dans d’autres sports comme le basket-ball ou le hockey. Au handball ou au rugby, le chronomètre ne s’arrête que lors de phases spécifiques (exclusions, temps-morts, penalties, blessure, arbitrage vidéo) et/ou à l’appréciation de l’arbitre. Pour le football, le seul sport où l’arbitre décide de la fin du match sans un timing exact, plusieurs idées ont déjà émergé en s’appuyant sur ce qui existe déjà : l’arrêt du chrono pour les cas les plus graves ou encore un temps de jeu effectif de 30 minutes par période avec chrono stoppé à chaque arrêt de jeu. Mais un temps de jeu effectif de 90 minutes impliquerait des matches de 2h15 en moyenne. Quoi qu’il en soit, la réflexion est de mise dans l’intérêt du sport et non du spectacle.

Marie-Eve Wilson-Jamin

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