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Digital : les Fintech vont-elles tuer les banques ?

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12.000 Fintech dans le monde ! Ces jeunes pousses couvrent aujourd’hui la quasi-totalité des métiers de la finance : moyens de paiement, tenue de compte, transfert d’argent, fourniture de liquidités…

Le développement de ces nouveaux acteurs, mais aussi la poussée des géants de l’Internet (les GAFA – Google, Amazon, Facebook, Apple – qui ont tous développé leurs propres solutions de paiement), pourrait provoquer à l’horizon 2025 une chute de 10 à 40% des revenus dans les métiers les plus attaqués, soit de 20 à 60% des profits générés.

 

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Un phénomène tiré par une baisse des tarifs sur des services pour lesquels les acteurs traditionnels ont l’habitude de marges élevées. Les Fintech apportent non seulement des prix compétitifs, mais aussi plus de souplesse et de simplicité, le numérique permettant de proposer des offres «disruptives», partant des usages et des attentes des consommateurs.

Les atouts français
Notre pays a donc une carte à jouer. «Le savoir-faire français dans les deux secteurs financier et digital est largement reconnu à l’international. L’accès à des services finances à distance est plus ancien en France qu’ailleurs, grâce au Minitel.

 

Les établissements financiers ont développé des accès en ligne de très bonne qualité depuis longtemps. Des Français ont développé de belles entreprises en France, mais sont aussi présents dans de nombreuses jeunes pousses étrangères. Ils sont même 40.000 dans la Silicon Valley !», indique Alain Clot, président de France Fintech, une association née à l’initiative d’une dizaine de dirigeants des principales jeunes pousses du secteur et regroupant aujourd’hui une cinquantaine de membres.

 

Le Lending Club du Français Renaud Laplanche aux États-Unis, qui pèse près de 7 Mds$ en Bourse (6,35 Mds€), est emblématique de cette exception nationale. Si le secteur se révèle particulièrement dynamique, tout n’est pas parfait : «Même si des progrès ont été accomplis, le financement reste un sujet majeur.

 

De nombreuses Fintech meurent car elles ne trouvent pas les fonds nécessaires dans la deuxième étape de leur développement. Il existe peu d’investisseurs spécialisés dans notre domaine, où les modèles économiques sont complexes à appréhender. Et la réglementation évolue lentement. Si la France a su progresser dans le financement participatif, beaucoup restent à faire pour rivaliser avec Londres ou New York». Car, naturellement, la compétition est mondiale.

Changements profonds
Face à cette déferlante, les acteurs traditionnels du secteur ne sont évidemment pas inactifs. «Le défi nu- méro un de toutes les banques, c’est l’adaptation au numérique», affirme Frédéric Oudéa, directeur général de la Société générale. Et pour relever ce défi, elles ont lancé de vastes plans de réorganisation : réduction des effectifs en agence et développement des services en ligne sont au coeur de leurs stratégies.

 

Surtout, nombre d’entre elles, qui se sont refaites une santé financière depuis la crise, ont choisi d’investir sur les nouveaux entrants, via des prises de participation, des partenariats ou la création d’incubateurs. Mais les jeunes pousses de la finance sauront-elles s’imposer sur la durée ?

 

«Ces modèles fonctionnent bien pour le moment, mais ils n’ont pas encore été mis à l’épreuve d’un retournement économique», souligne Philipp Härle, directeur chez McKinsey. Ce qui est certain, c’est que le petit monde de la finance est confronté à un changement en profondeur.

 

L’économiste Jean Hervé Lorenzi, président du pôle de compétitivité finance innovation, en est convaincu : «Les Fintech sont les précurseurs d’une mutation en cours dans les domaines de la banque, l’assurance, la gestion d’actifs, l’économie sociale et solidaire, l’immobilier, les métiers du chiffre et du conseil». Une nouvelle donne riche en opportunités pour les entrepreneurs les plus imaginatifs.

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