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Nicolas Dufourcq : « D'ici 2018, nous prévoyons d'accompagner près de 2.000 PME et ETI »

Entreprendre.fr

Le directeur général de Bpifrance dresse le bilan de ses quatre années à la tête de la banque publique d’investissement et annonce un grand plan d'action à horizon 2018. « Nous sommes au capital de 335 ETI, dont 60% hors Île-de-France, afin de les aider à acquérir une dimension mondiale. » Entretien.

Quel est le bilan de vos 4 années à la tête de Bpifrance ?

Nicolas Dufourcq : L’État et la Caisse des Dépôts ont fait le pari d’imaginer un acteur public organisé comme une entreprise privée mais au service de l’intérêt général. Ce n’était pas gagné. Le risque était que la fusion d'Oseo, de CDC Entreprises et du FSI n'ait qu'une dimension administrative.

 

Nous avons réussi la fusion des équipes et des cultures des entités qui ont fondé Bpifrance, autour de 4 valeurs : volonté, simplicité, optimisme et proximité. Et le résultat, c’est la plus forte croissance dans la banque européenne depuis 2013. Nous avons doublé les crédits, les investissements en fonds propres, le financement de l'innovation, les investissements en région.

 

 Quel est l’impact de Bpifrance sur l’économie française ?

ND : Rappelons que quand nous prêtons 100 €, les banques prêtent en moyenne 2 fois plus aux PME. Et c’est la même chose pour nos prises de participations. Bpifrance investissement est ainsi devenue la plus grosse société de gestion hors LBO en France, avec 20 Mds€ d'actifs et 350 salariés.

 

Depuis 2013, nous avons ainsi contribué à injecter 140 Mds€ dans l’économie française. Cet effet de levier est le garant d’un modèle sain. Dans une période de crise, notre action a aussi eu un effet réel, quoique plus difficile à quantifier, sur l'optimisme des entrepreneurs.

 

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 Le poids des fonds publics dans le financement de l'innovation n'est-il pas trop important en France ?

ND : Il n'y a qu'en Californie où les capitaux privés vont massivement sur des segments très risqués et peu rentables, comme le capital-innovation. Partout ailleurs, il y a beaucoup d'argent public dans le financement de l'innovation, notamment en Israël. Le capital-risque et le financement d'amorçage sont en effet toujours à la frontière de la politique industrielle, dans la plupart des pays du monde.

 

 Comment choisissez les start-up dans lesquelles vous investissez ?

ND : Nous ciblons toutes les disciplines d'avenir : les clean tech, les biotechnologies, le numérique, le bâtiment intelligent, la cybersécurité. Avec déjà de très belles opérations comme Criteo, Teads, Talend, Withings, Sigfox, Parrot… Bpifrance investit aussi beaucoup au travers de plus de 100 fonds de capital-risque partenaires, y compris étrangers, ce qui a pour effet de démultiplier l'impact de notre action sur l'ensemble de l'écosystème. C'est par exemple au travers du fonds Isai Développement que nous sommes entrés au capital de BlaBlaCar.

 

 La Bpifrance n’est-elle pas plus présente auprès des start-up que des PME traditionnelles ?

ND : Pas du tout. L'industrie représente 25% de nos actions, à comparer à son poids de 12% dans le PIB ! D'ici 2018, nous prévoyons d'accompagner près de 2.000 PME et ETI dans leur mutation vers le numérique, que ce soit dans le tourisme, un secteur qui pèse 7,4% de notre PIB, la mode ou les transports. Nous sommes au capital de 335 ETI, dont 60% hors Île-de-France, afin de les aider à acquérir une dimension mondiale.

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