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Charles Beigbeder, à l'Avant-Garde des idées de droite  

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Charles Beigbeder a fondé cinq entreprises : le courtier en ligne Selftrade, le fournisseur d'électricité Poweo, le producteur agricole AgroGeneration, la société de réservation de loisirs Happytime et la société financière Audacia. 

Pourquoi avoir sauté le pas de l'engagement politique ?

 

Charles Beigbeder : Depuis toujours, je m’intéresse à la vie politique de mon pays car c’est une activité noble que de chercher à préserver, au-delà des intérêts de chacun, le bien commun de la société. Le but de l’économie est de satisfaire les besoins de l’homme alors que la politique tente d’organiser la vie de la cité en vue de la liberté de tous.

 

On ne peut s’en désintéresser. Cependant, mes activités professionnelles m’ont longtemps empêché de m’y consacrer par un engagement concret qui suppose de pouvoir libérer du temps et d’avoir le recul suffisant pour appréhender les problèmes de la France à leur juste mesure. Depuis quelques années, j’ai abandonné toute responsabilité exécutive dans un groupe en tant que P-DG pour devenir entrepreneur-investisseur à travers ma holding Gravitation, ce qui me laisse plus de temps pour me consacrer à la vie politique.

 

Quelles sont les convictions qui vous ont poussé à vous présenter aux législatives en 2012 et 2014 ?

CB : Je ne suis pas un grand adepte des partis politiques qui contribuent souvent à stéréotyper les opinions et à enrégimenter les esprits, plaçant les personnes dans des étiquettes abstraites qui font fi de la complexité de leur pensée. Cependant, puisque la vie politique fonctionne autour des partis, j’ai choisi de rejoindre l'UMP au début 2000, puisque je me situe plutôt du côté des conservateurs, partisans des évolutions lentes qui intègrent le subtil équilibre des siècles et l’héritage des anciens.

 

En 2012, je me suis ainsi retrouvé nommé «Secrétaire national en charge de la pédagogie de la réforme» mais me suis vite rendu compte que les titres ronflants valent peu au regard d’un mandat électif qui confère une légitimité indiscutable à celui qui en est pourvu. En 2014, ce sont des dissensions internes au sein de la droite ainsi qu’un doute profond sur les capacités de Nathalie Kosciusko-Morizet à incarner l’alternance parisienne qui m’ont conduit à constituer, dans la plupart des arrondissements de la capitale, mes propres listes nommées Paris Libéré.

 

J’ai ainsi été élu dans le VIIIème arrondissement avec un score de près de 25% mais cette dissidence m’a valu une suspension de mon parti, toujours d’actualité.

 

Les chefs d'entreprise devraient-ils plus s'engager en politique ?

CB : Il est fondamental que la société civile puisse être mieux représentée au sein du personnel politique qui comprend beaucoup trop de professionnels de carrière souvent coupés des réalités économiques et peu au fait du monde de l’entreprise. Quand il s’agit de s’attaquer à la dette ou au chômage, je fais plus confiance à un chef d’entreprise qu’à un fonctionnaire. Pourtant, il n’y en a pas un seul au gouvernement !

 

N'avez-vous jamais eu peur que votre activité politique colle une étiquette sur vos sociétés ?

CB : Quand un entrepreneur fait de la politique, il prend plus de risques qu’un simple particulier. En effet, il est tentant de jeter l’opprobre sur un adversaire politique ou un concurrent électoral par des propos suspicieux à l’encontre de ses succès entrepreneuriaux.

 

C’est une pratique déloyale malheureusement courante qui n’aide pas les entrepreneurs à se lancer en politique. J’en ai fait la triste expérience à mon niveau. Cependant, les Français aspirent profondément à un renouvellement du personnel politique et je suis sûr qu’il interviendra dans les années qui viennent.

 

Quelles sont vos ambitions politiques pour 2017 et à plus long terme ?

CB : Je suis actuellement mobilisé par la campagne de François Fillon, à travers le pôle société civile dont je suis l’un des porte-paroles. À plus long terme, je veux agir dans la bataille des idées. Comme Gramsci, je pense que toute victoire politique présuppose une victoire culturelle : lorsque des citoyens portent au pouvoir un homme, c’est qu’ils ont été au préalable imprégnés par le discours qu’il tient, qui a pu trouver un écho singulier en eux.

 

Cela ne s’effectue pas en quelques meetings électoraux ! La bataille culturelle est un lent labour qui s’inscrit dans la durée et vise la conquête des cœurs et des esprits. Pour cela, j’ai décidé de fonder, aux côtés de l’ancien ministre Charles Millon, un réseau participatif transpartisan, L’Avant-Garde, qui s’efforce de nouer des solidarités concrètes autour de projets locaux d’intérêt général, et de mener un travail d’influence auprès des grandes formations de la droite, dans le but de faire émerger les décideurs politiques de demain. C’est là que se situe l’avenir.

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