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Criteo : Jean-Baptiste Rudelle, modèle des startuppers

Entreprendre.fr

À 47 ans, Jean-Baptise Rudelle, le fondateur de Criteo a atteint ses deux rêves, «créer sa boîte et écrire un livre». C’est avant tout un modèle pour tous les startuppers, son entreprise valant aujourd’hui plus de 2 Mds€.

Prédire l’avenir avec Criteo

Au cœur du succès de Criteo, un algorithme capable de prédire le comportement futur des internautes. C’est d’ailleurs de cette technologie que vient le nom de la société, Criteo signifiant «e prédis» en grec. Pour la petite histoire, l’entreprise avait adopté comme mascottes deux poissons baptisés Cri et Théo, ce qui lui a plutôt porté chance.

 

Pourtant, les deux premières approches, la recommandation personnalisée pour les films puis pour les sites de commerce électronique, n’ont pas trouvé leur marché. C’est en attaquant la publicité en ligne que Criteo a décollé.

 

En plein dans la cible

Si le grand public ne connaît pas forcément l’entreprise, tous les utilisateurs d’Internet sont confrontés à ses solutions. Criteo est en effet le leader mondial du reciblage, une technologie qui permet de générer «en moins de 150 millisecondes» des publicités adaptées en fonction de l’historique des parcours sur le Web. Une offre qui a séduit plus de 1.000 éditeurs et près de 10.000 annonceurs, dont les 740 milliards de publicités annuelles touchent chaque mois 1,1 milliard d’internautes.

 

Plus intelligents à trois

Il l’affirme, «l’ère du monofondateur de jeune pousse est révolue». Et le succès de Criteo le prouve puisqu’il repose sur un trio. Jean-Baptiste Rudelle a rencontré ses associés, Franck Le Ouay, 39 ans, et Romain Niccoli, 38 ans, dans un incubateur de la Ville de Paris. C’est à ces deux ingénieurs passés par Microsoft que l’on doit l’outil prédictif au cœur de la technologie de l’entreprise.

Légende : Franck Le Ouay

 

Jean-Baptise Rudelle : des études détestées

Jean-Baptiste Rudelle a étudié à Supelec et à l’Imperial College London. Il n’en garde pas un excellent souvenir : «La classe préparatoire, c’était un mauvais rêve ; l’école d’ingénieur, un cauchemar». Il a même failli rater son diplôme en école d’ingénieur : «Le directeur des études m’a affirmé que j’étais la honte de l’école et qu’il n’avait jamais vu un tel cas en 15 ans». La preuve que les qualités d’un entrepreneur ne sont pas de celles qu’on recherche dans les grandes écoles.

 

Deux coups d’essai avant Criteo

S’il a d’abord travaillé comme ingénieur puis comme consultant dans les années 90, Jean-Baptiste Rudelle a toujours souhaité être entrepreneur. Pourtant, sa première entreprise, spécialisée dans le call-back, a été un échec. En revanche, sa deuxième tentative, K-Mobile, lancée en 1999, connue pour le service de téléchargement de sonneries et jeux pour téléphones mobiles Kiwee, est revendue en 2004 à American Greetings Interactive. Avant Criteo, le serial entrepreneur a même lancé une saladerie bio avec son épouse, qu’il a rapidement revendue.

 

Cotée au Nasdaq

En octobre 2013, Criteo est la première entreprise française à intégrer le Nasdaq, depuis Business Objects en 1994. Un succès ! Valorisée 1,5 Md$ (1,3 Md€) le jour de l’IPO, l’entreprise pèse aujourd’hui 2,3 Mds$ (près de 2 Mds€). «Nous nous sommes cotés sur le Nasdaq parce que le marché clé de notre business de la publicité en ligne ce sont les États-Unis. L’introduction a constitué un changement énorme. Elle a aussi accru la notoriété de notre marque, encore jeune aux États-Unis», expliquait alors Jean-Baptise Rudelle.

 

R&D en France

Si la société est cotée à New York, son siège social est en France. En 2012, l’entreprise a emménagé dans de magnifiques locaux de 10.000 m² sur 5 étages, réalisé par l’architecte Franck Hammoutène, rue Blanche, dans le IXème arrondissement de Paris. L’immeuble abrite les 670 ingénieurs du Criteo Labs, le plus grand centre de recherche et développement européen, après celui de Google à Zurich. Et même s’il affirme que «la France est un petit paradis fiscal», ce n’est pas seulement le crédit d’impôt recherche qui l’a motivé, mais la qualité de nos ingénieurs et développeurs.

 

Club privé pour entrepreneurs

Avec Agathe Wautier, ancienne directrice de la marque numérique chez Orange, Jean-Baptiste Rudelle est à l’origine de The Galion Project, un think tank à but non lucratif qui vise le partage des bonnes pratiques entre entrepreneurs du numérique. L’ambition est de faire émerger des «Google “made in France”» en permettant des échanges de bonnes pratiques entre dirigeants. Mais la sélection est rude : pour rejoindre Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko-Morizet ou Alexandre Malsch, il faut avoir levé 1 M€ ou réaliser 3 M€ de CA ou plus, avec au moins 80% au cours des deux dernières années.

 

Il veut payer plus d’impôts !

Les patrons à succès ne sont pas nombreux à rendre hommage à Thomas Piketty, l’économiste auteur du Capital au XXIème siècle, qui traite de l’aggravation des inégalités. Mais Jean-Baptiste Rudelle, dont le premier essai, «Vous avez dit progrès ? Pourquoi votre avocat ne peut plus se payer de baby-sitter», était consacré au même sujet, reste fidèle à ses convictions, convaincu que «plus on grandit, plus on a une responsabilité quasi sociale». S’il ne s’engage pas politiquement, il s’emporte contre «ceux qui fantasment sur un monde sans fiscalité» et trouverait normal de payer plus d’impôts, lui qui gagne 400.000 € de salaire annuel et dont la fortune personnelle est estimée à 175 M€.

 

L’envie d’écrire

Pour son troisième ouvrage, «On m’avait dit que c’était impossible», paru chez Stock, après un essai économique et un guide sur la publicité Internet, Jean-Baptiste Rudelle a choisi de revenir sur son parcours d’entrepreneur. L’occasion de lutter contre le pessimisme masochiste des Français, allant jusqu’à écrire : «Désolé, mais si nos entreprises échouent, ce n’est pas toujours la faute de l’Urssaf», et prôner une révolution culturelle à faire dans la tête des entrepreneurs.

 

Une vie très privée

Fils d’un artiste-peintre (Pierre-Marie Rudelle) et d’une chercheuse en sciences politiques, marié et père de deux filles de 12 et 14 ans, le patron de Criteo en révèle très peu sur sa vie personnelle. Il insiste cependant sur l’importance du «soutien familial» dans la réussite d’un créateur d’entreprise. Il n’est guère plus disert sur ses passions. Joueur d’échecs de bon niveau (il a participé au championnat de France dans sa jeunesse), pianiste amateur, il affiche aujourd’hui son goût pour le kitesurf, le sport favori des patrons comme Richard Branson (Virgin), Larry Page (Google) ou des vedettes du Web comme Loïc Le Meur.

 

Et maintenant… l’Asie

Criteo est implantée dans 85 pays. Si les États-Unis représentent toujours son premier marché, l’entreprise investit fortement sur les marchés émergents comme la Russie, l’Amérique latine et la Chine, où Criteo vient de créer un nouveau datacenter. «Le marché chinois est depuis toujours une priorité pour nous. Cette création s’inscrit au cœur d’une stratégie sur le long terme qui vise à nous renforcer dans cette région du monde». L’entreprise compte trois datacenters en Asie (Shanghai, Tokyo et Hong Kong) sur les sept qu’elle exploite dans le monde.

 

Psychopathe social !

La discrétion est plus qu’un trait de caractère du patron de Criteo, qui se décrit lui-même comme un autiste social, qui déteste parler en public. Mais pour lui ce n’est pas un problème : «Si vous regardez les grands entrepreneurs, comme Mark Zuckerberg ou Steve Jobs, ce sont des personnalités singulières, des “psychopathes sociaux”. Cela les a aidés». Et d’ajouter un conseil : «On ne peut réussir en restant constamment obsédé par le regard des autres. Si c’est le cas, alors, on est beaucoup mieux dans un grand groupe». 


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