Finalement, le grand mérite d’Éric Zemmour est qu’il contribue à mieux nous informer. Après son spectaculaire débat télévisuel avec le leader de la France Insoumise, plus aucun citoyen ne peut désormais ignorer les vrais chiffres de l’immigration régulière ou clandestine (avec près de deux millions d’arrivées sous le quinquennat Macron) ou de l’insécurité.

Car l’ancien polémiste de CNews prend soin de s’appuyer sur des chiffres officiels, confirmés d’ailleurs par l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux en personne. Au passage, adressons un mauvais point à l’équipe de vérification des informations de la chaîne qui est allée chercher par exemple le controversé démographe Hervé Lebras, aux prises de position idéologiques au lieu de faire appel par exemple à Michèle Tribalat.

Ce n’est qu’un exemple. Idem pour la contestation de la fraude aux aides sociales estimée à 50 milliards, par l’auteur de « la France n’a pas dit son dernier mot » qui reprend des chiffres même de la Cour des Comptes. Celle-ci l’estime à 45 milliards pour les fraudes non détectées, les 1 milliards restant représentant uniquement les fraudes détectées (sic). Ce qui a permis à BFM TV de le contredire mais finalement d’induire en erreur les téléspectateurs. Plus généralement, le recours de plus en plus fréquent par les médias de ces cellules de vérification journalistique prêtent le flanc aux critiques plus qu’elles ne semblent apporter de la crédibilité. BFMTV et son directeur Marc-Olivier Fogiel devront être d’avantage vigilants à l’avenir pour que ce « contrôle des informations » ne devienne pas un moyen de règlements de comptes détourné.

Le débat a été un succès intégral. Suivi par plus 3,8 millions de téléspectateurs et 2,6 millions vidéos vues, il est intéressant de remarquer que 500 000 jeunes de 15 à 34 ans l’ont regardé. Ce qui montre bien aussi une attente de la part de la nouvelle génération. Un débat qui a relégué celui de la chaîne publique, France 2, organisé au même moment entre Valérie Pécresse et Gérald Darmanin au niveau des audiences d’une chaîne du câble, avec à peine un million de téléspectateurs.

Une contre-performance qui vient peut-être aussi sanctionner le parti-pris par trop affiché des deux animateurs, Léa Salamé et Thomas Sotto, dont personne ne peut ignorer le talent mais aussi les positions politiques bien ancrées à gauche. Ce dont le CSA visiblement ne se préoccupe guère alors qu’on est censé être dans le « service public «.
Jean-Luc Mélenchon est apparu un peu usé et parfois même admiratif de la ténacité et du courage de son ancien ami souverainiste.

Le leader de LFI a choisi un autre camp : celui d’une certaine démagogie ou facilité. Devant le succès actuel de Zemmour, il doit peut-être regretter au fond de lui de ne pas avoir su emprunter au bon moment cette voie de la vérité, y compris sur les sujets qui fâchent, comme ceux de l’immigration ou de l’insécurité. Dommage pour lui et aussi pour le pays, car avec ses qualités, le deputé des Bouches-du-Rhône et ancien ministre de l’Enseignement professionnel sous Lionel Jospin, serait peut-être aujourd’hui devenu le leader souverainiste qui manque tant à la nation. Un rôle que pourrait encore jouer Arnaud Montebourg s’il le voulait. Mais on ne refait pas l’histoire.

À 70 ans, Mélenchon préfère flirter avec les franges les plus radicales de la gauche, celles où les thèses immigrationistes, racialistes, décoloniales voire islamo-gauchistes ou woke peuvent fleurir à l’envie. Un fonds de commerce indéniable mais aussi une voie funeste pour notre pays. Cela se voyait sur son visage. Quand il parlait, Jean- Luc Mélenchon n’y croyait pas vraiment. Même quand il se lançait dans ses tirades apocalyptiques sur l’écologie, cela résonnait faux. Regrettait-il par moment de ne pas avoir suivi l’évolution de Zemmour. C’est fort possible. Quand il prenait des notes, on voyait que c’était d’abord pour reprendre ses esprits. Quand il a critiqué le nucléaire alors qu’il en était l’un des plus ardents défenseurs, on a senti qu’il surjouait.

Zemmour de son côté continuait à asséner ses vérités et démonstrations historiques, de celles qui n’ont guère pu s’exprimer dans les médias depuis ces quelques dernières quarante
années. Politiquement correct oblige. Alors bien sûr, cela fait mal à entendre pour chacun d’entre nous. Tel un boxeur groggy, le citoyen lambda se réveille aujourd’hui sonné. Alors bien sûr qu’il est facile de qualifier Zemmour de « pessimiste noir » comme le font déjà ses opposants. Sauf que le scénario qu’il entrevoit pour l’avenir du pays, si on ne fait rien, n’a rien de réjouissant et pour personne.

Mais n’oublions pas à l’aube du grand débat présidentiel qui s’annonce, que ce que nous attendons d’un Chef d’ État est d’abord qu’il prépare le pays à affronter tous les scénarios, y compris les pires. Gouverner, c’est prévoir. Le pays n’ a que trop vécu au gré des promesses sans effet. Il n’est jamais trop tard pour se remettre à flot. Oui, la France n’a pas dit son dernier mot à condition de regarder les problèmes en face.

Robert Lafont

1 COMMENTAIRE

  1. On connaissait le Robert Lafont plagiaire, patron de presse de pacotille. On le découvre aujourd’hui éditorialiste aux idées nauséabondes ânonnées sans le moindre style. Un nain.

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