Tous les démocrates de bonne foi le reconnaissent ; un tel empêchement, s’il se confirmait, constituerait de fait un véritable scandale démocratique.

Quel que soit l‘opinion que l‘on peut porter sur Eric Zemmour ou Marine Le Pen, les candidats situés les plus à droite sur l‘échiquier politique, il serait pour le moins singulier de voir les deux principaux candidats souverainistes, crédités chacun de près de 15% des suffrages, interdits de pouvoir se présenter aux prochaines élections présidentielles françaises.

D’autant que des candidats d’extrême gauche type Nathalie Artaud ou Philippe Poutou, crédités chacun à hauteur de 0,5% des intentions de vote , auraient eux bien accès à ce débat présidentiel, en partie grâce à leur implantation de terrain de leur micro- parti.

Un tel empêchement serait à n‘en pas douter ressenti comme un véritable déni de justice de la part de beaucoup de citoyens et cela quelque soient leurs opinions politiques d’ailleurs. C‘est une question de principe et de liberté.

Intervenant cinq ans après une élection présidentielle de 2017 où, tout le monde s’en souvient, le Parquet National Financier a fait preuve d‘un zèle plus que suspect vis a vis du candidat conservateur, François Fillon, une nouvelle irruption extérieure pouvant profondément modifier les résultats ultimes de l’élection, perturberait pour ne pas dire plus les profondeurs de l’électorat et la régularité de l’élection suprême de la Véme République. Il ne faut pas prendre cette hypothèse à la légère. Elle a de quoi déstabiliser tout notre système de désignation républicaine.

Aux dernières nouvelles, Éric Zemmour ne disposerait à ce jour que d’a peine 220 promesses de signatures de maires sur les 500 requises. Rappelons que le nom des maires étant rendu public, ceux-ci n‘ont pas forcément envie de voir leur nom associé à telle ou telle candidature. Il y va pourtant de notre équilibre démocratique car personne ne comprendrait que des candidats, représentant jusqu’à 15% de l’électorat, puissent être empêchés de se présenter.

L‘ancien ministre de l’intérieur de Nicolas Sarkozy, l‘actif Brice Hortefeux ne s‘y est d’ailleurs pas trompé en déclarant que : « Zemmour part de zéro et n‘est pas certain d‘y parvenir. » Le risque est donc réel de fausser la prochaine élection. D‘autant que c’est aussi tout l’intérêt de Valérie Pécresse dont Brice Hortefeux reste un actif soutien : « Notre intérêt est que les deux se présentent afin que Valérie puisse se faufiler et se qualifier pour le second tour. Sinon, ce sera compliqué » a-t-il déjà déclaré au Canard Enchaîné, qui n‘est jamais le dernier en matière de confidences.

Robert Lafont

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