Tom Benoit : « Les origines de la crise économique : un usage galvaudé des valeurs »

Par Tom Benoit, philosophe et essayiste

Tribune. Notons tout d’abord que la finance est seulement une portion de l’économie – qu’il est nécessaire que de l’argent circule pour que la première existe, et qu’il est incontournable que l’homme aille au contact de la matière afin que la seconde permette de produire de la monnaie.

L’économie est une discipline qu’il convient de diviser en deux champs.

D’une part, l’activité humaine génère de l’énergie économique, et d’autre part, l’humain spécule pendant même qu’il structure cette valeur.

Différentes dualités semblables à celle-ci ordonnent le système économique.              

Aussi, je précise ici que c’est lorsque les acteurs-décideurs d’un territoire économique déterminé ne s’efforcent plus de distinguer deux pôles antagoniques, ou encore lorsqu’ils ne parviennent tout simplement plus à effectuer cette différenciation, qu’un état de crise financière apparaît.

Le trouble économique est généralement causé par la répétition effrénée d’un usage galvaudé des valeurs.

Les politiques actuellement menées en France ne font qu’accroître cette bévue, car en amalgamant la structure de la productivité avec celle de la spéculation, l’édile renforce les fondements de chaque période de crise.

Ainsi, c’est à la suite de telles confusions que le citoyen appartenant à la classe moyenne se met à financièrement manœuvrer comme un État le ferait, et que dans l’intervalle, les représentants de l’État aiment à démontrer qu’ils gèrent le budget public comme s’il s’agissait de celui d’un foyer.

Or, la richesse d’un individu repose uniquement sur la notion de propriété, alors que le capital d’un État dépend principalement de sa résistance à être déficitaire.

L’on comprendra d’ailleurs que les cryptomonnaies, que je qualifie comme étant des actifs de déficit, correspondent aux méthodes d’enrichissement d’un État, mais pas à celles d’un citoyen.

Je prédis aujourd’hui que le système monétaire sera demain divisé en deux, et que les cryptomonnaies seront en quelque sorte l’argent de la finance, pendant que la monnaie traditionnelle restera l’unité de mesure de la productivité.

La première des démarches à adopter de la part des dirigeants est de cesser de récuser les règles implacables de notre schéma économique reposant sur le crédit, le profit et le marché des créances.

L’éventualité boursière des obligations d’État représente bien le caractère discursif des plages, tantôt d’équilibre, tantôt de récession d’un État.

C’est là qu’il faut discerner État et nation.

La nation fabrique, et l’État fait usage ! La conception est toujours quelque peu naïve, mais l’utilisation elle, toujours un peu fourbe.

En réalité, à la décharge du souverain laïque, ce n’est pas l’État, ou encore ceux qui sont à sa tête, qui incarnent l’inexorabilité économique, mais c’est tout simplement à l’organisation originelle de l’État que revient l’entière responsabilité de l’inéluctable ambiguïté économique. .

Un souverain qui ne mise jamais avec ce qu’il détient, parce qu’il ne possède rien de plus que des dettes, ne peut pas être en mesure de proposer un dessein économique limpide.

Tout comme s’agissant du corps qui, tôt ou tard, traduit par la maladie des pratiques de vie incongrues, l’accumulation d’emplois inadaptés à ce qui correspond à leur nature, d’actifs, de biens ou de services, conduit une organisation économique vers une situation de trouble.

Tom Benoit

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