Quand la France avait une politique étrangère à la fois ferme et indépendante

Tribune. Devant les atermoiements européens face à Ankara, quoi que puisse  décider  la Turquie, qu’il s’agisse de libérer des flots de migrants  aux frontières de l’UE, ou retarder l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, il devient patent que non seulement Bruxelles ne suit aucune ligne diplomatique claire sur le plan international, mais que la France non plus.

Par le qualificatif « claire » il faut entendre évidemment à la fois ferme et indépendante.

Quand l’impondérable President Giscard avait substitué le terme  « autonome » à celui plus altier, et disons le plus honorable, d’ « indépendante » pour qualifier la politique de défense nationale, il eût été précurseur de s’alarmer. Mais voilà, de glissades en glissades, de renoncements en renoncements, tous plus ou moins agrégatifs sinon congrégatifs d’un ensemble satellitaire qui a fait du suivisme le panache de son action internationale, nous voilà rendus à la figure pittoresque et cruelle d’être vus dans le monde comme une sorte de Sancho Panza porteur de la lance de son maître. Et encore!

Le Sancho Panza d’un autre Sancho Panza que l’on baptise Union Européenne, grasse et riche de sa vacuité existentielle. Cruelle allégorie qui veut que le pays le plus puissant de la planète, qui entretient des hurluberlus savants théorisant à longueur d’émissions alarmistes sur la future nécessité de faire du ver de terre la matière de l’alimentation humaine, ait  inspiré l’exemple du comportement de ce presque animal à qui se veut son allié transatlantique. La politique du ver de terre ? Oui, c’est une idée, lombric jusqu’à la scissiparité. 

Il est loin le temps où Michel Jobert pouvait ironiser devant un Henry Kissinger interdit, en saluant ses partenaires du « marché commun » cet ancêtre de l’union Européenne, d’un claironnant: « Bonjour les traitres ». Eh oui, c’était une autre époque, la France existait encore comme puissance indépendante, et non pas « autonome », préalable à son asservissement subordonné du jour.

Ah! Michel Jobert ! C’était au temps de Georges Pompidou, il y a juste  cinquante ans, le Général venait de mourir après avoir redonné naissance à la France, aveulie par une succession funeste de politiques préalablement préméditées de la priver de son destin tout au long des trois quarts de siècle qui avaient suivi le désastre de Sedan.

De fait, Georges Clemenceau mis à part, peu d’hommes politiques des III ème et IV ème républiques avaient poussé le souci de la France à désirer pour elle qu’elle recouvrât ses ors et parures que l’Histoire lui avait conférés. La V ème République eut cet insigne honneur, et Michel Jobert, un de ses ministres des affaires étrangères les plus attachés à cette oeuvre. Il est vrai que depuis le discours de Phnom Penh du Général De Gaulle, peu de souverains ont eu le cran de vouloir occuper le trône avec le souci tout simple de le servir à la hauteur qui fut la sienne. Georges Pompidou était de ceux là.

Au vu de ce qui se trame, l’urgence est de priver qui complote l’effacement de la France de toute majorité utile.

Ainsi des destructeurs de la beauté et de l’ordre qui ont marqué leur passage par l’irruption conceptuelle d’inepties, qui à titre d’exemple ont assassiné Paris.

Le vrai négationnisme, c’est d’ignorer l’histoire, ou pire, de la renier. N’appelle-t-on pas d’ailleurs ceux qui s’adonnent au reniement des renégats ?

A suivre….

Du travail en tous cas pour Madame Colonna, nouveau ministre des Affaires Etrangères et de l’Europe. Quel hardi tandem que cette appellation qui incite à penser que l’Europe est étrangère quand on nous propose en sous main de la substituer à la nation ! Bah ! Qui vivra verra ! Au menu des propositions ménagères une soupe de mots de plus ou de moins…

Ah ! Jobert !

Jean-François Marchi

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