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Nicolas Sarkozy et Lionel Jospin sortent du bois…

L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé, ce matin, sur Facebook son intention de soutenir Emmanuel Macron au deuxième tour de l’élection présidentielle. Nous vous proposons, in extenso, son message, sur Twitter: “L’importance des décisions à venir m’oblige à quitter ma réserve pour indiquer, en toute clarté, quel sera mon vote.”

“Je voterai pour Emmanuel Macron parce que je crois qu’il a l’expérience nécessaire face à une grave crise internationale plus complexe que jamais, parce que son projet économique met la valorisation du travail au centre de toutes se priorités, parce que son engagement européen est clair et sans ambiguïté.”

“Une nouvelle époque s’annonce. Elle nécessitera des changements profonds. Il faudra sortir des habitudes et des réflexes partisans. Le contexte international et la situation financière sont graves et imposeront des décisions difficiles et urgentes. Ils exigerons des choix qui engageront la France pour les cinq années à venir.”

“La fidélité aux valeurs de la droite républicaine et à notre culture de gouvernement doit nous conduire à répondre à l’appel au rassemblement d’Emmanuel Macron en vue de l’élection présidentielle. Il est, en l’état actuel des choses, le seul en situation d’agir. L’intérêt de la France doit être notre seul guide. On ne se trompe jamais en choisissant la clarté et la constance.NS”

Dans un communiqué, l’ancien Premier Ministre socialiste, Lionel Jospin, qui a soutenu Anne Hidalgo au premier tour, a apporté, aussi, son soutien à Emmanuel Macron, pour le second tour de l’élection présidentielle. Il avait lui-même été écarté, du deuxième tour, en 2002, par Jean-Marie Le Pen: « Au second tour de l’élection à la présidence de la République, le dimanche 24 avril, le pays étant confronté à deux mouvements de rejet, j’écarterai Marine Le Pen et je voterai Emmanuel Macron. »

Le Premier ministre s’y met aussi!

Sur RTL, le Premier ministre, Jean Castex, s’est expliqué, aussi, sur la réforme des retraites en taclant la proposition de Marine Le Pen: « Emmanuel Macron peut compter sur le soutien indéfectible des membres de son gouvernement qui sont, par la même occasion, ses soutiens.”

“Laisser croire qu’on va partir à 60 ans, qu’on augmentera les retraites, et qu’on financera la dépendance, c’est raconter des balivernes. Il faut, d’abord, sauver notre régime des retraites. Il y a un problème de déficit, si nous ne faisons rien, le risque, c’est que les pensions diminuent. C’est là tout l’objectif de la réforme des retraites. Je suis favorable à la concertation et au dialogue. »

Ils sortent tous aussi du bois…

Sur Twitter, dans un communiqué publié, ce lundi, le président du Sénat, Gérard Larcher, a indiqué son choix pour le second tour de l’élection présidentielle: « Je voterai, le 24 avril, Emmanuel Macron. Ce choix correspond aux valeurs que je porte et à mon parcours. Ce n’est ni un quitus ni un ralliement. »

Dans une déclaration au journal La Provence, l’ancien vice-président de l’UMP (devenu Les Républicains) et ex-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui n’avait pas révélé son choix lors du premier tour de l’élection présidentielle, est sorti de son silence pour apporter son soutien à Emmanuel Macron:

« Je ne vois pas quelle personnalité pourrait faire mieux qu’Emmanuel Macron, face aux crises, que ce soit à droite comme à gauche. Face à la voix de l’extrémisme, qui menace de fracturer toujours plus notre société, déjà soumise à de vives tensions internes, je lui apporte tout mon soutien pour ce second tour des élections présidentielles.”

Ce lundi, le Medef, le syndicat des patrons, a fait son choix: “Le « programme d’Emmanuel Macron est le plus favorable pour assurer la croissance de l’économie et de l’emploi.”

“Le candidat qui parle à tout le monde”

Ce lundi, sur BFMTV, Emmanuel Macron a confié: “Je compte appeler chacun des candidats éliminés. Et j’affirme être le candidat qui parle à tout le monde, car l’on doit faire ensemble le bilan de ce premier tour et en tirer toutes les conséquences.”

« Je combats les idées de Madame Le Pen »

En déplacement, ce lundi, dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron a déclaré: « Je suis heureux d’être qualifié pour le deuxième tour. Le projet que je défends a été placé en tête. C’est un signe de confiance. Je défends mon quinquennat et mon bilan, car on ne change pas le pays en cinq ans!”

Dans une interview à La Voix du Nord, Emmanuel Macron est revenu, aussi, sur Marine Le Pen: « Je combats les idées de Madame Le Pen avec beaucoup de force, mais j’ai du respect pour la dirigeante politique. Marine Le Pen est la même, elle ne dit juste plus qu’elle va sortir de l’Europe et de l’euro, et qu’elle n’en paierait plus les cotisations et qu’elle n’en respecterait plus les règles. Elle le disait plus clairement, il y a cinq ans. C’est du transformisme! »

Le débat sur les retraites est relancé…

Sur BFMTV, ce lundi, Emmanuel Macron est revenu  sur la réforme des retraites qu’il souhaite toujours faire: “Je suis prêt à bouger et à dire que l’on ne fait pas forcément une réforme jusqu’à 2030. L’âge légal de la retraite pourrait donc être poussé à 64 ans au lieu de 65 ans. Mais je ne veux pas diviser le pays et le seul moyen que l’on a, comme on vit plus longtemps, c’est de cotiser plus longtemps.”

“Les régimes spéciaux ne conviennent plus à la réalité du pays. Je défends toujours une retraite minimale de 1.100 euros, pour une carrière-complète, et je veux repousser le départ de la retraite à 65 ans. On ne va pas le faire du jour au lendemain. Et je n’exclus pas un référendum pour n’importe quelle réforme, celle des retraites comprise.”

Bertrand Delanoë et la réforme des retraites

Sur France Inter, l’ancien maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a appelé à la négociation au sujet des retraites: « Il faut négocier avec les organisations syndicales et patronales, pour arriver à des résultats qui prennent en compte d’abord ceux qui commencent à travailler tôt. Les carrières longues, mais aussi la pénibilité du travail, doivent être prises en compte dans cette réforme. Il faut, dans ce contexte, bien regarder quels sont les métiers qui sont les plus fatigants, comme les caissières ou encore les aides-soignantes.”

Les classes populaires existent aussi!

Toujours en déplacement dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron a affirmé, alors qu’il se baladait en pleine rue, au contact des gens: “Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la gauche et la droite, c’est de parler aux classes populaires, aux gens qui travaillent dur. »

“Le chômage de masse ronge nos territoires”

Sur BFM TV, ce lundi soir, le premier point abordé par Emmanuel Macron était le chômage: « On n’a jamais autant baissé le chômage que depuis cinq ans. On a réussi collectivement à baisser de deux points le taux de chômage mais ce qui ronge nos territoires, c’est le chômage de masse.”

Marine Le Pen en campagne…

Pour ce deuxième tour d’entre-deux-tours, Marine Le Pen sera surtout sur les ondes et dans les écrans et beaucoup moins sur le terrain. Ce mardi matin la candidate était l’invitée de France Inter et, ce soir, ce sera le journal télévisé de 20 heures de TF1. Entre temps, elle aura donné une conférence de presse, “pour aborder la nécessaire revitalisation de la démocratie ». Marine Le Pen souhaite surtout “présenter sa façon de gouverner pour rassurer les électeurs avant le second tour.”

“Les conditions de la désorganisation”

La candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen, s’est exprimé sur la pandémie: « Pendant le premier mois et demi de confinement, très bien, on ne savait pas à quoi on avait à faire. Mais tout le reste, tous les couvre-feux qui ont eu lieu après, étaient inutiles. On savait que, sanitairement, il n’était pas utile de fermer les commerces, et pourtant on l’a fait. Donc on a créé les conditions de la désorganisation de l’économie.”

Marine le Pen et la situation sociale…

Sur France inter Marine Le Pen a expliqué: « J’ai lu ce matin que le Medef considérait qu’Emmanuel Macron faisait la meilleure politique. Mais la meilleure politique, une fois de plus, c’est de mettre en place des dispositifs qui n’ont bénéficié qu’aux grands groupes, et pas aux TPE et aux PME.”

“Vous ne pouvez pas dire que, socialement, la situation s’est améliorée, ce n’est pas vrai. Quand Emmanuel Macron parle du pouvoir d’achat, la réalité c’est que dans le détail, ce sont ceux qui n’avaient pas besoin d’être aidés qui l’ont été. Et ceux qui étaient le plus dans la difficulté qui ont vu peser sur eux une baisse de leur pouvoir d’achat. »

Quelle place pour Eric Zemmour?

Le candidat éliminé de Reconquête!, Eric Zemmour, pourra-t-il faire partie du gouvernement de Marine Le Pen? La candidate du Rassemblement National répond: « Non, ce n’est pas une possibilité. Il n’en a pas le souhait et je n’en ai pas le souhait non plus! » D’ailleurs, Eric Zemmour ne semble pas être intégré dans la campagne présidentielle de Marine Le Pen, son porte-parole, Louis Aliot, a même exclu la tenue d’un meeting en commun.

“Je n’ai aucune confiance en Emmanuel Macron”

Sur les dernières annonces d’Emmanuel Macron, concernant les retraites, Marine Le Pen reste sceptique: “Emmanuel Macron ira au bout de cette obsession s’il est réélu et je n’accorde aucun crédit à son discours, en particulier sur la possibilité d’abaisser l’âge de départ à la retraite à 64 ans, au lieu de 65 ans et encore plus sur le possible recours au référendum. S’il avait voulu mettre en place un référendum pour la réforme des retraites, il avait cinq ans pour le faire! Je n’ai aucune confiance dans Emmanuel Macron et encore moins à dix jours du second tour.”

“Nous sommes un pays européen”

Sur France Inter et sur l’Union Européenne, la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen, défend ses positions en assurant ne pas vouloir sortir de l’Europe comme on le soupçonne dans les rangs des soutiens d’Emmanuel Macron. Marine le Pen reconnaît, toutefois, que la forme et le fonctionnement actuel de l’Europe ne lui conviennent pas et c’est pourquoi elle souhaite, dans certaines mesures, s’affranchir de ce qu’elle considère comme un carcan européen: “Les Français ne veulent plus d’une Union Européenne telle qu’elle existe aujourd’hui, pour la politique agricole, par exemple. L’Europe, je ne la conteste pas, nous sommes un pays européen ».

Mélenchon: “Un étonnement et une trahison”

« Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen » a répété à quatre reprises Jean-Luc Mélenchon après la publication des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen a estimé, sur France Inter: “Ce discours de Jean-Luc Mélenchon traduit le fait qu’il est plus proche d’Emmanuel Macron qu’il y a cinq ans. A mes yeux, c’est un étonnement et une trahison. Jean-Luc Mélenchon choisit l’intérêt de ses élus plutôt que de ses électeurs, il est déjà dans les législatives!« 

Démocratie et libertés individuelles

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont les citoyens que Marine Le Pen cherche à convaincre. Interrogée, sur France Inter, par une votante mélenchoniste, la candidate du Rassemblement National a mis en avant son attachement à la démocratie: « Je suis probablement la plus respectueuse de la démocratie et la plus attentive aux libertés individuelles avec, par exemple, le référendum d’initiative citoyenne mais aussi le recours à la proportionnelle.”

Marine le Pen et la proportionnelle

Interrogée, sur France Inter, sur sa volonté d’élire les députés par un scrutin proportionnel, Marine Le Pen a déclaré: « Je pense que l’Assemblée nationale ne peut pas continuer à être appelée représentation nationale quand, en réalité, elle ne représente plus le poids des idées de chacun des Français. C’est bien gentil de faire voter les Français, mais si, en réalité, ça n’a aucune traduction dans les débats à l’Assemblée nationale, ça n’a pas de sens. »

“Le voile est un uniforme islamiste”

Toujours sur France Inter, la candidate qualifiée pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen, défend son projet d’interdire le port du voile dans l’espace public: « Dans les quartiers, on nous dit que toutes les femmes le font par liberté. Ce n’est pas vrai: quand le voile se répand, il isole et on le sait très bien. Le voile n’est pas un uniforme musulman, c’est un uniforme islamiste, c’est l’uniforme d’une idéologie, pas d’une religion. »

“L’avenir de la France et le bonheur des Français”

Sur BFMTV, Jean-Marie Le Pen a déclaré, sur la possibilité de victoire de sa fille, Marine Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle: « Non seulement Marine le peut, mais elle le doit, pour l’avenir de la France et le bonheur des Français. Elle s’est hissée au premier tour d’une façon indiscutable à la tête de l’opposition à Macron et tous les Français qui rejettent le président et sa politique voteront pour Marine Le Pen. Les Français se mobilisent. Avec Marine Le Pen, c’est un changement, avec Macron c’est la continuité du déclin! »

“70% des Français ont voté contre Macron”

Sur BFMTV, Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement National, s’est exprimé sur la différence que pourrait faire, Marine Le Pen, le 24 avril: “J’estime que 70% des Français ont voté, dimanche, contre Emmanuel Macron. Ils l’ont fait parce qu’ils savent que la réélection d’Emmanuel Macron, ça va être la retraite à 65 ans, une casse sociale et une saignée fiscale qui va se poursuivre. Ça va être cinq ans de plus d’arrogance, de brutalité à l’égard du peuple français. On va continuer d’accueillir des centaines de milliers de personnes, chaque année, dans notre pays, en ayant une politique d’immigration complètement hors de contrôle. »

Les présidentielles vues de l’étranger

Le premier tour de l’élection présidentielle, en France, ce dimanche, et la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sont largement commentés par la presse étrangère. Tous, comme le Times, notent que le remake de 2017 s’annonce beaucoup plus serré cette fois-ci: L’élection est en balance après la courte victoire de Macron.

En Suisse, Le Matin souligne que ce sont deux semaines pleines d’enjeux qui s’annoncent: Si le scénario dun duel Macron-Le Pen était attendu, la campagne dentre-deux-tours ouvre un éventail de questions sur les reports de voix dont bénéficieront lun et lautre le 24 avril. »

En Belgique, dans Le Soir, c’est la qualification de Marine Le Pen pour le second tour qui est mise en avant: Lextrême-droite atteint des sommets et sa dynamique nest pas enrayée. La Libre Belgique en rajoute une couche sur son voisin français: Non, rien nest joué. Mais la France a déjà perdu. La vérité des urnes fait, davantage encore que par le passé, froid dans le dos.

La perspective d’une possible victoire de Marine Le Pen est aussi observée aux Etats-Unis. Le New-York Times prédit: Une France anti-Otan et davantage pro-russe, dans l’éventualité dune victoire de Le Pen, pourrait fracturer lunité transatlantique pour répondre à la Russie sur lUkraine. Le Corriere della Sera, en Italie précise: Ce serait une victoire pour Poutine.

La montée des deux extrêmes, à droite comme à gauche est aussi un enseignement du scrutin pour Le Temps, en Suisse: Les colères françaises sont plus que jamais arbitres de la présidentielle.La polarisation extrême constatée dans les urnes dimanche est le fait majeur du paysage politique français.

Pour The Guardian, en Grande-Bretagne, c’est la cuisante défaite des Républicains qui est à retenir: Le plus gros choc est le score très bas de Valérie Pécresse, qui menace de faire imploser le parti. Tout comme Anne Hidalgo qui, pour El Pais, en Espagne, est le piètre résultat qui dynamite les fondements du PS.Enfin, CNN note le défi qui s’offre à Emmanuel Macron car, en cas de succès, ce dernier serait, en effet, le premier président français à être réélu depuis Jacques Chirac, en 2002.

Bernard Pace

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