Joyeux Noël !

Noel

Tribune. Sac à papiers ! Le juron favori du Général Dourakine fusa une fois encore au travers du salon, tandis que se préparaient les festivités de la fête de Noël. Un grand sapin tout décoré de guirlandes multicolores et de boules scintillantes occupait la place d’honneur de la pièce, avec à ses pieds la crèche de Bethléem, savamment recomposée, ornée du berceau du petit Jesus, que réchauffaient  les souffles du boeuf et de l’âne disposés à son coté. Une pile de cadeaux multicolores défiait la logique de l’équilibre  non loin, et c’était la raison de la colère du général. Sa fameuse boite de cigares avait été ensevelie sous les cadeaux, comme une interdiction de fumer avant l’heure, et c’était intolérable. Qui avait pu avoir une idée  aussi saugrenue ? Avant que ne se dégustassent les délicatesses, vins fins, alcools, champagnes et liqueurs, fallait-il qu’on lui interdise l’usage de son plaisir olfactif, et largement oblatif parce que l’arôme d’un bon cigare profite à tout le monde, pour satisfaire les convenances « d’on ne fume pas avant le repas ?! »

Au nombre des cadeaux prévus pour la famille étaient disposés, tous rutilants, deux beaux fusils destinés au garçon qui venait de fêter ses seize ans. Un 12 pour la plume et un 16 pour le poil, de la meilleure facture italienne. Au menu du soir, foie gras d’oie d’Alsace, caviar rouge, chapon fin et bûche de Noël. Bourgogne obligatoire, Champagne Jacquesson de Napoléon et Stolichnaya glacée. Madame Cornelie Huss, née Pausse, de la célèbre maison Huss et Ho, de Santiago du Chili, ayant obligeamment fourni  les fumigènes et pétards de minuit, tout était bien en ordre pour le réveillon familial.

Quand viendront par la suite les festivités du deuxième réveillon profane, celui de la Saint Sylvestre, le 31 décembre, sera alors venu le temps des voeux. Et il faudra y aller, sans barguigner, car la période se montre plus propice qu’elle ne l’a été depuis  de longues années, pour chambouler l’ordre établi de l’iniquité et de l’injustice mémorielle pour les vieux pays d’Europe occidentale.

D’abord il faut que Giorgia Meloni réussisse en Italie sa politique de libération de l’économie individuelle, en permettant de nouveau la circulation de l’argent liquide des ménages, ce poumon de la liberté d’être et de faire…

Ensuite que l’on puisse se passer des litanies moralisantes débitées  par chapelets par les  canaux télévisuels où le faux est enseigné comme du vrai, à l’image de cette fable qui veut que l’on croit par exemple, que les émeutes ethniques des Champs Elysées le soir de la demi-finale étaient fomentées par la droite,  quand de visu il s’agit d’émeutes raciales nées de l’incurie des pouvoirs publics. A force de prendre les gens pour des imbéciles il est à craindre qu’un jour ils ne se fâchent. Le nouveau vocable pour enfumer les notions, c’est ultra droite. Les gens qui l’utilisent oublient un peu facilement que son pendant c’est l’ultra connerie.

Et enfin, le voeu des voeux, la cerise du gâteau céleste, il faut que tous ces gens débarrassent le plancher.

Comme le chantait Audrey Hepburn dans ce merveilleux film « My fair Lady, »ce serait merveilleux. Wouldn’t it be lovely.

En fait il y a toute la philosophie du monde développée dans « My fair Lady ».

Il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher dans les leçons du Professeur Higgins à Eliza Doolitle. Tout y est à prendre au pied de la lettre, à commencer par la vénération de la langue et du bien parler, qui hissent  définitivement l’homme au dessus de la bête.

J’ai parlé des pétards de fin d’année de Madame veuve Cornélie Huss, née Pausse, à utiliser avec modération. C’est le moment où jamais : allumons-les vite pour faire place nette.

C’est à une oeuvre gigantesque de réappropriation que l’homme occidental est convié en ce début de millénaire : réapprendre à parler, réapprendre à articuler, réapprendre à lire et réapprendre qui il est. 

Enfin et surtout, je forme le voeu que cette période bénie où nous célébrons la naissance du Sauveur, soit enfin débarrassée de l’influence délétère de tous les va-t-en guerre qui veulent à toute force nous faire épouser une guerre qui n’est pas la notre, n’en déplaise aux jeteurs de sort anathémiseurs et agitateurs. Il faut raison garder et se souvenir du Général De Gaulle et de sa politique d’équilibre entre les blocs, qui nous valut la plus belle période de prospérité et de paix sociale depuis le Second Empire.

Raconter sur toutes les chaines que la Russie équivaut à l’Allemagne hitlérienne, c’est vouloir nous pousser à la guerre. Rien ne serait plus bête ni plus faux. Des pétards ? Oui, mais pour le réveillon. Et du balai pour tous les imposteurs !

Monsieur Zelensky fait furieusement penser, pour ceux qui s’en souviennent, au malheureux Prince Norodom Sihanouk qui faisait incessamment le tour des capitales mondiales pour impliquer les peuples occidentaux dans la guerre du Cambodge. Fort heureusement, ils ne l’ont pas suivi. On n’est jamais obligé de se noyer tous ensemble.

Tel est mon dernier voeu.

Jean-François Marchi

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