(CAPTURE D'ECRAN TWITTER / JUST STOP OIL)

Tribune. Voir deux petits  crétins jeter de la soupe sur le tableau « Les tournesols » de Van Gogh, avec une pathétique résolution et enchaîner immédiatement par un discours moralisateur reprochant in globo au monde  de se préoccuper davantage de tableaux que du sort de la planète, est révélateur du confusionnisme mental qui affecte une partie de la société contemporaine.

Il est d’abord évident que ces jeunes personnes n’ont pas été convenablement formées à la réflexion ni au discernement, pendant leur éducation intellectuelle. On ne leur a manifestement pas appris à sérier le souhaitable du véritable, ni le sentiment du raisonnement. Ainsi pensent-ils naïvement que ce qu’ils croient est indiscutable et que ce qu’ils voient est la réalité. Mais voient-ils vraiment en définitive, ou ne croient-ils pas voir ce qu’ils imaginent ?

C’est cette regrettable manie du temps présent de confondre morale et vérité, quand l’une est essentiellement contingente et subjective, quand l’autre n’est la plupart du temps qu’un simple désir qui n’est qu’une illusion. En bref, ces gens prennent leurs désirs de vérité pour des réalités et tuent à qui-mieux-mieux pour faire le bien. Tragiques méprises . Là ce n’était qu’un tableau, fut-il un chef d’oeuvre, mais cela eut pu être une tête humaine, on l’a vu.

Le même délire  entraîne les mêmes monstruosités au nom d’un bien imaginaire aussi irréel que le paradis social de Robespierre ou de Marat. Les fous qui s’adonnent à de tels délires méritent  le sort qui fut réservé aux sanglants et funestes personnages que j’ai cités.

En Thermidor, le député Tallien demanda la parole pour une motion d’ordre. Le tumulte et la mort s’ensuivirent pour le tyran et ses complices, et ce ne fut que justice.

Les tyrans d’aujourd’hui sont ceux qui nous imposent leur morale de pacotille et leur incessant verbiage. Ils ne méritent pas mieux. Subir le spectacle  de leur bêtise et recevoir le chapelet de leurs remontrances à longueur de journées, sur tous les sujets qu’en novlangue ces cuistres baptisent « sociétaux », prépare à n’en pas douter un nouveau Thermidor fatidique qui emportera la bouillasse de leurs non-sens révoltants et destructeurs.

Il est pénible en effet de subir le redoublement des imbécillités à tour de langue sur tous les registres.

Comme dans le roman de Georges Orwell, 1984, le mensonge est enseigné comme une vérité et le discours officiel détourné de toute signification véritable, au point que les dictionnaires sont comme le disent les imposteurs du réel « revisités ».

Demain, comme au beau temps des autodafés hitleriens, les dictionnaires seront brûlés  dans de satrapiques bacchanales, en l’honneur des temps nouveaux.Toute révolution commence par l’abolition du sens des mots. On a connu « monsieur-untel » devenir « citoyen-untel » et sous d’autres climats le « gaspadine » (monsieur en russe) devenir « tovaritch » (camarade).

L’inversion du genre des mots n’est pas autre chose que la prise du pouvoir par Ubu-Roi, roi du non-sens, et bourreau armé de la machine à décerveler.

Je n’hésite pas à vous offrir le régal de citer la chanson du décervelage : 

Quand le dimanch’ s’annonçait sans nuage,
Nous exhibions nos beaux accoutrements
Et nous allions voir le décervelage
Ru’ d’ l’Echaudé, passer un bon moment.

Et nous roulions gaîment vers l’Echaudé.
On s’ précipite en foule à la barrière,
On s’ flanque des coups pour être au premier rang ;
Moi j’me mettais toujours sur un tas d’pierres
Pour pas salir mes godillots dans l’sang.
Bientôt ma femme et moi nous somm’s tout blancs d’ cervelle,
Les marmots en boulott’nt et tous nous trépignons
En voyant l’Palotin qui brandit sa lumelle,
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Nous y sommes,  Merci Alfred Jarry

Décervelage ? LGBT ? Woke ? Féminisation des mots ? La professeure ? La procureure ? L’auteure ? La voleure ? La tueure ? La menteure ? La  bonne heure ? Ah ! Jarry !

Jean-François Marchi

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