Eric Zemmour

Tribune. On pourrait chanter également que c’est la rengaine de l’été si on était en été. Le tohu-bohu s’organise autour de cette coquecigrue : Zemmour serait raciste parce que l’émancipation de son discours de toute soumission au mythe hypnotique de la repentance serait un aveu de racisme.

Peu importent ses appels à la raison et au discernement, ni même au contexte général de sa pensée. Il se trouve aujourd’hui que la nouvelle religion pratiquée par ceux qui se disent en charge du destin collectif, c’est  la pacotille des bons sentiments qui vise à débarrasser l’homme européen de sa culture et de ses moeurs, devenus synonymes d’une oppression séculaire contre les femmes et les minorités. C’est dire la bêtise et la navrance d’une telle construction intellectuelle ! Le recours permanent à la notion d’anti-racisme ne recouvre que la volonté de revanche des ratés et des ignorants. C’est ce qu’on voit s’organiser sous nos yeux de manière extrêmement vindicative. L’épouvante gagne l’élite auto-proclamée des beaux esprits, qui voit ainsi se fissurer sous ses yeux le cristal de ses mensonges, grâce auxquels elle avait pu dominer la société politique depuis une quarantaine d’année – soit approximativement la mort du Président Georges Pompidou, le dernier homme d’Etat à avoir fait reposer son discours sur l’énonciation du bon sens.

Mais voilà, Eric Zemmour a rompu le charme magique en proclament la vérité, et le peuple enfin libéré de la contrainte hypnotique dans laquelle les sorciers maléfiques du mensonge organisé l’avaient plongé, retrouve son discernement. Et la foule gonfle autour du petit joueur de flûte qui a rompu l’ensorcellement. Il faut voir la mine dépitée des « marchands de sommeil » dans les débats télévisés où on les exhibe encore. Ce profanateur sacrilège qu’est Eric Zemmour sera donc bientôt convaincu, afin qu’on le fasse taire définitivement, de pédophagie, d’homofolie, sans compter les délits substantiels d’atteinte délibérée à la crédulité publique. Eh oui ! Si le peuple ne croit plus aux fadaises qu’on lui enseigne, il n’obéira plus aux ordres idiots qu’on lui commande. La débandade sera assurée pour les tenants d’un pouvoir intellectuelo-moral (intellectuel et moral? ) qu’ils ont pris l’habitude d’usurper. Fini la mise en cage des esprits libres, les fouilles culpabilisatrices de la mémoire, les perquisitions en tout genre que l’on subit jusqu’au vidage systématique des poches du citoyen par la disparition programmatique de l’argent liquide.

Tous ces beaux esprits qui sont des geôliers patentés, voire décorés,  se trouveront donc au chômage en cas de succès du moderne David, lors de la compétition qui s’instaure. Soyons bien clair, la libération de la parole profite à tout le monde, aussi bien à Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Xavier Bertrand qu’à tous les autres. Le plafond de verre a cédé, c’est un fait que personne ne peut méconnaître. Il en va des digues de vertu proclamée comme des comptes en banque : quand ça se vide, c’est rapide et même vertigineux. On l’a vu sous la Révolution Française, pour ceux qui ont quelques lettres et quelques connaissances historiques : quand les yeux se décillent les forteresses les plus robustes deviennent des châteaux de cartes.

Je le redis, une fois la parole libérée, elle devient ravageuse. Le dernier contre-feu tenté par l’imposture est le soulèvement des communautés, puisqu’en bon disciple de la réforme napoléonienne de l’Etat qui a installé la raison comme unique principe organisateur, Eric Zemmour s’est prononcé contre le communautarisme. Mais voilà, que reste-t-il aux cancres et aux ratés après l’échec de leurs entreprises sinon le recours au refuge de leur naissance et de leurs goûts ? La bataille fait rage d’ores et déjà. Ces balivernes ont été utilisées à maintes reprises et avec la même mauvaise foi depuis des lustres. Une foule haineuse et manipulée a bien tenté de faire croire que le Général De Gaulle était raciste et antisémite, ce qui est un comble.

Au nom de la vertu et de la mesure, nous refuserons de participer à la concoction de cet affreux brouet à peine digne des sorcières de Macbeth. Seule la raison égalise le recours aux particularismes des croyances domestiques qui renforcent l’ignorance. Les romains le savaient qui n’autorisaient le culte des dieux Lares et Pénates qu’à l’intérieur de la Domus, qui est la maison particulière. Laisser ces divinités intimes gagner la place publique aboutit au chaos. Il en est de même de toutes ces associations ridicules et néfastes qui vocifèrent dans la rue et dont le boucan ne sert en fait qu’à empêcher toute réflexion.

La conclusion s’impose :  l’élection à venir est l’occasion d’illustrer le devoir d’ordonnancement policé de la société : ordo ab chaos.

Jean-François Marchi

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