Tribune libre

Dulce et decorum pro patria mori. Cette citation latine veut dire : « Il est doux et glorieux de mourir pour la patrie ». A l’heure où le premier magistrat de la cité fait ôter le drapeau de l’Arc de triomphe pour célébrer la nouvelle année 2022, cela nous renseigne sur ce que sera pour ce « premier » le dessein ourdi pour le pays sur  toile de fond d’abandons et de renoncements. Et devant qui faudra-t-il encore s’excuser demain ? Pourquoi pas les martiens, la matière des ennemis d’hier étant amenée à s’épuiser ?

Donc, l’adage romain ne peut rien évoquer pour nous que des rêveries d’un autre temps impropres à décrire le sentiment définitivement révolu d’un temps où l’essence d’un pays était la gloire et le récit de ses hauts faits. Fini tout ça, démodé, inutile, gênant même comme la  langue française qui rappelle trop dans sa littérature l’existence de ces moments prestigieux.

Il faut aussi en finir avec les monuments, ces chancres de la cité trop habiles à suggérer qu’il fut une époque où le peuple de ce pays était debout, épargné par la narcose inexistentielle qui lui fait croire qu’il n’a jamais existé que le néant des comptables pour illustrer l’histoire de ce que fut la France. Visitons ces monuments: la tour de Nesles, La tour Saint Jacques, la route des cathédrales, le pont d’Avignon, les murailles de Carcassonne, les fortifications de Vauban, le Louvre, Versailles, que sais-je encore ? Le Carrousel du Louvre, petit Arc de triomphe où était jadis le château des Tuileries, brûlé par les émeutiers avinés de la Commune de Paris. Qu’y lit-on sur le fronton:

« A la voix du vainqueur d’Austerlitz l’Empire d’Allemagne tombe
La confédération du Rhin commence
Les royaumes de Bavière et de Wurtemberg sont  crées
Venise est réunie à la couronne de fer
L’Italie  entière se range sous  les lois de son libérateur
 ».

Alors bien sûr c’est fini tout ça. Mais faut-il pour autant omettre de s’en souvenir. À qui cela fait-il mal de se rappeler la gloire ? Au « Premier »? Est il encore premier ce premier ? A trop s’excuser d’être on finit souvent par disparaître.

Pour résumer, il est clair que la polémique engendrée par cet impair, ajoutée à la réticence constatée, hélas, à célébrer le bicentenaire de la mort de  Napoléon, pour complaire à quelques illuminés, étrangers wokistes comme français, démontre à l’envi une volonté d’effacement du monde qui est la marque d’une tendance malheureusement très ancienne au larbinage qu’ont combattu avec succès tous les grands hommes de ce pays, de Clovis jusqu’à De Gaulle,  en passant par le Comité de Salut Public. Effacer le drapeau c’est évidemment s’effacer soi-même devant l’adversité, et même et surtout devant ses alliés, plus faux-amis qu’alliés sincères.Viendront les autres renoncements, la langue, la vêture, la nourriture jusqu’aux moeurs et la religion.

N’est-il pas le temps de dire assez, foin de leçons, de renoncements et de courbettes?

Le drapeau c’est un signe, et même une signature. Qu’en guise de bons voeux, qui nous gouverne ait aussi clairement révélé son dessein est tout compte fait un présent des dieux : qui vote ne  pourra pas dire désormais: je ne savais pas. Le masque est tombé qui voilait la manoeuvre.Voulons-nous ou ne voulons-nous plus continuer une histoire débutée il y a plus de mille ans ?

A force de reniements, il est plus que probable, comme le pronostiquent d’autres fous, que nous finirons même au nom de l’écologie à dévorer des vers en lieu et place de charolais et boirons de l’eau croupie pour économiser la pluie.

Le débat qui s’ouvre est tout sauf fortuit.

La gauche ayant disparu du paysage en raison de ses manquements répétés et de son alignement aveugle sur ce qui fait la matière de l’abandon de toute valeur identitaire, que reste-t- il à l’électeur?

Un choix contraint entre une barbouillade convenue teintée de mondialisme, jadis nommée par un humoriste « politique du chien crevé au fil de l’eau » et un désir de sursaut, hélas fragmenté entre deux candidates (Marine et Valerie) et un candidat (Eric). A trop vouloir sonder les reins et les coeurs, il est probable que le découragement sera le prix de la suspicion. Alors votons pour qui nous parle au coeur, en n’ayant garde d’oublier l’essentiel: il y a un deuxième tour aux élections présidentielles et les flux doivent obligatoirement se réunir pour devenir un fleuve.

L’oublier serait pire que futile vu l’urgence, ce serait nuisible au plus haut point. Sans vouloir paraphraser l’humour de Gaston Leroux pour lequel , « s’il est  des peurs qui donnent froid, il en est d’autres qui  donnent chaud », gageons que s’il est des  non  qui sanctionnent et châtient, il se révèle des oui qui affranchissent et libèrent.Tout second tour est une union de oui, c’est à dire une réunion. Il faut déjà y penser, qu’on se nomme « Elle », ou « Elle » encore, …et « Lui » bien sûr.

Jean-François Marchi

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