Denis Payre, un entrepreneur aux Présidentielles : « Je ne suis pas le Zemmour de l’économie »

« La France n’a pas dit son dernier mot. » Le beau titre du dernier livre d’Eric Zemmour pourrait s’appliquer à merveille à la démarche de Denis Payre.

À 58 ans, le fondateur de Business Objects a pris tout le monde politique par surprise en déclarant sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Et il ne faudrait pas grand-chose, à condition que les médias jouent le jeu, pour que cette candidature hors-normes vienne troubler le petit jeu convenu des calculs politiques. Son discours offensif de libération fiscale, de décentralisation, de baisse des dépenses improductives et de fermeté sur l’immigration et l’insécurité a de quoi en intéresser beaucoup, y compris dans cette France active et industrieuse qu’on n’entend si peu, à commencer par ces oubliés de la croissance qui payent les effets de la désindustrialisation. D’autres candidats notamment chez les LR, comme Valérie Pécresse, tentent déjà de le rattraper sur ces propositions audacieuses. Tant mieux, notre pays n’a que trop reculer.

Ne nous y trompons pas, c’est bien la première fois qu’en France un entrepreneur émérite (à la réussite incontestable) tente ainsi sa chance. Il était temps. On a tellement entendu jusque-là des apprentis sorciers de l’économie prétendant venir régler le chômage sans avoir eux même jamais rien entrepris. Vous souvenez des 35 heures. L’irruption de ce garçon brillant et décidé, qui s’est fait tout seul et sans réseau, est à marquer d’une croix blanche. Son parcours atteste que notre pays recèle de talents, ceux que notre magazine Entreprendre tente de mettre à l’honneur depuis tant d’années. Ce sont eux que le monde politique doit chercher à intégrer d’avantage comme voulait le faire d’ailleurs notre actuel président. Pour Denis  Payre, il y a eu maldonne : « Macron a fait croire qu’il représentait la société civile. C’est l’inverse, il a technocratisé et complexifié comme jamais. Et les talents qu’il avait réussi à attirer à l’image de Bruno Bonnell, l’entrepreneur lyonnais d’Atari, il n’en a rien fait.» Être Chef de l’Etat, surtout dans un pays aussi complexe et centralisé que l’est la France, c’est d’abord savoir manager et diriger une équipe de très haut niveau.

Dénis Payre justifie à plein l’irruption en politique de ceux qui ont réussi sur le terrain : « Quand j’allais à Grigny en banlieue, en tant que président de Nous Citoyens, le mouvement politique que j’avais créé, les jeunes m’interrogeaient d’abord sur ma réussite économique. C’est ce dont ils voulaient que je leur parle … « 

Alors, quand on lui demande s’il ne redoute pas d’être marginalisé par le monde médiatique encore hostile aux thèses libérales ou souverainistes, le patron de « Nature and People First » écarte direct : « Détrompe-toi, tout cela est en train de changer. Les médias mêmes très à gauche, c’est à dire la plupart de nos grands journaux (Le Monde, Libération, France 2, Inter, L’Obs…), comprennent qu’il faut changer de paradigme. Et mon discours d’électrochoc économique est bien perçu car sinon c’est le Front National … »

Prêt à des solutions de rupture, (suppression de l’IFI et des impôts de production, privatisations, décentralisation massive, grands programmes d’investissements, …) celui qui ne jure que par le modèle de développement économique de la Suisse ( 4 éme pays au monde pour le pouvoir d’achat par habitant ) ne craint pas d’apparaître comme le « Zemmour de l’économie », tel que le qualifie déjà le magazine Globe. Pour lui : « Le pays est aujourd’hui en demande de solutions fortes. Et si Zemmour dit beaucoup de choses vraies, y compris en économie, il faut aussi penser à réunifier tous les Français autour d’un projet puissant … »

Écoutez attentivement l’entretien que j’ai eu avec lui sur EntreprendreTV : Denis Payre est bien un OVNI en politique, en prônant « La réussite pour tous« , cet entrepreneur hors-norme atteste bien que « La France n’a pas dit son dernier mot. » Reste à mettre en pratique.

Robert Lafont

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