Confinement : appel au bon sens et à un nouveau pragmatisme

Par Ghyslaine Pierrat


La France déprime non pas parce qu’elle est contre ce confinement n°2, mais parce qu’il est le calque du confinement. Elle déprime ou se révolte parce que nous n’avons pas su tirer les enseignements du confinement n°1, et su adapter le quotidien obligé des Français du confinement n°2.

C’est pourquoi, je soutiens l’ouverture des librairies et des commerces de ruralité, des commerces de proximité.

Quitte à mettre en place des horaires a minima d’ouverture.
Quitte à installer des stands extérieurs, si climat le permet.
Pour cela, on peut lancer, en premier, un appel aux bénévoles pour aider les libraires, à l’installation, parfois à la vente et à  la Prise de rv. On peut aider à fixer les Plexiglas usuels à la caisse et trouver les masques et gants obligatoires à disposition. On peut penser le suivi, la coordination, la surveillance du flux des clients pour leur propre sécurité.
Bravo David (Lisnard, maire de Cannes  qui aide notre chère Florence, la libraire de Cannes, à rester ouverte avec un protocole sanitaire sérieux. Courage Florence!

Oui, chers Alexandre, Didier, Éric, vous autres, nos écrivains pour favoriser l’ouverture des librairies…
Recevez ma modeste solidarité à vous et nos chers libraires.
Quand je vais dans une librairie,  en nocturne, je reste en général, au moins 1 heure, je prends plusieurs livres, je m’assois par terre dans un coin dédié de la librairie, avec mes 10 livres et je ressors avec 15 ! C’est le rituel. C’est cela la magie littéraire. On lit et tout du coup, un déclic, un mot, une idée. On emporte le livre comme un trésor à soi, on sourit. C’est une joie intérieure toute simple mais qui vous transporte. Elle doit possible pour tous.

De grâce, remplacer immédiatement le « click & collect » (retrait en extérieur sur précommande) par du « ask & collect » (retrait en extérieur sans précommande, qui permet l’achat « inattendu » !)

Comme écrivait Albert Camus : « Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude !»

Je suis une romantique, je crois en la puissance des mots, dans la force du verbe. Cette croyance dans les valeurs de l’écrit, c’est l’ADN de la France.
Nous sommes un pays de culture littéraire comme l’Argentine est davantage un pays de culture picturale et musicale. Nous avons des talents, des intelligences dont nous pouvons être fiers.
Nous avons été un exemple à travers le monde pour notre génie.

Est-ce qu’on peut comprendre que c’est toute la filière du livre qui se joue en ce moment ?
Partagée entre l’indignation et l’incrédulité, je ne sais comment le faire comprendre à mes interlocuteurs.

La deuxième sollicitation, c’est consentir l’ouverture des petits commerces de proximité, les commerces de ruralité. La vie des villages, de toutes nos villes de province et des Parisiens. Pourquoi pas permettre la vente de plats préparés sur un stand extérieur de providence devant les restaurants ?

En écho, que dire pour l’ouverture des magasins de jouets : quelle évidence ! Leur survie économique est également en jeu. Novembre – décembre sont leurs mois de vente. Se succèdent leurs colères, leurs pleurs, leurs inquiétudes, leurs angoisses et leurs découragements.

Autre sollicitude de bon sens :
c’est l’autorisation d’un allongement de marches quotidiennes d’une durée de une à 3 heures et sur un rayon de 3 à 5 kms. Je ne pense pas que cela mette en danger la vie de nos concitoyens. C’est une hygiène élémentaire pour tous. C’est le bon sens.

Attention à l’amplitude du « stop and go ».
Les Français ne comprendraient pas qu’au stop très strict de novembre-décembre succède un « go « trop laxiste pour les fêtes de fin d’année, qui obligerait à un énième reconfinement en janvier.

Il faut « lisser » les restrictions pour retrouver de la stabilité, donc de la visibilité, de la prévisibilité et de la confiance. A fortiori si nous devons encore vivre et travailler plusieurs mois, voire plus, avec le virus.

Tout est incertain, voilà la seule certitude !
Dans cet océan d’incertitudes, il incombe à « l’État stratège » de réintroduire des éléments « homéostatiques » de maintien de l’équilibre.

D’où l’alternative suivante : assouplir très rapidement les mesures restrictives (fin novembre) pour les mettre au niveau souhaité pendant les fêtes de fin d’année. Et, prévenir tout aussi rapidement que les mesures restrictives resteront peu ou prou (sauf repas à 5 ou 6 + déplacements) à leur niveau actuel pour les jours suivants pour avancer ensemble.

À vous qui me faites l’honneur de me lire,

Entendez,
La France s’exaspère et la confiance s’envole. La Covid fait l’opinion et il faut combattre ces raccourcis.

Doit-on attendre les éternelles mutineries habituelles de Français qui n’auront plus rien à perdre, pour agir ?

Faut-il faire le nid des populistes de service, outranciers dans leur démagogie ?
J’espère que non. Avec ces mots, je ne fais que mon devoir, fidèle à un pays qui m’a vu grandir, qui m’a éduqué et qui m’a protégé.

À vous lire,
À vous entendre…

Ghyslaine Pierrat
Spin doctor
Docteur en communication politique et économique
Auteure de l’ouvrage : La communication n’est pas un jeu (éditions l’harmattan)

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