Par Jean-Pierre Marguaritte, ostéopathe et président d’Europromosteo

Tribune. « La grande majorité des Français « souffrent », mais ne sont pas malades au sens médical du terme. Leur état se situe entre la santé et la maladie. La médecine dont ils ont besoin doit être adaptée aux troubles liés aux modes de vie et à l’environnement, pas seulement à la maladie. Cette médecine existe et, en plus, elle renforce l’organisme contre l’agression des microbes et des virus. Il est temps de l’organiser et de la rendre financièrement plus accessible ». Le président de la République Emmanuel Macron a porté une attention particulière en début de son mandat à la prévention des pathologies fréquentes sources de dépenses pour l’assurance maladie et d’absentéisme en entreprises ainsi qu’à l’inégalité d’accès aux soins.

Ce sont précisément ces pathologies auxquelles l’ostéopathie dont les soins sont financièrement peu accessibles, peut répondre avec efficacité quand elle est pratiquée de façon conforme. L’augmentation des pathologies fonctionnelles chroniques généralement liées aux modes de vie montrent ainsi l’existence d’un décalage entre les besoins de la population et le service de santé rendu. L’engouement croissant et constant porté à l’ostéopathie par les français en témoigne. En effet, trois français sur cinq consultent régulièrement un ostéopathe et la prise en charge des soins d’ostéopathie est la première demande de garantie faite aux organismes complémentaires santé par les assurés. Les organismes complémentaires santé seraient prêts à augmenter la prise en charge des soins d’ostéopathie si les formations et les modes de pratiques étaient respectivement mieux encadrées et moins diversifiés.

Pour une reconnaissance de l’ostéopathie

La situation actuelle peut poser un problème sécuritaire pour les patients. L’enseignement de la pratique de l’ostéopathie, même s’il a été réglementé, ne fait l’objet d’aucun contrôle et on pourrait reprocher que les médecins et les ostéopathes ne se comprennent pas toujours. Or plus de 21 648 ostéopathes exclusifs représentant 62,31 % de la totalité des ostéopathes au quatrième trimestre 2020, ne disposent pas d’instance nationale officielle représentative. En l’absence de régulation et compte tenu du nombre important d’établissements d’enseignement, leur croissance est constante, à raison de 2000 nouveaux ostéopathes par an. 

L’interdisciplinarité entre ces professionnels est un vrai sujet. Ainsi, partant du principe de précaution, la création d’une telle instance serait sécurisante car si la profession a été légalisée par un titre professionnel, les ostéopathes exclusifs ne disposent pas de code de déontologie.

La norme du Code de déontologie à la rédaction de laquelle j’ai participé a été publiée en août 2021 par l’AFNOR. Elle pourrait venir en appui de ce projet. On observe également une déficience de la formation continue obligatoire liée à l’absence de sa mise en œuvre effective. L’expertise demandée. Plusieurs organismes représentatifs des ostéopathes exclusifs se sont donc regroupés et ont demandé une analyse juridique à un cabinet spécialisé en droit de la santé qui pratique le contentieux disciplinaire ; son analyse n’est pas favorable à la création d’un Conseil de l’Ordre tels que ceux déjà instaurés depuis 1945.

La structure juridique envisagée serait innovante dans le domaine disciplinaire et correspondrait aux besoins des ostéopathes exclusifs (non médecins ou paramédicaux)  tout en se démarquant du système classique inhérent aux médecins, dentistes, sages-femmes et kinésithérapeutes ou infirmiers. De surcroît, tout en devenant l’interlocuteur unique auprès des autorités de tutelle, cette structure disposerait d’une instance disciplinaire permettant d’organiser véritablement la profession et d’assainir la situation actuelle.

Les démarches auprès de la Direction Générale de l’Offre de Soins, de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France, du Conseil National de l’Ordre des Médecins, n’ont pas permis d’avancer sur ce projet sans doute du fait que l’ostéopathie n’est pas référencée dans le Code de la Santé Publique comme une profession de santé. Un entretien avec un des conseillers du Président a été demandé afin d’étudier les possibilités de création d’une telle instance dont le mode de fonctionnement a fait l’objet d’un rapport détaillé établi par le cabinet conseil sollicité.

J’espère, au nom de tous les françaises et français qui se reconnaîtront et d’une grande majorité d’ostéopathes, qu’une réponse positive soit apportée à cette requête.

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