Vente de Manchester United : où sont passés les entrepreneurs français ?

Nos capitaines d’industrie privilégient le rugby et le Top 14, et rechignent à s’investir dans le foot pro. Probablement un contresens tant ce dernier prend de l’importance en termes de communication et de valeur financière.

Alors que les prix du football professionnel s’envolent de par les monde, paradoxalement, les entreprises tricolores ne s’y risquent que très peu. En Ligue 1 par exemple, seuls François Pinault au Stade Rennais, solidarité bretonne oblige, Laurent Nicollin à Montpellier dans la lignée de son père, devenu le roi de l’entretien urbain (450 M€ de CA), ou les financiers Loïc Fery au FC Lorient et le président d’Amber capital, Joseph Ougourlhian au Racing Club de Lens, osent miser un peu de leurs fortunes dans le ballon rond.

Pourtant la Ligue 1, portée par les investissent mirifiques du Qatar au PSG avec sa triplette de joueurs planétaires Messi- Mbappé – Neymar ont redonné du lustre à un championnat français de plus en plus regardé de par le monde.
Une Ligue 1 encore très loin des budgets de la Premier League anglaise devenue champion du monde des droits toutes catégories avec des chiffres qui donnent le tournis. Et qui ne sont pas prêts de s’arrêter si l’on observe les dernières transactions en cours. Un club comme Chelsea a ainsi été vendu en 2022 4,5 milliards de dollars à l’homme d’affaires américain Todd Boehly.

Et que dire du club de Manchester United qui qui pourrait être repris, dans les jours qui viennent, pour un montant estimé entre 7 et 8 milliards d’euros selon la banque d’affaires américaine Raine, chargée de la vente du club des Red Devils ?

Le club cher à Éric Cantona est l’objet de surenchères entre le président de la Qatar Islamic Bank, le cheikh Jassem Ben Hamad al-Thani d’un côté et de l’autre l’entrepreneur milliardaire britannique Jim Ratcliffe, propriétaire du groupe pétrochimique Ineos, de l’OGC Nice et du constructeur auto Grenadier en Moselle. En plus du chèque à signer, l’acquéreur devra aussi épurer les dettes (720 millions d’euros) héritées du rachat du club par endettement de la famille Glazer en 2006. On n’a rien sans rien.

Et dire que chez nous quand on voit un club sain et porteur de Ligue 1, comme le Sco d’Angers, présidé par Saïd Chabane, voire en Ligue 2 le club mythique de l’AS Saint-Etienne (détenu par Bernard Caiazzo et Roland Romeyer) ne toujours pas parvenir à trouver preneurs pour quelques dizaines de millions d’euros.

On marche sur la tête. Ou sont passés Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Alexandre Ricard ou Xavier Niel. Ou alors ils n’aiment pas le foot !

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

5 × deux =