L’ancien propriétaire et créateur de la marque Chipie continue sa formidable aventure d’entrepreneur hors-pair. Ce Carcassonnais de 69 ans a mis la main, en 1998, sur la vénérable Maison Goyard, un très ancien malletier parisien dont il est en train de faire une nouvelle pépite du luxe à la Française avec 120 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un petit Vuitton en puissance ?

Le repreneur de la marque de malleterie et maroquinerie, Jean-Michel Signoles, connait par cœur l’histoire de l’entreprise lorsqu’il en prend possession en 1998. Déjà collectionneur des produits, il dirige l’entreprise avec l’aide de ses quatre fils, gardant ainsi l’esprit de famille de la Maison Goyard.

Un amour de jeunesse

C’est en 1974 qu’une jolie malle de voyage attire l’œil de Jean-Michel Signoles chez un brocanteur. Cela signera l’intérêt passionné de l’homme envers la marque Goyard. Il devient alors un collectionneur compulsif parvenant à rassembler quelques 700 pièces. La reprise de l’entreprise n’a donc rien à voir avec le hasard, bien au contraire. L’homme d’affaires sera un acheteur patient qui attendra que la renaissance des ateliers de fabrication nécessitent l’apport de sang neuf en 1998, pour y contribuer directement.

Un entrepreneur méconnu

La Maison Goyard est toujours familiale et indépendante et son évolution a été rapide en vingt ans : nouveaux ateliers, mais organisation identique pour garantir la perfection du produit. Plus d’une trentaine de comptoirs de ventes appartenant en propre à la marque ont ouvert un peu partout dans le monde. On voit là l’influence de Jean-Michel Signoles, homme d’affaires carcassonnais discret, qui a connu une première vie d’entrepreneur en tant que créateur de la marque Chipie en 1967 alors qu’il n’a que 17 ans. Il devient l’un des seigneurs de la « fripe » en provenance des Etats-Unis avant d’ouvrir son premier atelier de fabrication en 1971 et de devenir un spécialiste du jeans. Quelques années plus tard, la marque vise les juniors avant d’attaquer l’exportation à d’autres univers tels que la papeterie, les chaussures, l’horlogerie… sous forme de licences.

Le « petit Hermès » carcassonnais

Attaché à sa région d’origine, il a racheté en 1989 l’Hôtel de la Cité pour lui redonner sa splendeur d’antan. Secret, il dirige Chipie à partir du Sud-Ouest jusqu’à sa cession en 1999 à Kidiliz Group afin de se consacrer totalement à Goyard. Il entre dans un nouvel univers, le marché du luxe avec une société en difficulté à l’époque avec une boutique au 233 rue Saint-Honoré et deux employées. Aujourd’hui, on qualifie l’entreprise de « petit Hermès » avec ses quelques 120 millions d’euros de chiffre d’affaires et les excellents résultats de l’une des dernières sociétés indépendantes du secteur de la maroquinerie de luxe.

Une belle renaissance

Jean-Michel Signoles, entouré de ses fils et de sa femme Laurence, rencontrée il y a seize ans, a permis à la belle et ancienne toile Goyardine de reprendre sa splendeur d’antan. Il a cependant fait un choix stratégique : celui de garder une dimension totalement artisanale à la Maison, garantie de son indépendance. Laissons le dernier mot à un entrepreneur adulé aux Etats-Unis, Ralph Lauren, qui confia à Jean-Michel Signoles qu’il « l’enviait », car la Maison Goyard bénéficiait d’une taille, d’une stratégie et d’une fidélité au savoir-faire et au métier qui ne pouvaient que forcer l’admiration. Un entrepreneur de talent, discret et efficace, et qui fait plaisir à voir. Sous son impulsion, à l’international, la Maison Goyard a déjà essaimé dans les plus belles capitales du monde, avec une dizaine de boutiques. Et ce n’est qu’un début. Goyard aime le voyage.

A.F.

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