Tribune. A l’issue du troisième et dernier referendum prévu par les accords de Nouméa, c’est une nouvelle fois, mais avec une majorité amplement renforcée, que le non à l’indépendance l’emporte. La volonté de rester français a gagné : Canaques et Caldoches devront vivre ensemble pour leur plus grand bien mutuel. Le soulagement est grand pour les français qui avaient pris l’habitude d’assister depuis leur domicile insulaire continental ou métropolitain aux génuflexions machinales et veules des autorités de ce pays devant quiconque, a quelque chose a reprocher à la France. Ouf, Quelqu’un vient de préférer la France ! C’est nouveau. On imagine assez bien les américains et les chinois à la manoeuvre pour tenter de récupérer quelque chose des fabuleuses richesses minérales et subaquatiques du territoire.

Pour autant, la question qui se pose de manière lancinante depuis des lustres, n’est pas tant de savoir pourquoi certains aborigènes de ces territoires sont tentés par l’indépendance, puisque les conditions initiales de l’arraisonnement de celui-ci à la France ne s’est évidemment pas fait dans la douceur et qu’il reste dans chaque famille de solides raisons d’en être mécontent. Un peuple s’est formé par la suite sur  les reliefs de l’histoire dont il faut simplement constater l’existence et garantir la légitimité, les Caldoches. Et peut être même au sein de cette communauté y a-t-il d’anciens canaques.

Dépassons ce simple et banal problème ethnique, qui est l’arbre susceptible de cacher la forêt, et voyons les raisons entrecroisées qui ont envenimé la question.

Par un effet de jalousie classique, la gauche revenue au pouvoir en 1981 et qui n’avait jamais pardonné au General de Gaulle, d’abord de l’avoir mise à la porte, et surtout de lui avoir volé le rôle messianique de « libérateur des peuples », au sens du bavard Hugo, en décolonisant l’Afrique Noire et l’Algérie, pourtant département français, a voulu elle-même redécoloniser, ce que le Général n’avait pas cru bon de faire. Il s’agissait en somme de chaparder un peu de sa gloire à celui qui avait sauvé la France en 1940 et procédé à la plus grande décolonisation de l’histoire, hormis les britanniques. Viendra par la suite Gorbatchev qui battra tout le monde à l’échelle de la décolonisation planétaire. C’est une autre histoire. 

De Gaulle, le grand décolonisateur, c’en était trop à la fin ! Les manifestations où déjà la gauche faisait trottoir commun avec le FLN, pas encore islamo-gauchiste, mais ça viendra, en sont le témoignage dès la guerre d’Algérie. Par la suite, les petites mains socialistes se mirent en quête de débusquer tout ce qui pouvait encore être démantibulé, sans souci des intérêts français. Pour la classe politique non gaulliste, dès l’époque, il devint clair que  pour tous ceux qui pensaient que  rester fidèle  à la France allait demander une charge d’efforts ahurissante, et donc inutile au regard de la commodité alternative  de s’ appuyer sur l’allié américain, il fallait en prendre son parti et abandonner les intérêts français dans le monde.

Mitterand laissa dire les siens mais ne le fit jamais. On sait qu’à l’inverse de Michel Rocard, il ne fut  jamais un « porteur de valises ». Mais voilà, les accords de Nouméa sont l’oeuvre du rocardisme.  Tout revient, les renonceurs reviennent pour renoncer encore et toujours plus et brader l’héritage, dont la langue française, en multipliant les gestes d’allégeance à ceux qui les couvrent d’injures. D’autres ont voté Non! On verra bien encore une fois, si ce voeu souverainement exprimé sera respecté ou de nouveau bafoué avec une leçon de morale comme tous ceux qui l’ont précédé.

Jean-François Marchi

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